Le premier soir de couvre-feu aboutit sur une intervention policière entachée d’irrégularités, une violence inouïe qui a choqué tout le monde. Des vidéos de scènes de matraquage, bastonnade et d’insultes, -de la part de forces de l’ordre sensées garantir la sécurité des biens et des personnes-, devenues virales sur les réseaux sociaux. Des images révulsives d’une violence qui remet sérieusement en cause son caractère légitime et légendaire. Les policiers sénégalais seraient-ils apôtres de la violence tout court ou sont-ils insuffisamment formés à ce métier pourtant noble ?

Rokia Pédro

Dans une des vidéos circulant sur les statuts WhatsApp, on y voit des policiers dans leurs chambres de casernes, se préparant à aller sur le terrain, super excités à l’idée d’aller mater « des civils », comme si c’était la consigne donnée. Ils étaient visiblement prêts à faire des victimes. Et, ils en ont fait d’ailleurs. Des citoyens humiliés, déshabillés après avoir été violemment bastonnés. Mais pourquoi diable, les policiers semblent prendre un réel plaisir à s’acharner ainsi sur des citoyens ?

Ne mérite-on pas au Sénégal, comme dans toutes les nations civilisées, d’avoir des flics responsables, soucieux des droits de l’Homme et s’adressant aux civils dans un respect mutuel ? Il ne peut donc jamais avoir de l’empathie entre un policier sénégalais et un citoyen, des flics agissant avec discernement ?
Que se passe t-il dans la tête de nos flics, pour qu’à chaque fois, leurs interventions soient sujettes à polémique !
Ce fut une violence, -justifiée ou non-, éminemment disproportionnée qui pose dès lors la question de la mesure policière.

Attention, à ce climat de terreur qu’ils cherchent à instaurer, même dans ce contexte de Covid-19. Rien ne justifie les scènes d’acharnement auxquelles des gens ont assisté ce premier soir de couvre-feu. Les flics donnaient plutôt l’air d’individus armés totalement déréglés qui brutalisaient des citoyens parce qu’ils n’avaient pas respecté le couvre-feu; pas l’image de policiers.

Une source policière interpellée à ce propos répondra : « J’ai suivi les scènes de violence dont on parle. Le mal est qu’il y a eu une mauvaise communication sur le couvre-feu. Nous avons une population inconsciente qui malheureusement aime braver l’interdit. La plupart des autorités policières n’ont jamais vécu l’Etat d’urgence mais ont entendu parler de 88. Entre 88 et 2020 les circonstances ne peuvent pas être les mêmes. »

Attention donc à la gestion de la situation. Des actions pareilles peuvent naturellement induire à des réactions du moment où les citoyens remettent en question le côté légitime des interventions policières violentes et démesurées de la nuit passée.

By Rokia Pédro

Sans prétention aucune, j'ai toujours adoré faire part de mes coups de gueule, coup de cœur, de mes analyses, de mes mécontentements, de mes peurs ou craintes et de mes opinions aux autres. En tant que journaliste, blogueuse et activiste, comment ne plus m'impliquer dans ce qu'il se passe dans mon pays ? Alors, pour paraphraser Marguerite Duras: "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". A un moment donné, se taire c'est tout simplement être complice. Or, ma plume s'avère mon arme, avec elle j'espère donc, jouer ma partition dans cette vaste opération entreprise par tous les patriotes de mon si cher Sénégal, pour l'extirper de mains de ces politicards qui ne font que servir leurs propres intérêts. Sur Last Leaks, la parole est donnée aux experts dans leurs domaines respectifs: politique, économie, géopolitique, santé, sport... Bonne lecture.

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