Business funestes autour du Covid – Vers le plus gros scandale sous l’ère Macky ?

La Force Covid-19, pour lutter contre ce coronavirus et parer à toutes ces fâcheuses conséquences qu’elle engendre tant sur le plan sanitaire qu’économique, nous dit-on. Seulement, concernant ce fonds de solidarité de 1000 milliards de Fcfa débloqués d’urgence par le président Sall pour soutenir l’économie et garantir l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires…il est actuellement plus question de fortes suspicions de partage d’un gros gâteau entre politiques, spéculateurs, lobbyistes et alliés que de la guerre contre le Covid. Le scénario qui est en train de prendre forme laisse sceptique…Ça risque de mal se passer.

Par Rokia Pédro

Ecrire sur la situation actuelle n’est finalement pas si simple, même s’il y a largement de la matière. Le fait est que pour un papier sur le sujet « gestion de la crise liée au covid-19 au Sénégal », ‘il y a de quoi être partagé entre une attaque relative au cynisme de nos gouvernants et la rapacité de ses collaborateurs ; la gravité du moment que vit le pays, -à l’instar de tout le reste du monde-, contrastant avec la légèreté avec laquelle le pouvoir gère cette situation. Et, ensuite que dire de l’apathie de la population, sa lenteur à sortir de l’inertie depuis le début de tous ces scandales financiers qui ont ponctué le régime actuel. Le peuple va-t-il encore avaler la couleuvre cette fois-ci ? Il est encore question de milliards, cette fois-ci de 1000 de Fcfa mobilisés en un temps record qui auraient pu servir à transformer le pays, si utilisés consciencieusement, bien-sûr.

Si sur le plan strictement sanitaire, grâce sa célérité et une conscience professionnelle remarquable, – les efforts collectifs de tous aidant-, le personnel de santé est en train de réaliser une prouesse dans la gestion de cette pandémie vu les maigres moyens dont dispose le secteur, sur d’autres plans c’est du pilotage à vue.
Il est prévu une distribution de denrées alimentaires à près d’un million de citoyens. Le ministre Mansour Faye en a parlé avec une imprécision déroutante en ces termes ; « 60 à 65 milliards Fcfa de denrées alimentaires sur une enveloppe de 69 milliards Fcfa ». Le reste sera alloués au frais de distribution des vivres ? ». Le « reste », c’est au moins 4 milliards dont il n’a pas jugé opportun de détailler l’utilisation.
Aussi, il est établi un budget prévisionnel de 6, puis 3,5 et enfin 1 milliard Fcfa dédié au transport des denrées alimentaires de l’aide destinée aux familles démunies. Qu’en est-il exactement. Encore le flou. Le ministre n’a pas pu donner un chiffre exact : « je ne suis pas capable de dire réellement le coût du transport » avant de déclarer, toujours imprécis, que cela tournera surement entre 1,800.000 Fcfa et 2 milliards Fcfa. La précision n’est décidément pas dans leurs habitudes.

Quant aux marchés gagnés par des bricoleurs professionnels reconvertis en experts logistiques et autres métiers en rapport avec la situation, juste pour que les marchés à coup de milliards ne leur filent entre les doigts, les rasions ou le processus d’attribution n’est pas clair et les réponses de Mansour Faye- le ministre n’a pas choisi. Nos services ont émis un avis à commande ouverte. Des sociétés ont participé et les meilleures ont gagné en termes de disponibilité de quotas mais aussi en termes de prix-, ne convainquent pas. Et, c’est pareil concernant le député Diop Sy ; un député de la République, chef d’entreprise, -conflit d’intérêt ?- qui gagne un marché dans ce contexte Covid. Parce qu’il existe en effet décret qui dispose que les travaux, fournitures et prestations de services réalisés dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ne sont pas soumis aux dispositions du décret n n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant code des marchés publics modifié par le décret 2020-22 du 7 janvier 2020. En gros, tout est permis. La manœuvre est tout de même assez grossière. Mais apparemment, peu importe ; les milliards agités ça-et-là, en valent la peine.

Quel sinistre tableau, la gestion « Covid », ce business sur le Covid-19. L’histoire des milliards Fcfa supposés être injectés dans le transport de l’aide alimentaire et tous ces personnages qui s’illustrent sont comme atteints d’une certaine agnosie sociale vis-à-vis de l’enrichissement, de leurs privilèges…Car, ils sont vraiment les seuls à ne pas se rendre compte qu’ils cherchent, au final, à faire profit sur le malheur du peuple. Tous ces gens, politiques, alliés, affairistes, lobbyistes agiraient comme des charognards ? Parce que se remplir les poches de cette manière, profiter sans scrupule d’une situation de pandémie de Covid-19, -un virus tout aussi dangereux que mystérieux et complexe et dont il n’existe pas encore de vaccin pour être immunisé, pour s’en protéger-, c’est ne pas se rendre compte l’immoralité de son business.

À la limite c’est surréaliste, ce qu’il se passe ; en pleine crise sanitaire où le plus important c’est de protéger la population, d’essayer de ralentir au maximum la progression du virus, mais surtout de percer l’énigme inquiétant des cas communautaires, cette aide alimentaire censée appuyer ou soutenir la population, se transforme en source de malheureux et déplacés agiotages.

Politiques, affaires et subterfuges, tous funestes ! Ça fait penser à la chanson La corrida de Francis Cabrel ; « Je les entends rire comme je râle. Je les vois danser comme je succombe. Je pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe. Est-ce que ce monde est sérieux ? ». Il suffit de mettre à la place du taureau, le peuple sénégalais pour comprendre le coté vraiment pernicieux de ce à quoi l’on assiste depuis la création de Force Covid-19.

Le peuple assisterait-il, -si l’on y prend pas garde-, avec cette histoire des 1000 milliards Fcfa du Covid-19, au plus gros scandale sous l’ère Macky. L’après Covid-19 n’en sera que davantage plus redoutable.

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