1ère Déclaration des Droits Humains; la charte du Mandé brandie par les panafricains

La Charte Mandingue est aujourd’hui considérée comme la 1ère Déclaration des Droits Humains au monde. Elle date de 1235 et est composée de sept articles clés. Ell est aujourd’hui très reprise par la communauté panafricaine qui espère trouver le déclic qui mènera à une Unité Africaine.

Par David Foka

• « Toute vie est une vie »
• « Le tort demande réparation »
• « Pratique l’entraide »
• « Veille sur la patrie »
• « Ruine la servitude et la faim »
• « Que cessent les tourments de la guerre »
• « Chacun est libre de dire, de faire et de voir.

La Charte du Mandingue ou « Mandingue kalikan », aurait été proclamée en 1235, lors de l’intronisation de Soundjata Keita comme empereur du Mali, par la confrérie des chasseurs dont il en faisait partie. D’ailleurs Soundjata possédait le titre de Simbo « maitre chasseur ».

Cette charte est l’une des premières déclarations des Droits de l’Homme, elle a une vocation universelle. La charte est citée comme référence dans certains articles juridiques actuels et elle a même servi de modèle à nos constitutions. Elle pose en principe, le respect de la vie humaine, la liberté individuelle et la solidarité. Elle affirme l’opposition totale de la confrérie des chasseurs à l’esclavage qui était devenu courant en Afrique de
l’ouest. En effet, l’abolition de l’esclavage fut une œuvre maîtresse de Soundjata Keïta. Voici un extrait qui comporte sept paroles :

  1. Respect d’une vie : Toute vie humaine est une vie. Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre mais une vie n’est pas plus ancienne, plus respectable qu’une autre vie. De même qu’une vie ne vaut pas mieux qu’une autre vie.
  2. Réparation des torts : Toute vie étant une vie, tout tort causé à une autre vie exige réparation. Par conséquent, que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause de tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable.
  3. L’esprit de famille et l’importance de l’éducation : Que chacun veille sur son prochain, que chacun vénère ses géniteurs, que chacun éduque ses enfants, que chacun pourvoie aux besoins des membres de sa famille.
  4. La patrie : Que chacun veille sur la terre de ses pères (…) car tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface connaîtrait le déclin et la désolation.
  5. Bannir la servitude et la famine : La faim n’est pas une bonne chose, l’esclavage non plus n’est pas bonne chose. Il n’y a pire calamité que ces choses-là, dans ce bas monde. Tant que nous disposerons du carquois et de l’arc, la famine ne tuera personne dans le Manden (…), la
    guerre ne détruira plus jamais les villages pour y prélever des esclaves. C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable, pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé a fortiori mis à mort, parce qu’il est fils d’esclave.
  6. Rejet de la guerre : L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour d’un mur à l’autre du Mandé. Les razzias sont bannies à compter de ce jour au Mandé, les tourments nés de ces horreurs disparaîtront à partir de ce jour au Mandé. Quelle épreuve que le tourment ! surtout lorsque
    l’opprimé ne dispose d’aucun recours. L’esclave ne jouit d’aucune considération, nulle part dans le monde.
  7. La liberté d’agir, de parler : L’homme en tant qu’individu, fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau recouverte de poils et de cheveux, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son « âme », son esprit vit de trois choses : Voir qui il a envie de voir, Dire ce qu’il a envie de dire et faire ce qu’il a envie de faire. Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme
    humaine, elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement.
  8. Tel est le serment du Mandingue à l’adresse des oreilles du monde tout entier.
  9. Soundjata Keïta ‘’le Na’Kamma’’ : Une vie, un destin, un empire.

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