Covid-19 et la recherche d’un vaccin sur les africains – Voici pourquoi l’Afrique est un laboratoire

Last Leaks publie ci-dessus une contribution de Jean-Paul Pougala. Il  est Camerounais, Économiste de formation, et dirige l’Institut d’Etudes Géostratégiques de Douala et enseigne la  Géostratégie Africaine, Genève en Suisse et en Chine. Aussi, il prône la fédération africaine et conseille plusieurs dirigeants africains. 

Coronavirus Covid-19 et la recherche d’un vaccin sur les africains.
ou, Voici pourquoi l’Afrique est un laboratoire et les Africains des Cobayes des industries pharmaceutiques occidentales.
Par Jean-Paul Pougala

 

Partie 1/3

Mercredi 1er Avril 2020
Il est 16h30, en direct sur le plateau de la télévision privée française d’information en continue LCI (du groupe TF1), voici les propos que tiennent 2 spécialistes français :

Professeur Jean-Paul Mira
(Chef du service réanimation, Hôpital Cochin de Paris) :
« Si je peux être provocateur, est-ce que l’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation ? un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études, dont le sida ? Ou chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et elles ne se protègent pas. Qu’est-ce que vous en pensez ? ».

Réponse du Professeur Camille Locht
(Directeur des recherches à l’Inserm de Lille) :
« Vous avez raison, une étude en Afrique avec le même type d’approche est d’ailleurs en projet ».

LES REACTIONS

1) L’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France, réagit sur Twitter en disant qu’il s’agit ici d’une « mauvaise interprétation » des propos. : « @Inserm #FakeNews Une vidéo tronquée, tirée d’1 interview sur @LCI d’1 de nos chercheurs à propos de l’utilisation potentielle du vaccin #BCG contre le #COVID19 fait l’objet d’interprétations erronées sur les réseaux sociaux. »

2) En RDC, le Dr Jean-Jacques Muyembe, docteur en virologie et spécialiste du virus Ebola, déclare : « Nous avons été choisis pour faire ces essais. Le vaccin sera produit soit aux États-Unis, soit au Canada, soit en Chine. Nous, nous sommes candidats pour faire les essais ici chez nous ».

3) Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS et ancien chef de la diplomatie éthiopienne déclare à un journaliste nigérien lors d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève le 6 avril 2020 : « Ce genre de propos racistes ne fait rien avancer. Ils vont contre l’esprit de solidarité. L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin », « L’héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin ».

4) Communiqué de l’association créée par le Parti Socialiste français, SOS Racisme : « Coronavirus : Non, les Africains ne sont pas des cobayes ! SOS Racisme s’indigne des propos tenus par deux médecins hier (1/4/2020) sur LCI qui tombent d’accord à l’antenne sur le projet d’utiliser les Africains comme cobayes pour tester des vaccins contre le virus Covid-19. (…) Cependant, ces propos ne révèlent-ils pas, à l’endroit des corps noirs un mépris, fût-il inconscient et présenté d’un ton badin et gourmand sur le thème de la « provocation » ? Provocation toute coloniale en réalité, tant les arguments avancés pour faire des Africains des cobayes (absence de masque, absence de traitement…) pourraient être très largement avancés pour l’Europe en général et la France en particulier. En outre, la comparaison, strictement réservée aux Africains, avec le SIDA et les prostituées est là encore de nature à interroger cet échange. En effet, la référence aux prostituées est problématique car on sait qu’elle est socialement (…)

5) Le Club des avocats au Maroc annonce le 2/04/2020 sur sa page Facebook de vouloir « porter plainte pour diffamation raciale ». Voici ce que déclare le président du club : « Suite aux propos abjectes, haineux et racistes prononcés sur la chaîne d’information @LCI par le Pr Jean-Paul Mira chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris, Le Club des Avocats Au Maroc a décidé de porter plainte pour diffamation et injure raciale auprès du doyen des juges d’instruction. La plainte sera déposée par Me Mourad Elajouti et Me Saïd Maâch Avocats au Barreau de Casablanca. »

6) La star ivoirienne du football Didier Drogba a réagi sur les réseaux sociaux : « Il est inconcevable que nous continuions à accepter ceci. L’Afrique n’est pas un laboratoire. Je dénonce vivement ces propos graves, racistes et méprisants ! Aidez-nous à sauver les vies en Afrique et stopper la propagation de ce virus qui déstabilise le monde entier, au lieu de nous envisager comme cobayes. C’est aberrant ! Les dirigeants Africains ont la responsabilité de protéger les populations de ces complots abominables. Que Dieu nous protège ».

VOICI UN COMMENTAIRE PRIS AU HASARD LE MUR FACEBOOK DE DIDIER DROGBA :

Fatou Nadine Cissé : Si effectivement, c’est un plan pour réduire nos populations africaines, Dieu Tout Puissant, Nous implorons ta Miséricorde et ta protection. Par la Puissance de Dieu, que l’avion qui va transporter leur poison tombe ou explose. Que le bateau qui va transporter ce poison coule avant d’arriver à destination. Même si c’est à pied, que le Tout Puissant brise les pieds du transporteur. Quel que soit le moyen de transport que Dieu l’élimine. Et celui qui fera l’erreur de réceptionner ça ici, que sa famille soit la première victime. Amiiiine. Gnamogodé nounou

VOICI 5 REPONSES A CE COMMENTAIRE

a) Aimée Nadège Franscesca Oka Wallaye : avec cette prière toutes les voies sont bloquées. Si par voie invisible aussi qu’ils soient consumés par le feu de Dieu.
b) Julienne Loua : Fatou Nadine Cissé wp ma sœur Dieu a déjà accompli ta prière c’est une prière que tu viens d’adresser à Dieu hein
c) Delphin Kouame : que tous les laboratoires dans lesquels ils ont conçu ce virus explosent en plein midi. Vive l’Afrique et gloire à DIEU.
d) Miracle Olive : Fatou Nadine Cissé merci que le seigneur exauce ta prière
e) Aman Fulgence Aoussi : Fatou Nadine Cissé levons nous comme un seul homme et barrons la route à ces mécréants et Lucifers sans scrupules qui reçoivent actuellement la sentence du très haut. Il a décidé de les exterminer. Soyons prêts à les affronter comme le peuple hébreu conduit par Moïse avait pris son destin en main. Au lieu de rester là à pleurnicher, l’occasion est venue de nous montrer capable de les affronter.

Voilà 6 réactions diverses, de l’OMS à un footballeur en passant par des avocats. Ils ont tous quelque chose en commun, c’est qu’ils sont Hors-Sujet. Ils sont volontairement ou pas tous des écrans de fumée qui cachent la vérité amère dont ont parlé les 2 spécialistes français. Non, ce n’était pas une provocation. Non, ce n’était pas une boutade. Les 2 n’ont dit que la vérité. A savoir que les africains sont des cobayes et que l’Afrique est un laboratoire à ciel ouvert pour toutes les industries occidentales des médicaments.

Je trouve même dangereux le comportement de tous ceux qui ont condamné ces 2 spécialistes. Parce que cela laisserait croire que nous vivons dans un monde idéal, où tout se passe dans une logique d’éthique et que 2 fous sur un plateau de télévision, seraient venus mettre à mal l’équilibre d’un tel monde vertueux.

Toutes les réactions ont été de type épidermique et après, on est déjà passé à autre chose, sans approfondir ces propos, sans se demander pourquoi a eu lieu une telle affirmation.

Dans le monde du renseignement, on enseigne aux espions que, parce que chacun fera très attention à ce qu’ils disent, lorsqu’on commence à dire des choses qui vous énervent, il faut avoir le sang froid pour ne pas laisser comprendre qu’on attache de l’intérêt à ce qui est en train d’être dit.

L’objectif c’est de les amener à vider leur sac, et les laisser dire tout ce qu’ils ont sur le cœur. Or les réactions épidermiques des africains ont fait en sorte que désormais, ils ne discuteront plus aussi ouvertement de ces sujets, et nous ne pourrons plus profiter de ces lanceurs d’alerte.

Et pourtant, cela ne changera en rien la dure vérité, celle d’une Afrique, laboratoire du monde pharmaceutique occidental. Plusieurs exemples vont nous permettre de le comprendre.

Pour faire de l’Afrique le laboratoire du monde pharmaceutique occidental, cela passe par plusieurs étapes. Prenez le temps de voir la réaction de l’homme de la rue africaine symbolisée par les propos des commentaires au communiqué de Drogba.

On a un peuple infantilisé par le dogmatisme chrétien et musulman. Les africains sont loin d’imaginer qui finance les bibles gratuitement mises à leur disposition dans toutes les chambres d’hôtels dans toute l’Afrique subsahélienne. Et surtout, pourquoi ? Qui sont ces généreux donneurs qui financent une partie du pèlerinage à la Mecque des africains ? C’est pour obtenir quoi en échange ?

La vérité est qu’un peuple bête va se noyer dans l’émotion et ne jamais cerner le vrai contour de ses intérêts qu’on est en train de bafouer. Grâce au créationnisme, l’africain est en toute bonne foi, convaincu qu’il peut laisser ses populations sans hôpitaux et il y aura des gentils blancs qui viendront avec des ONG soigner tout le monde. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que ce sont les industries pharmaceutiques qui financent la plupart de ces ONG et en échange, la raison principale pour laquelle elles sont en Afrique est de tester les nouveaux médicaments sur les africains.

Avec la crise sanitaire du Coronavirus en Italie, en France, en Espagne, au Royaume Uni et aux Etats-Unis d’Amérique, ne vous êtes pas demandés où sont passées toutes ces ONG qui étaient devenues spécialistes des pires épidémies en Afrique comme Ebola ?

Peut-on un seul instant penser que les 56 millions d’Italiens doivent attendre que des ONG assurent leur santé ? Depuis qu’on fait la polémique sur la Chloroquine en France, pourquoi aucune de ces ONG spécialistes de la santé des africains n’intervient pour trancher et dire au monde entier ce qu’ils ont appris de l’utilisation d’un tel médicament contre le paludisme en Afrique ?

S’ils ne sont pas capables de mettre sur la table dans leurs propres pays d’origine les résultats de leurs utilisations de la Chloroquine ou autre molécule, qu’ils nous disent donc ce qu’ils faisaient en Afrique durant tout ce temps. Si c’est aujourd’hui qu’à Marseille on teste sur 24 premières personnes, puis 1000, la chloroquine, n’est-ce pas la preuve qu’elle nous était administrée par ces ONG sans étude ?

L’Afrique est aujourd’hui le premier continent du sida, sans qu’on sache qui a testé quoi sur les africains pour qu’on arrive à ce drame. Dans les lignes qui suivent, je vais vous montrer comment les pays qui se disent démocratiques utilisent les africains comme des cobayes et tout cela sans même que les victimes n’en soient au courant et très souvent avec des drames.

Comment est-ce possible que l’Afrique du Sud fermée pendant l’apartheid a fait pour avoir le plus grand nombre de contaminés au Sida dans la population noire et non blanche ?

EN MATIERE DES DROITS DE L’HOMME, QUE DIT LE DROIT INTERNATIONAL EN MATIERE DE TESTS SUR LES HUMAINS ?

Il existe 2 sources de principales déclarations fixant les contours de l’éthique en matière de recherches sur les humains : le « Code de Nuremberg » et la « Déclaration d’Helsinki ».

Le « code de Nuremberg »
est une liste de dix critères contenus dans le jugement du procès des médecins de Nuremberg (décembre 1946 – août 1947). Il s’agit des conditions que doivent satisfaire les expérimentations pratiquées sur l’être humain pour être considérées comme « acceptables ». Le Tribunal de Nuremberg se basera sur ces conditions pour condamner 16 des 23 médecins accusés de pratique ou de participation à l’organisation d’expériences médicales illicites dans des conditions atroces, notamment sur les prisonniers des camps de concentration. A Nuremberg, il sera établi une liste de 10 conditions à respecter pour que les expériences médicales sur des humains soient considérées « acceptables ».

Voici la première des 10 conditions :
——
« Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel.

Cela veut dire que la personne concernée doit avoir la capacité légale de consentir ; qu’elle doit être placée en situation d’exercer un libre pouvoir de choix, sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d’autres formes sournoises de contrainte ou de coercition ; et qu’elle doit avoir une connaissance et une compréhension suffisantes de ce que cela implique, de façon à lui permettre de prendre une décision éclairée.

Ce dernier point demande que, avant d’accepter une décision positive par le sujet d’expérience, il lui soit fait connaître : la nature, la durée, et le but de l’expérience ; les méthodes et moyens par lesquels elle sera conduite ; tous les désagréments et risques qui peuvent être raisonnablement envisagés ; et les conséquences pour sa santé ou sa personne, qui pourraient possiblement advenir du fait de sa participation à l’expérience.

L’obligation et la responsabilité d’apprécier la qualité du consentement incombent à chaque personne qui prend l’initiative de, dirige ou travaille à l’expérience. Il s’agit d’une obligation et d’une responsabilité personnelles qui ne peuvent pas être déléguées impunément ».
——-

Les accusés nazis vont se défendre en évoquant 2 principes :

1) ils étaient en guerre et il était urgent de trouver des réponses à des questions de santé.

2) ce qu’ils ont fait est exactement ce que les américains font sur les noirs dans les prisons américaines notamment dans l’Illinois où alors que les noirs ne sont que 30% de la population, le système a organisé sa sociologie de manière à ce que 70% des prisonniers soient des noirs et sur qui on fait les mêmes tests que ceux faits par les nazis sur les juifs dans les camps de concentration.

La « Déclaration d’Helsinki »

L’Association médicale mondiale (AMM), est une association internationale de confédérations et syndicats nationaux de médecins, fondée à Paris le 17 septembre 1947. L’AMM regroupe la plupart des médecins dans le monde. En 1964, un document officiel de l’Association médicale mondiale est adopté à Helsinki (Finlande) et prendra le nom de : « La déclaration d’Helsinki ». Que dit-elle ? Voici 10 des 17 articles de la « Déclaration d’Helsinki » :

1) La mission du médecin est de promouvoir et de préserver la santé de l’être humain. Il exerce ce devoir dans la plénitude de son savoir et de sa conscience.

2) Le Serment de Genève de l’Association médicale mondiale lie le médecin dans les termes suivants : « La santé de mon patient sera mon premier souci » et le Code international d’éthique médicale stipule : « le médecin devra agir uniquement dans l’intérêt de son patient lorsqu’il lui procure des soins qui peuvent avoir pour conséquence un affaiblissement de sa condition physique ou mentale ».

3) Les progrès de la médecine sont fondés sur des recherches qui, in fine, peuvent imposer de recourir à l’expérimentation humaine.

4) Dans la recherche médicale sur les sujets humains, les intérêts de la science et de la société ne doivent jamais prévaloir sur le bien-être du sujet.

5) La conception et l’exécution de chaque phase de l’expérimentation sur des sujets humains doivent être clairement définies dans un protocole expérimental. Ce protocole doit être soumis pour examen, commentaires, avis et, le cas échéant, pour approbation, à un comité d’éthique mis en place à cet effet. Ce comité doit être indépendant du promoteur, de l’investigateur ou de toute autre forme d’influence indue. Il doit respecter les lois et règlements en vigueur dans le pays où s’effectuent les recherches. Il a le droit de suivre le déroulement des études en cours.

L’investigateur a l’obligation de fournir au comité des informations sur le déroulement de l’étude portant en particulier sur la survenue d’événements indésirables d’une certaine gravité. L’investigateur doit également communiquer au comité, pour examen, les informations relatives au financement, aux promoteurs, à toute appartenance à une ou des institutions, aux éventuels conflits d’intérêt ainsi qu’aux moyens d’inciter des personnes à participer à une recherche.

6) Une recherche médicale sur des êtres humains n’est légitime que si les populations au sein desquelles elle est menée ont des chances réelles de bénéficier des résultats obtenus.

7) Les sujets se prêtant à des recherches médicales doivent être des volontaires informés des modalités de leur participation au projet de recherche.

8) Le droit du sujet à la protection de son intégrité doit toujours être respecté. Toutes précautions doivent être prises pour respecter la vie privée du sujet, la confidentialité des données le concernant et limiter les répercussions de l’étude sur son équilibre physique et psychologique.

9) Lors de toute étude, la personne se prêtant à la recherche doit être informée de manière appropriée des objectifs, méthodes, financement, conflits d’intérêts éventuels, appartenance de l’investigateur à une ou des institutions, bénéfices attendus ainsi que des risques potentiels de l’étude et des contraintes qui pourraient en résulter pour elle. Le sujet doit être informé qu’il a la faculté de ne pas participer à l’étude et qu’il est libre de revenir à tout moment sur son consentement sans crainte de préjudice. Après s’être assuré de la bonne compréhension par le sujet de l’information donnée, le médecin doit obtenir son consentement libre et éclairé, de préférence par écrit. Lorsque le consentement ne peut être obtenu sous forme écrite, la procédure de recueil doit être formellement explicitée et reposer sur l’intervention de témoins.

10) Lorsqu’il sollicite le consentement éclairé d’une personne à un projet de recherche, l’investigateur doit être particulièrement prudent si le sujet se trouve vis-à-vis de lui dans une situation de dépendance ou est exposé à donner son consentement sous une forme de contrainte. Il est alors souhaitable que le consentement soit sollicité par un médecin bien informé de l’étude mais n’y prenant pas part et non concerné par la relation sujet-investigateur.

Comme je l’ai dit avant, lorsqu’on parle des « Droits de l’Homme », il faudrait à chaque fois préciser : « Droits de l’Homme Blanc ». Car ce sont ces mêmes blancs qui vont venir en Afrique, faire semblant de ne pas être au courant des conditions des tests des médicaments sur les humains dans leurs propres pays.

C’est ce qui s’est passé au Nigéria avec la société américaine Pfizer qui a testé son médicament contre la méningite sur des enfants sans que personne dans le pays ne soit au courant. Résultat des courses, de nombreux enfants nigérians des familles pauvres de l’Etat de Kano sont morts à cause d’un médicament qui leur a procuré l’hépatite, au lieu de les soigner de méningite.

L’histoire commence en 1995.

L’entreprise pharmaceutique américaine Pfizer met au point un nouveau médicament contre la méningite. Et comme par hasard, l’année d’après, va se déclencher au Nigeria, une épidémie de méningite qui fera 12.000 morts. Pfizer vole au secours des pauvres nigérians, avec une magnanimité remarquable.

Quelques années après, en décembre 2000, on découvrira à partir de nombreux articles dans le quotidien américain le Washington Post, sur la base des enfants nigérians morts que Pfizer n’était pas au Nigeria pour aider à résoudre le problème de l’épidémie de méningite, mais pour tester son médicament, l’antibiotique Trovan.

Le médicament n’avait jamais été testé sur des enfants. Le Washington Post, va révéler que Pfizer a utilisé les enfants nigérians pour tester l’effet que le Trovan peut faire sur les enfants. Et en effet, à cause des morts nigérians, les autorités américaines du FDA (Food and Drug Administration) donneront l’autorisation de mise sur le marché du Trovan, pour adultes et en interdiront l’usage pour les enfants.
Ce n’est qu’à ce moment que les parents des victimes, sont au courant que leurs enfants n’étaient pas morts de méningite, mais à cause du Trovan.

Une plainte contre Pfizer est déposée en Aout 2001, devant la Cour fédérale de Manhattan, par trente familles nigérianes dont les enfants sont morts ou ont été victimes de graves séquelles cérébrales ou motrices à la suite de leur traitement. Pour elles, Pfizer, a mené d’une manière «illégale» une expérimentation sur l’homme.

Pfizer aurait dû obtenir l’autorisation des autorités nigérianes avant de mener de telles expériences sur les enfants nigérians. Mais selon le Washington Post, Pfizer a fourni une lettre de l’hôpital de Kano qui autorise le laboratoire à utiliser le Trovan.

Or, ce document a été antidaté et écrit un an après l’expérience, lorsque Pfizer était obligé de se justifier. Le tribunal de Manhattan va débouter les plaignants, ces derniers n’ayant pas obtenu de la part du gouvernement nigérian le soutien documentaire nécessaire.

En 2001, le gouvernement nigérian avait pourtant réalisé un Rapport de la commission d’enquête sur les essais cliniques du Trovan par Pfizer, à Kano en 1996. Dans ce rapport, il est écrit que Pfizer n’a jamais obtenu d’autorisation formelle des autorités de santé du Nigeria d’administrer le Trovan. La conclusion est lapidaire : « Pfizer a mené un essai clinique illégal d’une molécule non encore homologuée, et cette opération, viole la loi du Nigeria, la Déclaration d’Helsinki sur l’éthique des essais cliniques et la Convention internationale des droits de l’enfant, c’est un exemple parfait d’exploitation de l’ignorance ».

Ce rapport ne sera jamais rendu publique. Et ce n’est que le 5 mai 2006, qu’un anonyme le fera parvenir au quotidien américain « Le Washington Post » qui le publie dans son édition du 7 mai 2006.

Aussitôt, le gouvernement nigérian se saisit de l’affaire. Il porte plainte auprès de la Cour Suprême fédérale du Nigeria dans laquelle il réclame sept milliards de dollars de dommages et intérêts. Le 26/06/2007 débutent les premières auditions.

Au même moment, toujours en mai 2007, c’est la Haute Cour de l’État nigérian qui reçoit la plainte des autorités de l’État de Kano contre Pfizer, réclamant 2,75 milliards de dollars d’indemnités pour avoir « secrètement utilisé des enfants comme cobayes dans les tests d’un médicament sous le prétexte d’apporter une aide humanitaire ». Le procureur général de l’État du Kano, Aliyu Umar, indique contre Pfizer 29 chefs d’accusation : « comportement antiéthique, comportement délictueux, complot, dissimulation et la mort de victimes innocentes ».
2 ans plus tard, en février 2009, Pfizer propose l’arrangement à l’amiable. Les 2 médiateurs, l’ex-leader militaire nigérian Yakubu Gowon et l’ex-président américain Jimmy Carter tombent d’accord sur la somme de 75 millions de dollars, que Pfizer doit verser aux victimes et à l’État de Kano.
Mais en octobre 2009, on découvre que les dossiers médicaux des victimes ont disparu. Au même moment, l’Avocat Général de l’État de Kano, Barrister Aliyu Umar, annonce que l’État de Kano vient de recevoir la somme de 10 millions de dollars de la part de Pfizer pour clore le dossier.

Mais comment est-on passé de 6 milliards de dollars du gouvernement nigérian, + 2,75 milliards de dollars du gouvernement de Kano à seulement 10 millions de dollars et tout le monde repart apparemment très content ? Mystère !

Mais le mystère ne va pas durer très longtemps, puisque le 10 décembre 2010, le site Wikileaks de Julian Assange (toujours incarcéré à Londres en attende de l’extradition vers les USA pour prendre 150 ans de prison pour avoir révélé les secrets du gouvernement américain), dévoile une note de l’ambassade américaine à Abuja (classée confidentielle) qui dit que Pfizer avait payé un détective privé pour trouver des preuves de corruption contre le procureur général Michael Aondoakaa, pour le forcer à clore le dossier.

Ce qui sera fait, contre 10 millions de dollars, au lieu de 8,75 milliards de dollars demandés. Le gouvernement nigérian ayant retiré sa plainte à la Cour Suprême du Nigéria, renonçant aux 6 milliards demandé et ce sans aucune contrepartie de la part du Pfizer.

CONCLUSION PARTIELLE

Pendant longtemps, on nous a parlé des crimes du nazisme, des crimes du communisme. Mais on oublie souvent les crimes du capitalisme. La principale victime de ces crimes du capitalisme sont les Noirs. De l’esclavage avant-hier, en passant par la colonisation hier, aux cobayes pour les industries pharmaceutiques occidentales aujourd’hui, l’Afrique a payé et continue de payer le prix le plus cher des crimes du capitalisme.

Exactement comme les essais des médicaments par le régime Nazi de Hitler durant la deuxième guerre contre les juifs en Europe, aujourd’hui, c’est toute l’Afrique subsahélienne qui est devenue un camp de concentration à cil ouvert où les industries pharmaceutiques occidentales viennent tester tout ce qu’ils ont envie de tester. Et ce, très souvent avec l’accord des politiciens et hauts fonctionnaires africains peu cultivés qui n’ont pas l’intelligence de comprendre le degré de perversité du système dominant.

Les médecins africains sont pour la plupart d’une naïveté légendaire. J’ai vu dans mon pays le Cameroun certains livrer une croisade sans merci contre l’huile de palme, sans à aucune moment se demander pour l’Union Européenne les finance pour une telle bataille contre eux-mêmes et notre économie. Il faudrait ajouter à leur formation un module sur la « Géostratégie Africaine », afin qu’ils comprennent que le tout n’est pas de soigner le malade ou la maladie, mais d’être au préalable capable de se demander à quoi tout cela rime.

Tous les citoyens qui se plaignent de notre retard sur le plan de la santé, contribuent , sans le savoir à pousser nos politiciens dans les bras des prédateurs occidentaux, convaincus qu’ils seront la solution à ce problème de la santé. Oubliant que dans ce monde, personne n’aide personne, sans rien en retou.

Qui finance les ONG occidentales qui pullulent en Afrique ? Pour faire quoi ? Et la quasi-totalité des ONG africaines dites des droits de l’homme ? Qui les finance ? Pour faire quoi ? Est-ce essentiellement pour protéger les droits de l’homme ? Ou servent-il à régulièrement lever l’écran de fumée devant permettre aux industries pharmaceutiques occidentales de tester leurs médicaments et vaccins sur les africains en toute quiétude ? Car les droits de l’homme ne sont que les « Droits de l’homme Blanc ». Et tous les africains qui en parlent ou se portent promoteurs ne sont que des agents pour mettre les gens hors sujet à travers des débats fumeux et inutiles.

Les africains formatés au crétinisme créationniste par l’école coloniale et post-coloniale sont des êtres hybrides achetables, sans idéal, fondamentalement malhonnêtes. Ils sont d’un tel degré de naïveté qu’ils croient en bonne foi que les prédateurs occidentaux sont des capitalistes gentils qui sont disposés à les soigner gratuitement, en leur fournissant gratuitement les médicaments, sans à aucun moment se demander pourquoi ils ne le font pas aux Etats-Unis aux Noirs qui sont les premiers à mourir du Coronavirus. Pourquoi seraient-ils si gentils en Afrique et pas du tout chez eux ?
(à suivre 2/3 et 3/3)

Jean-Paul Pougala

Moscou, le 11 avril 2020

P.S :
Dans la deuxième partie, nous verrons comment la Fondation Bill et Melinda Gates a financé une ONG américaine pour mener des essais clandestins sur 400 camerounaises.

Nous verrons aussi comment sur 1450 essais de médicaments faits sur les africains, de 1972 à 1997, seuls 13 concernaient des médicaments contre les maladies tropicales, contrevenant à l’éthique prônée par le Code de Nuremberg et par la Déclaration d’Helsinki.

Sans oublier l’écran de fumée que crée l’église catholique pour faire croire aux africains qu’elle est de leur coté en dénonçant des fausses vaccinations au Kenya, pour soit-disant, stériliser les femmes africaines.

Dans la troisième partie, nous verrons la grande arnaque du sida et le racisme qui est derrière, tous unis contre l’Afrique.

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