L’accalmie dans l’affaire « Sweet Beauty » ne s’explique que par la sortie du calife des Mourides et bien sûr, par une certaine trêve due  à l’observance du jeûne. Au vu des derniers pics lancés ça-et-là et de part et d’autre à travers des talk-shows à la télé, la reprise des hostilités s’annonce hard, essentiellement pour Sonko.

Roxanna Seshat

Ousmane Sonko, leader du parti Pastef

Finalement l´affaire Adji Sarr inflige la peine du boulet à Sonko ; ce qui risque davantage porter préjudice à sa jeune formation politique. A moins qu’il ne démissionne de la présidence de son parti afin de limiter les éclaboussures de cette affaire sur le projet tant espéré de Pastef, l´horizon 2024 n´est pas sans nuages, presque sombre.

Démission à la tête de Pastef envisageable ?

Depuis le début de cette fâcheuse affaire « Sweet Beauty», Ousmane Sonko n´aurait-il pas mieux fait de démissionner de la présidence de son parti…D’autant plus que, s’il est vrai que c’est le projet de Pastef qui compte plus que la personne ou la personnalité de Sonko aussi populaire qu´il puisse être, ne serait-il pas judicieux de songer à sauver «le projet» ? Démissionner pour plusieurs raisons.

D´abord, qu´il s´agisse dans cette histoire, d´un complot comme le soutiennent le député et chef de parti et ses militants, la réputation de Sonko à pris un sacré coup. Jadis présenté comme musulman pratiquant, il est cité dans une affaire de mœurs avec une jeune femme à peine majeure et qui a fait des accusations salaces et assumées. Et, la sortie dans la presse de son accusatrice a mis le doute dans certains esprits. On voit mal comment Sonko, un homme qui a bâti tout son fond de commerce sur les vertus comme la vérité, la droiture et la transparence, pourrait battre campagne sereinement sans que ses adversaires ne lui ressassent cette affaire.

Ensuite, l´affaire Ousmane Sonko-Adji Sarr sera certes jugée au tribunal mais à quelle date ? Pour le moment Ousmane Sonko a été mis sous contrôle judiciaire ; ce qui implique une limitation de sa liberté de se déplacer et d´être sous le coup de plusieurs interdictions.  Pendant combien de temps restera-il dans l´attente de son procès ?

Et, à y réfléchir de plus près, le cas de figure d´une démission protégerait plus Sonko qu’il ne le désavantagerait. Parce qu’il n´est pas évident qu’en cas de «deuxième vague » escomptée,  d´obtenir à nouveau ce bouclier humain qui l´à défendu et d´où a découlé d´ailleurs, les meurtriers événements du mois de mars dernier.

Serait-ce envisageable d’appeler encore à une quelconque révolte, -soulèvement serait peut-être trop dire-, ou rébellion ? L´opposant de Macky Sall risquerait alors gros, selon nos échanges avec certains ; d´abord perdre ce qui lui reste de crédibilité et mériter définitivement la réputation de pyromane que ses adversaires politiques tentent de lui coller.

Pas sûr qu’il ait un remake ; parce qu´entre temps, le calife de Touba a pris la parole et a été écouté, nous explique-t-on. Les religieux ont grandement contribué à désamorcer la bombe sociale. Leur prise de parole est intervenue au moment opportun.

La tension s´est apaisée. Les gens ont compris jusqu’où peut mener la violence dans ce pays qui jusque-là est épargné par la guerre civile dans la sous-région. Durant ces jours de tensions et violentes manifestations urbaines, les Sénégalais ont eu conscience de ce que cela coûte de perdre la paix, la stabilité et la sérénité. Ils n’étaient jusque-là, quasiment jamais confrontés à une pareille violence funeste, -qui a emporté avec elle quatorze de fils de ce pays et laissant derrière elle de nombreux autres offusqués à vie.  Les familles ayant perdus leurs parents pleurent encore leurs fils. Le choc a été très brutal. Beaucoup restent traumatisés par les événements de mars 2021. Le pays a frôlé le pire. L´on a eu peur à un moment donné que le pays ne bascule banalement dans une guerre civile, dans l’instabilité.

Déjà, il est difficile pour le parti de Sonko de se départir des étiquettes qui lui sont attribuées sur les réseaux sociaux: « terrorisme intellectuel », « violence verbale », « allergie à la critique » etc.

Pour toutes ces raisons, ne serait-il pas plus sage que Sonko démissionne de la présidence du parti pour mettre tout le monde à l’aise et aller vers son procès sereinement ? En plus, d´après certaines indiscrétions, dans les rangs de Pastef ça râle et rouspète. La manière dont cette affaire a été gérée n’est pas au goût de certains responsables qui réclamaient bien avant, la tenue d’un congrès et un certain changement dans la structuration du parti.

Enfin, est-ce que seul Ousmane Sonko est  le seul capable de diriger ce parti et de mener à bien le projet ambitieux de Pastef ? D’autres militants dans l’ombre, outillés, diplômés et tout aussi engagés et patriotes n’ont-ils pas légitimement, le droit d’aspirer à conduire le chantier ?

By Rokia Pédro

Sans prétention aucune, j'ai toujours adoré faire part de mes coups de gueule, coup de cœur, de mes analyses, de mes mécontentements, de mes peurs ou craintes et de mes opinions aux autres. En tant que journaliste, blogueuse et activiste, comment ne plus m'impliquer dans ce qu'il se passe dans mon pays ? Alors, pour paraphraser Marguerite Duras: "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". A un moment donné, se taire c'est tout simplement être complice. Or, ma plume s'avère mon arme, avec elle j'espère donc, jouer ma partition dans cette vaste opération entreprise par tous les patriotes de mon si cher Sénégal, pour l'extirper de mains de ces politicards qui ne font que servir leurs propres intérêts. Sur Last Leaks, la parole est donnée aux experts dans leurs domaines respectifs: politique, économie, géopolitique, santé, sport... Bonne lecture.

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