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Méga mobilisation de YAW et Wallu; et après ?

Par Aguibou Diallo

« Ça a été une très grande mobilisation au vue des images dans les médias. Mais pour autant une mobilisation réussie pour quel spectacle en fait ? Parce que à écouter les différents intervenants qui se sont succédés sur le pupitre, on ne sait vraiment pas d’où donner de la tête parce qu’on ne sait pas parce que c’était complétement épars et d’ailleurs il s’en est suivi une affaire judiciaire au passage. C’est dire combien l’on sent un manque de cohérence au sein de cette coalition-là.

On sait qu’il y a une unité contre Macky Sall. Mais au-delà de ce consensus on ne voit pas germer dans leur style de communication un projet collectif pour le devenir du Sénégal. Et pourtant c’est cela la vocation de la politique. On a aucune leçon à tirer de cela si ce n’est qu’il y a un rapport de force entre Ousmane Sonko et Macky Sall avec comme arbitre la population. Et sur ce point-là,  c’était un pari réussi de la mobilisation. Mais d’un point de vue de l’efficacité politique on ne sait pas où tout cela va nous mener ».

Tout de même, il est inconcevable de laisser Macky Sall décider de tout comme il veut.

« Si on en est arrivé là avec tout ce que l’on a vécu il y a dix ans, il faut constater l’échec d’une génération de politiques. Car ceux qui étaient à la place de la Nation ce 8 juin ont été avec Macky Sall en 2011. Que cette même génération se retrouve à couteaux tirés pour des questions basiques de libertés publiques de manifester, cela en dit long sur leur incapacité à répondre aux préoccupations de l’heure et que ce sont des gens qui ont fait de la politique une affaire de mafia et de gangs ».

D’aucuns estiment que l’important c’est de faire partir Macky Sall par tous les moyens.

«Libre à chacun d’avoir une approche du combat mais n’oublions pas que la politique a pour vocation d’édifier la cité. Et, comme disait Marx Weber, c’est le savoir au service de la transformation qualitative. Et c’est cela que l’on ne voit pas tant bien que mal au sein de l’opposition et au sein de cette majorité actuelle. Donc c’est une classe politique qui complétement perdu sa feuille de route qui se cherche et qui prend le peuple en otage sur des questions purement puériles ; droit de manifester ou pas, des élections tripatouillées. Nous sommes retournés cinq siècles en arrière. Vous rendez-vous compte ! »

Il ne s’agit pas simplement d’une manifestation mais ils ont aussi expliqué à la population les enjeux démocratiques de l’heure dans ces élections législatives.

« Je n’ai pas eu ce sentiment mais je peux vous l’accepter. Ce que j’ai vu, c’était des bravades, des foucades et des propos qui ne sont pas du tout dignes d’une classe politique qui a conscience aujourd’hui des problématiques de l’heure. Macky Sall, il faut savoir le conjuguer au passé. Nous avons une énergie, une jeunesse qui est là mobilisée e mobilisable dont il faudrait apprendre à comprendre sa mission par rapport à la situation globale du monde actuel. L’Afrique est devenue une cible que toute les grandes puissances vont se disputer d’ici quelques années. En 2050, le Sénégal fera à peu près 35 millions d’habitants. Est-ce qu’aujourd’hui on réfléchit à nous organiser pour nourrir  toutes ces bonnes âmes-là ? Là nous en voyons les prémices avec les agressions. Qu’en sera-t-il quand Dakar sera habité par 9 millions d’habitants ? Et, C’est maintenant qu’il faut préparer ces chantiers-là. Qui entend on aborder ces questions  et essayer de conscientiser les jeunes sur ces sujets ? Qu’on se mette dans la tête que Macky Sall doit être conjugué au passé et que l’on pose dès maintenant les jalons vers la transformation qualitative. Sinon… »

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