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Barthélémy Dias, maire de Dakar, s’est entretenu hier avec les partisans de Taxawu Sénégal/France à Paris. Lors de cette rencontre, devant un public nombreux, il a échangé sur divers sujets, notamment en faisant référence à Sonko et à l’ancien parti Pastef sans les nommer en mode « garouwalé » dans une atmosphère animée.

Rokia Pédro

Ce rassemblement dans le cadre du concept « Mottali Yeene » s’est déroulé à l’hôtel Campanile de Bagnolet, accueillant des militants venus de toute l’Île-de-France, de provinces lointaines, et même de Marseille. Parmi les présents figuraient le maire de Mermoz Sacré-Coeur, Aliou Tall, ainsi que des figures telles que Mme Aminata Diallo, ancienne députée et ancienne chef de cabinet de Khalifa Sall, Yaye Amy Diop, et bien sûr, Malick Youm, secrétaire général de Taxawu en France. En somme, une réunion rassemblant la plupart des partisans de Khalifa Sall. »

Ce fut la rencontre majeure de Barthélémy Dias en France avec ses camarades, depuis le divorce de Taxawu Sénégal d’avec la coalition Yewwi Askan Wi. Cela explique sans doute les références fréquentes faites par l’édile de Dakar à Sonko et au parti désormais dissout, Pastef.

Garouwalé de Barth à Paris

Durant la réunion, Barthélémy Dias a utilisé à plusieurs reprises une métaphore, évoquant sans les nommer Sonko et l’ancien parti Pastef en mode « garouwalé ». Il a choisi cette approche peut-être par respect ou par prudence pour ne pas envenimer une situation déjà tendue.

Le fait est qu’il est revenu sur les raisons qui lont poussé à dialoguer avec le président Sall : « je me suis dit que quelque soit Alpha, nous sommes dejà éliminés. L’autre sur lequel sont portés beaucoup d’espoir quelque soit alpha il ser éliminé. Il ne s’agit pas une histoire de justice, cest une histoire de raison d’Etat. Et, il n’a que le peuple qui pouvait régler ce problème. Mais le vrai problème du peuple c’était le troisième mandat. Cest pourquoi je me suis dit: je ne suis pas candidat mais je sais que comme nous sommes éliminés, les autres le seront aussi. Et, celui-là (NDLR Macky Sall) sait tres bien qu’il n’osera briguer un troisième mandat. Si on ne cherche pas à s’asseoir avec lui, quelque soit celui qu’il va désigner pour le remplacer, ce choix passera« .

Pareil, autre part dans son discours, il dira:« j’ai décidé par convenance personnelle de ne plus parler de certaines personnes que je considère comme des amis... » avant de révéler, un fait pour moins singulier; Khalifa Ababacar Sall a un permis de visite pour aller voir  » ami » ou plutot « son fils » (NDLR Ousmane Sonko) en prison.

Ce qui a fait espérer un instant, qu’il etait encore possible de sauver les meubles avec cet ex-allié. Que l’on ne s’y meprenne pas, puisque que plus tard il dira toujours en métaphore en expliquant la situation actuelle: « c’est comme ce gars qui est dans un quartier et qui a une insomnie. Il ne peut donc pas dormir. Et décide alors que personne d’autre dans les environs ne dormira parce qu’il n’y arrive pas. Et ça on ne l’acceptera pas« . Les carottes seraient-elles déjà cuites?

En ce qui concerne de futures alliances, Barthélémy Dias ainsi que son mentor Khalifa Sall ont-ils vraiment tiré les leçons des échecs précédents dans d’abord la coalition Benno Bok Yakaar et Yewwi Askan Wi par la suite ? Ont-ils aujourd’hui bien réfléchi aux conditions de séparation d’avec leurs ex alliés et désormais presque adversaires, afin d’élaborer à l’avenir une methodolohie tirée leurs expériences pour construire quelque chose de solide pour bien aborder la présidentielle à venir? Puisqu’il est évident qu’il va falloir renouer d’autres alliances en vue d’un probable second tour de l’élection de février 2024.

Taxawu Sénégal n’exclut pas selon Barthélémy Dias, de discuter avec les partis de l’opposition le moment venu. Mais clairement, au sujet d’une probable possibilité de raffermir les liens avec l’ex Pastef, dira net et sans ambiguïté : « On ne fait la cours à personne« .

Par ailleurs, il a voulu faire parler les chiffres, sappuyer sur des statistiques pour démontrer qu’en réalité,  » ça parle beaucoup mais dans les faits jeunes primo-votants ne sont pas si nombreux qu’on veuille le laisser croire. Il a parlé de 9% de jeunes âgés de 18 à 25 ans inscrits sur le fichier électoral ».

Barthélémy Dias et Khalifa Sall chercheraient-ils tout simplement à aller ver la prochaine présidentielle avec une approche plus réfléchie. Ils évoquent une possible ouverture à la discussion avec d’autres partis de l’opposition, mais semblent catégoriques sur certaines lignes rouges, comme réaffirmé par Barthélémy Dias concernant leur position vis-à-vis de l’ancien parti Pastef. La volonté de s’appuyer sur des données chiffrées montre également une volonté de rationaliser les discours politiques par des faits concrets.

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