Coup de gueule – Risqué d´être journaliste au Sénégal !

Des journalistes s´autocensurent parce craignant pour leurs vies, des groupes de presse attaqués, des menaces à  la tonne au Sénégal en 2021 ! Inadmissible !

Par Rokia Pédro

Dans la quête de la vérité dans n´importe quel fait d´actualité,  le journaliste a le droit de poser des questions et de donner la parole à des experts de divers domaines. Seulement, certains ont une conception perverse du journalisme. Comme si un journaliste ne l´est que lorsqu’il critique sévèrement le pouvoir, qu´il défende l´opposition … et quoi d’autre.

Dernièrement, la violence envers la presse est en train d´être dangereusement banalisée. Parce que la tendance est de classer les uns et les autres de pro ou contre Sonko ou Macky ; c’est selon. Complices, traîtres, vendus, mercenaires de la plume, journaleux …, ce ne sont pas les invectives qui manquent.

Certains sont allés dans la critique jusqu’à vouloir choisir leurs interlocuteurs aux médias. Maty Fall, s´est fait insulter puis menacer de  mort pour avoir invité dans son Live Facebook Me El Hadji Diouf. Bamba Kassé, par ailleurs SG du Synpics invité de l´émission Jakaarlo-bi sur la chaine privée Tfm s´est vu collé l’étiquette d´un « pion de l´APR ». Pape Alé Niang se fait insulter à chaque émission en live via YouTube. Un autre confrère X a reçu des appels de menace (dont un numéro de France que Last Leaks a réussi à joindre) …pour ne citer que ceux là. Le groupe Futurs Médias a été sauvagement attaqué. Les chaines de télé SenTv et Walf  ont été empêchés d´émettre pendant des jours. Et, combien se sont autocensurés de peur de représailles, combien n´osent plus analyser, donner et expliquer leurs partis pris, bref écrire sur certains sujets ? Et, on me parle de démocratie !

Certains dénoncent une partialité,  un manque de neutralité  coupable de la presse, d’autres  une violation des droits par le pouvoir. Sauf que, de part et d’autre, ceux qui prétendent détenir la vérité imposent une manière de penser. Et, ils ne se rendent même pas compte qu’ils incarnent ce qu´ils dénoncent. Leur indignation est vraiment sélective et à géométrie variable à l’égard de la presse.

Le combat de la presse c´est ne pas céder à la pression de l´un ou de l´autre autre des deux camps qui sont clairement définis et qui, -il y a lieu de le dire-, jouent tous les deux sur la carte de la manipulation. 

À un moment donné,  il y a des raisons de se demander qui respecte le plus l´intelligence ou la capacité d´analyse ou de discernement des sénégalais.

Certes, l´on ne peut nier qu´il existe des journalistes qui n´ont pas l´air de se préoccuper de la déontologie. Mais pour autant, d´autres ne se font jamais infléchir ou envahir par les idées des autres, par la manipulation ses deux camps qui s´affrontent aujourd’hui. Ils s´évertuent,  de  «bien faire ce métier en donnant les moyens collectifs d´une information qui tire le débat vers le haut» comme le disait Edwy Plenel.  Un exercice qui se révèle risqué par ces temps où l´on s’attaque à des groupes presse alors que, «tirer le débat vers le haut c’est être capable de dire ce que les pouvoirs ne disent pas, ce les pouvoirs ne veulent pas qu´on dise et que parfois le public lui-même n´a pas envi de lire» toujours pour le reprendre.

Il y en a qui devraient avoir le courage de leur autorité dans ce climat de tension extrêment forte dans cette affaire qui a déjà causé la perte de près de 14 vies humaines et en finir avec cette histoire qui n´a que trop duré. L´avenir du pays ne passe pas par cette affaire qui oppose apparemment deux camps de quelques citoyens parmi les seize millions de sénégalais qui constituent la nation.

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