Coronavirus- « Monsieur le Président, ne jouez pas avec le Covid-19  » dixit la République des Valeurs

Le contexte Covid-19 n’empêche pas le débat le politique, ce qui n’effrite en rien l’Union Nationale.  La Cellule des cadres de la République des valeurs souligne une communication opportuniste du président Sall et lui demande d’évaluer les premiers jours d’application du couvre-feu sur la frange de personnes qui du mal à joindre les deux bouts. Ci-dessous le communiqué que la cellule a partagé. 

La Rédaction

 

Les grandes crises révèlent l’âme profonde des nations et l’étoffe de leurs dirigeants.

Les Sud coréens et les Singapouriens ont subi des cataclysmes dans leur histoire récente. Ils s’en sortirent avec une résilience qui forcent le respect du monde actuel. Face au péril Covid-19, ces deux pays ont offert au monde, y compris l’Occident, des exemples de ce que l’on a coutume de nommer le génie d’un peuple.
A l’autre bout de la planète, Cuba est confronté aux mêmes conditions climatiques que Haïti et à un embargo qui se prolonge sans répit depuis des décennies. Son peuple, sous la houlette de dirigeants intrépides, essuient cyclones et ouragans sans rompre. La même catastrophe qui laisse un bilan en centaines de vies en Haïti voisine, emporte moins d’une dizaine de victimes dans l’Île orgueilleuse. Cuba est l’un des rares pays au monde, à côté de la Chine, à avoir volé au secours de l’Italie. Elle continue à écrire son Histoire en lettres d’or dans le grand livre de la marche de l’Humanité.

Le Sénégal souffrirait qu’on le comparât aux îles du Cap-Vert, parce que la trajectoire de cet archipel au large de la Presqu’île éponyme trace l’histogramme de nos reculs.

Il serait intéressant de comparer les comportements dans les rues de Praia et de Dakar, de faire une lecture croisée des messages à leurs peuples des dirigeants des deux pays.

Au Sénégal, le peuple déboussolé attend des indications claires et des mesures efficaces du Gouvernement de ses dirigeants. Une crise d’une telle ampleur appelle des solutions qui vont amorcer le nécessaire virage dans notre destin national. Après avoir différé les ruptures inévitables en 2000, passé la catastrophe du Joola par pertes et profits, remisé les indispensables réformes des Assises nationales endossées par Macky Sall, nous voici prisonniers au propre comme au figuré du Coronavirus et de ses auxiliaires, nos faiblesses systémiques résultats de nos errements collectifs et de nos gouvernants incompétents.
Ce ne serait pas trop de demander à notre Président d’aller visiter les personnels soignants, leur apporter au- delà du réconfort, des solutions concrètes : équipements de protection individuels, véhicules pour échapper au déchainement de la force Covid-couvre-feu qui matraque sans réfléchir, intendance. Mais surtout l’équipement rapide de nos hôpitaux diagnostiqués souffreteux avant la corona épidémie. Sous ce plan, on a eu droit à beaucoup de coups de menton mais peu d’actes concrets. Or le Covid19 lui est en mode contagion fulgurante.

Contre un tel ennemi, les stratagèmes politiciens n’ont pas de prise. On peut passagèrement relever le moral, dans les bas-fonds, de l’opinion par une montée des stars politiques des marches du Palais théâtralisée comme dans un festival. Mais espérer maintenir durablement la confiance du Peuple à coups d’esbrouffe est un pari perdu d’avance. Or Macky Sall semble n’avoir plus dans son jeu que des cartes pipées. Son tweet de ce 25 mars 2020 daté de 16h42 GMT est un modèle de récupération d’une initiative commune de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire international. En effet, à travers un communiqué conjoint du même 25 mars 2020, (diffusé par Reuters par exemple à 15h35 GMT ; https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-world-bank-imf-idUSKBN21C2G0), le FMI et la Banque Mondiale informaient d’une initiative commune, en direction des pays du G-20, en vue du rééchelonnement de la dette des pays les plus pauvres pour leur permettre de disposer de trésorerie afin de faire face à la pandémie. Ils demandaient à la réunion qui devrait se tenir le lendemain 26 Mars 2020, de les charger de proposer un plan de mise en œuvre opérationnel d’une telle proposition. Généralement, quand les institutions rendent public ce genre de requêtes, c’est qu’elles ont été négociées dans les coulisses et les accords de principe obtenus. Une heure après le communique du 25 Mars, le Pr Macky Sall saisissait la balle au rebond, par un tweet (https://mobile.twitter.com/Macky_Sall/status/1242914884133818368), en demandant l’annulation de la dette bilatérale et multilatérale des pays africains, sachant que le rééchelonnement est quasi-acquis. Quand on sait le temps pris par deux institutions pour élaborer des positions communes, en échanger avec les pays concernés et rédiger un communiqué conjoint… S’il ne lui reste que ça pour étaler la mesure de son influence.

Le Président de la République a l’occasion de prouver au Peuple sénégalais et, accessoirement au monde, ses qualités de Grand Timonier. Une tragédie inédite aux conséquences incommensurables nous guette. Les Sénégalais angoissés attendent des actes qui atténuent leurs souffrances bien réelles pour de couches de plus en plus nombreuses mais non de la récupération politicienne au moment où l’on crie haro contre toute critique, si fondée soit elle, au nom de l’Union sacrée. Sacrée plus que la vérité qui éclaire ?

Au nom de cette vérité, nous demandons à Macky Sall d’évaluer les premiers jours d’application de son couvre-feu sur de larges masses de personnes qui vivent au jour le jour et doivent repartir dans les banlieues lointaines avant l’heure fatidique. Nous aurions aimé un tweet, à défaut d’actes fondateurs, après la répression musclée de citoyens coupables de vioMarion du couvre-feu, par la Force publique. Les restrictions de déplacements entre régions condamnent des malades frappés de lourdes pathologies qui doivent régulièrement se rendre de l’intérieur du pays à Dakar. Ce n’est pas leur faute si les plateaux médicaux à ailleurs dans le pqays sont impropres à une bonne prise en charge ou si les spécialistes font défaut. L’impact sur la survie de nombreux citoyens qui vivotaient difficilement avant la crise est effectif. Ne pas prendre la mesure de ces situations et des risques dont elles sont porteuses exposerait le Président et le Sénégal à un effet boomerang. Si les mesures d’accompagnement urgentes et intelligemment ciblées ne suivent pas, les populations auront bientôt l’impression de vivre une séquestration. Ou pour reprendre une expression glanée non loin des sièges de la BM et du FMI, que le remède est pire que le mal.

Ne Tweetez pas avec le COVID-19, Tuez-le !

La Cellule des cadres de la République des valeurs.

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