Abdoul Mbaye sur l’Eco – « Il faut une autre dénomination dans les délais les plus courts possibles en attendant l’ECO »

Face aux Internautes du think tank Petroteam Monde sur la chaîne Senegal7, Abdoul Mbaye a répondu à des questions sur la réforme de la politique monétaire ouest africaine, avec notamment le franc CFA qui doit changer de nom. Attention, apparemment l’Eco n’est pas pour demain et selon cet ancien banquier «il faut se préparer à l’entrée dans l’ECO parce qu’on sait déjà qu’on ne sera plus en régime de change fixe par rapport à l’euro, mais en régime de change flexible ». 

Rokia Pédro  

Abdoul Mbaye précise  d’abord qu’évoquer une politique monétaire de l’Afrique  de l’Ouest c’est anticiper  un peu sur qu’elle pourrait être parce que «pour l’instant, c’est totalement l’inconnu au niveau de la Cedeao. Au-delà de l’objectif de contrôle de l’inflation, il est important d’intégrer dans nos objectifs de politiques monétaires tout ce qui peut être soutien à l’investissement. Cela passe par des taux d’intérêts à moyen terme raisonnables.  Il faut absolument que nous puissions mettre en place des stratégies de taux d’intérêt bas lorsqu’il s’agit de financer l’investissement car c’est par l’investissement que nous pouvons avoir de l’emploi, du développement économique durable ».  

Concernant le remplacement du franc CFA par l’ECO, patience, semble dire l’ancien PM. Attention  parce que pour l’instant  l’ECO n’est pas une politique monétaire définie, dira t-il ;  « c’est le choix de changer l’appellation de la monnaie ; le choix d’un élargissement de la zone monétaire UMOA, le choix pour la Cedeao d’ajouter une union monétaire à une union économique qui n’est pas parfaite mais qui pourrait  le devenir. Il est possible de changer la dénomination de notre monnaie sans remettre en cause la politique monétaire telle qu’elle est conduite. Par contre, concernant l’ECO et les premiers pas qui sont accomplis au sein de l’UEMOA, nous allons dans la bonne direction parce qu’il faut couper plusieurs liens avec un passé ; la dernière réforme date de 1973. Ce qui est quand même incroyable. Il faut faire évoluer les choses ; changer la dénomination de la monnaie parce que c’est une exigence forte. Et, ça  a un aspect psychologique important. Il faut aussi mettre fin à la garantie de la France. Elle n’est pas utile, pas nécessaire. On peut s’en passer.  Il y a certes une évolution importante des lors que la contre partie de cette garantie de continuité de convertibilité et non une garantie de convertibilité parce que c’est  la banque centrale elle-même qui convertie sa monnaie. Ce n’est est la banque de France et pas le trésor français le maitre d’opération. Pour l’instant il n’y arrivent aucune raison pour que la banque centrale ne puisse pas le faire. Donc les contreparties ont été abandonnées à savoir le dépôt minimum 50%, les réserves dans le compte d’opération auprès du trésor français, la représentation des organes de la France dans les instances de décision de l’UEMOA, banque centrale, commission bancaire de l’UMOA…Il faut aussi aller un peu plus loin et se préparer à l’entrée dans l’ECO parce qu’on sait déjà qu’on ne sera plus en régime de change fixe par rapport à l’euro, mais en régime de change flexible. Très sincèrement je pense que c’est dans les capacités de la banque centrale que de se passer de la garantie de la France. Et, il est également possible de se passer d’une fixité recours. Évidemment il faut que cela se passe progressivement. On est sur la nonne voie mais on peut assez vite aller plus loin encore».  

Quant à la nouvelle dénomination de la monnaie, Abdoul Mbaye a rappelé qu’il s’agit d’une promesse forte faite par le président Ivoirien Alassane Ouattara, en son nom propre et aux noms sept des autres chefs de d’états l’UEMOA : de changer le franc CFA en ECO. « Nous sommes déjà au mois d’août.  C’est une promesse qui va être difficile à tenir ; et surtout, c’est une promesse dont on ne sait pas quand il possible de la tenir. Parce que l’ECO n’est pas une propriété de l’UMOA mais une propriété de l’ensemble de la CEDEAO. C’est pourquoi il faut une autre dénomination dans les délais les plus courts possibles en attendant l’ECO. Cessons d’appeler notre monnaie franc CFA.  Trouvons-lui une dénomination d’attente.  Car il est important que la parole de nos chefs d’état soit respectée. » a-t-il poursuivi.  

 

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