Au cœur des confidences dans Le Protocole de l’Elysée – « Les Sénégalaises, trahis par des politiques discriminatoires du gouvernement »

Mes pensées et mes analyses, purement fondées sur des sources vérifiées, m’amènent aujourd’hui à m’intéresser à un chapitre d’un livre écrit avec beaucoup de courage et de patriotisme: Le Protocole de l’Élysée de Thierno Alassane SALL.

Par Alpha Daouda BA

Je ne prétends pas vous assurer de vous dire, en quelques pages, tout le contenu du livre. Mais je veux juste revivre avec vous, à travers des données vérifiées, les détails de l´affaire GVG / MT, un chapitre qui attire vite l’attention du lecteur. Vous apprendrez avec moi comment, pendant de longues années, des passations de grands marchés publics sur des propres ressources de l’Etat du Sénégal se sont faites derrière le dos d’un peuple oublié. Vous allez en effet apprendre avec moi comment l’une des rares personnalités politiques du Sénégal s’est sacrifiée pour défendre les intérêts de son pays au prix de s’en prendre avec de grands hommes d’affaires ou politiques. L’ancien représentant de l’ASECNA au Sénégal, l’ancien directeur général de l’ARTP et plusieurs fois ministre, l’auteur du Protocole de l’Elysée, le leader du parti République des Valeurs Thierno Alassane SALL a étayé nos analyses jusqu’aux plus petits détails. Ce qui suit est sans appel.

En 2012, l’ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade, laissa un pays avec des dossiers lourds qui, en si peu de temps, détournèrent des milliards de francs CFA de l’argent du peuple sénégalais. Thierno Alassane Sall, après sa nomination par Macky Sall en tant que Directeur général de l’ARTP, ne ménageait aucun effort pour rétablir l’ordre dans cette structure nationale, donc il avait droit à revoir tous les dossiers entrepris par l’ancien Directeur général Ndongo Diao. Les découvertes seront scandaleuses. Thierno Alassane SALL trouva que l’Etat du Sénégal avait signé un contrat avec une société sous le nom de Global Voice Group (GVG) qui avait l’habitude de travailler avec d’autres États africains pour leur permettre des contrôles sur certaines fraudes liées aux télécommunications. Abdoulaye WADE ne céda pas à la proposition de GVG qui s’engagera également à une tarification des appels entrants ; ce qui augmentera en effet les coups tarifaires sur les appels entrants au Sénégal. La diaspora du pays ne s’était pas restée sans se faire entendre par ses élus. Thierno Alassane Sall rappelle dans son chapitre que la seule gestion des fraudes et du système des tarifications pouvait être faite par ladite ARTP dont la mission était de réguler les communications. Mais GVG n’avait pas perdu une seule minute pour commencer un travail comme nous pouvons le lire à la page 142 du Protocole de Élysée « GVG, sans attendre la formalisation d’un contrat en bonne et due forme (…) avait commencé à exécuter le partenariat! Des équipements avaient été installés dans un immeuble appartenant à l’ARTP, situé sur la Rue Amadou Assane Ndoye X Saint-Michel au centre-ville de Dakar».

Le contrat entre l’Etat du Sénégal et GVG ne connut pas de fin heureuse, le gouvernement du Sénégal en sera redevable à GVG. Le président WADE redonna les mêmes compétences, à une autre société qui ne lui fut surtout pas étrangère, Magal Trading Limited. Ces événements de signature de contrats précipités se réalisèrent en 2011, juste avant les élections présidentielles de 2012. L’auteur du Protocole de l’Elysée nous apprend, «le 08 décembre2011, autant dire à la veille de l’élection, par décret N° 2011-1944, Abdoulaye Wade modifie le code des marché publics pour soustraire le contrat d’assistance concocté par l’ARTP des contraintes d’un appel d’offres. Moyennant cette dérogation injustifiable, MTL West Africa SA, une société parfaitement inconnue, ne disposant d’aucune expérience avérée dans le contrôle du trafic, va remporter le jackpot sans investir un sou de surcroît» (page 145-146 du Protocole de Élysée).
Magal Trading Limited va en effet profiter des larges prérogatives du président Wade pour assurer une mission inexistante et en gagner des milliards de francs CFA sous le complice de l’ancien Directeur général de l’ARTP. Devant un tel dossier aussi soupçonnant, Thierno Alassane SALL s’engagea à y voir plus clair par tous les chemins. Il portera le dossier à la justice sénégalaise qui finira par mettre la main sur le Directeur général de MTL Moustapha Yacine GUEYE, l’ancien directeur de l’ARTP et ses deux comptables. Ils seront vite relâchés alors que MTL avait déjà perçu sur les fonds de l’ARTP un montant à plus de 1,4 milliard FCFA. A cela il faut ajouter, selon Thierno Alassane SALL, que la société MTL occupait les locaux de l’ARTP dans l’immeuble qui se situe sur la rue Amadou Assane Ndoye sans en avoir payé la caution de location et les mensualités précédentes. L’auteur du Protocole de l’Élysée va par la suite, le 16 mai 2012, procéder à la rupture du contrat qui liait l’ARTP et MTL après le décret de Macky SALL du 10 mai 2012 abrogeant le décret N° 2011 – 1271 et supprimant les taxes sur les appels entrant au Sénégal. Hélas, c’est avec le cœur brisé que nous découvrons que les efforts de Thierno Alassane Sall et des avocats de l’ARTP chargés du dossier MTL ne seront pas récompensés, l’affaire fut classée sans suite. Thierno Alassane SALL se désespéra « Me voilà donc dessaisi en dépit des efforts déployés par les avocats de l’ARTP pour obtenir des informations et tenu à l’écart du dossier jusqu’à mon départ quatre mois plus tard de cette institution» (page 160 du Protocole de Élysée). Nous, Sénégalais et Sénégalaises, sommes trahis par des politiques discriminatoires menées sous des gouvernements qui sont pourtant censés protéger nos intérêts. Nous sommes trahis, mais il n’est jamais trop tard de repenser notre Pacte Républicain.

Alpha Daouda BA, écrivain.

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