A un jour de la finale – Tentative de déstabilisation ?
Dimanche prochain, nos Lions de la Téranga doivent disputer la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Une rencontre qui devrait être un moment de fierté nationale, mais dont les prémices révèlent une captivante défaillance sécuritaire : lors de l’arrivée de l’équipe à la gare, il n’y avait aucune sécurité digne de ce nom — nos joueurs ont été laissés livrés à eux-mêmes, forcés de se frayer un chemin au milieu des supporters, sans escorte, sans corridors réservés, sans barrières, sans protection visible.

Ce n’est pas un détail mineur : c’est la traduction d’une absence de planification, d’un mépris évident pour la sécurité des sportifs, hommes chargés de porter haut nos couleurs. Ils ont dû négocier physiquement l’accès au bus, sous l’œil bienveillant des caméras, mais sans que personne ne leur tende la main. Une image plutôt que de rassemblement national, c’est une mise en danger affichée.
Une obligation règlementaire bafouée
Le règlement de la Confédération Africaine de Football (CAF) est clair : l’association organisatrice — ici l’instance locale marocaine — doit assurer la sécurité des équipes visiteuses à tous points de leur déplacement, y compris aux abords des lieux d’arrivée et des trajets vers les hôtels ou bus. Cela inclus la présence d’agents chargés de sécuriser les accès, l’encadrement des bus et des zones réservées à la délégation.
Ce n’est pas accessoire : il s’agit d’une obligation directe, inscrite noir sur blanc, que les fédérations signent lorsqu’elles accueillent un tournoi de cette envergure. Le même cadre règlementaire impose également que la police locale empêche toute attaque ou intrusion contre les joueurs et officiels à l’intérieur et à l’extérieur des zones d’activité sportive.
Quand ces principes ne sont ni anticipés ni appliqués, on ne parle plus d’organisation, mais de mondanités mal préparées.
La faillite des fédéraux sénégalais ?
Loin de se limiter à blâmer l’organisation hôte, il faut aussi interroger la responsabilité de notre propre fédération et des agents du BIP (Bureau d’Intervention et de Protection) chargés a priori de veiller à la sécurité de nos Lions. Où étaient nos cadres de sécurité lors de cette réception chaotique ? Comment accepter que nos représentants diplomatiques et sécuritaires n’aient pas imposé un dispositif minimal conforme aux engagements de la CAF ?
Ce laxisme apparent ne peut être minimisé par des slogans ou des faux raisonnements du style « c’est la guerre ». Non : ce n’est pas de bonne guerre, et ce n’est pas du football — c’est une situation évitable qui aurait pu tourner au drame si un supporter avait cédé à la panique ou à l’excitation.
L’organisation marocaine n’est pas “fair-play” sur ce coup
On peut saluer la qualité des infrastructures ou l’investissement financier d’un pays, mais cela ne doit jamais éclipser le respect des engagements humains fondamentaux. L’absence de corridors sécurisés, de dispositifs d’accompagnement, et la gestion approximative des foules montrent un manque de respect élémentaire envers les représentants d’une nation adverse. Rien dans le règlement ne justifie cela, et rien dans la morale sportive ne l’excuse.
Que dire de l’État du Sénégal ?
Alors que ce match devrait être un moment fédérateur, la gestion de la sécurité révèle aussi une défaillance stratégique de notre État : dans les compétitions internationales, les chefs d’État, ministères des Sports, et ministères de l’Intérieur doivent travailler de concert pour protéger nos athlètes. Laisser une délégation exposée à des risques manifestes sans mécanismes de protection adaptés, c’est envoyer un message d’impréparation et d’indifférence.
Conclusion
La finale de la CAN est une célébration sportive, mais ce qu’on a vu à la gare n’en est pas une. C’est une alerte — sur l’organisation du tournoi, sur la mise en œuvre des règlements de la CAF, et sur la manière dont notre propre encadrement a failli à ses missions.
Il est urgent que tout cela soit reconnu, analysé et corrigé, non pas par des petites phrases ou des excuses, mais par des actions concrètes pour que nos joueurs puissent jouer dignement, en sécurité et avec le respect que mérite leur engagement.
