Covid-19 – Heureusement le Magal, …pour sauver 2020

PARTI PRIS

En pleine période Covid-19, le maintien de l’événement annuel religieux réunissant le plus de monde au Sénégal fait grincer des dents. Le magal se prépare avec la même ferveur. Touba mise ainsi sur la responsabilisation des sénégalais. Ne pas céder à la peur au lieu de la culpabilisation d’une communauté religieuse… n´est-ce pas vivre concrètement avec le virus ? 

Rokia Pédro 

Arguments pour  

L’annulation du Magal pour cause de Covid-19 ! C´était bien essayé. Ça aurait pu être une décision hautement symbolique pour les « agitateurs », ceux-là qui, sous prétexte que l´Etat doit garantir la santé publique à tous, incitaient et encourageaient le pouvoir à interdire la tenue de cet événement. Heureusement, ce n´est pas au président de la République, -qui qu’il puisse être-, de l’interdire ou de le permettre. 

Cette date, chez le disciple de la confrérie mouride, loin d´être une fête banale, revêt un sens que beaucoup ignorent apparemment. Faut-il le rappeler ; « celui pour qui mon bonheur est le sien, où qu’il se trouve, devra tout mettre en œuvre le jour du 18 Safar pour rendre grâce à Dieu. Car, mes remerciements personnels ne pourraient suffire pour témoigner ma reconnaissance au Seigneur ». C’est Cheikh Ahmadou Bamba en personne qui a initié le Magal (à Diourbel) pour la première fois et a recommandé à ses fidèles, de célébrer ce jour spécial où ses prières ont été exaucées par son Seigneur.  

Celui pour qui mon bonheur est le sien, où qu’il se trouve, devra tout mettre en œuvre le jour du 18 Safar pour rendre grâce à Dieu. Car, mes remerciements personnels ne pourraient suffire pour témoigner ma reconnaissance au Seigneur. 

En fait, l’on aurait encore subi une dictature sanitaire qui joue sur la peur à travers un décompte journalier macabre des cas de Covid-19, de décès liés à cette pandémie, de cas contacts, importés ou communautaires et ce, tous les jours sur des chaînes de radio les plus écoutées. D´ailleurs, la véracité des chiffres avancés reste à être prouvée… Quel est le poids de du Covid-19 sur le système de soins au Sénégal ?  Quel est le profil des malades hospitalisés du Covid-19, ceux en réanimation, ceux qui sont décédés ?  La réalité dans le pays, sans l’influence des baratineurs médiatiques et médicaux, est-elle si inquiétante comme l’on cherche à le faire croire ? N’y a-t-il pas une certaine exagération à travers cette ampleur mondiale que l’on cherche à donner à la pandémie ? Y a-t-il pour autant un enjeu réel de santé publique au Sénégal ?  

Au début de la pandémie, il était compréhensible de prendre certaines mesures draconiennes. Parce que l’on ignorait tout de ce virus et que mieux valait prévenir. Mais les choses ont évolué et on en sait un peu plus sur le Sars-Cov2. 

Ce diktat qui jadis avait fermé les mosquées et églises, annulé le pèlerinage à la Mecque et imposé aux hommes des distances qui enlèvent aux relations humaines toute son essence, ne peut plus prospérer. Sinon, ce serait alors instrumentaliser la peur. D’autant plus qu’annuler le Magal aurait été tellement dérisoire ! Parce que tant de données ont changé depuis le début de cette pandémie, tant de vérités devenues caduques laissant apparaître en filigrane une surenchère de mesures à la fois liberticides et surtout anxiogènes.  

Evidemment, il n’est pas ici question d’être nihiliste. Le corona virus Covid-19 existe bel et bien et a fait plus de 29 millions de cas et est la cause d’au minimum 944.000 décès à travers le monde à ce jour. Au Sénégal, l’on comptabilise 299 malheureux et regrettés cas officiels de décès des suites du Covid-19 sur un nombre total 14568 cas dont 3513 infectés, 10756 guéris, selon les chiffres de l’OMS.  

 

 

Tout de même, posons-nous quelques questions.  D’abord pourquoi affoler les gens alors que présentement il y a des solutions pour éviter la situation de février-mars-avril ? Les masques sont désormais disponibles et ils semblent être désormais intégrés dans nos habitudes.   

Il est possible de combattre ce virus, cette pandémie sereinement, sans pour autant basculer dans la peur, comme a eu à le souligner le Pr Didier Raoult qui souvent, cite le Sénégal en exemple lors de ces sorties médiatiques ; “ça ne sert à rien de s’affoler. “ 

A quoi bon entretenir la peur, si ce n’est pour après justifier derrière la mise sur pieds de “fonds de riposte” bidons, de mesures farfelues d’urgence, des soi-disant “aides Covid” à hauteur de 1000 milliards dépensés dans une totale opacité et arbitrairement distribués par pur clientélisme politique.  

Que l’idée de la société s’éteigne dans les esprits individuels, que les croyances, les traditions, les aspirations de la collectivité cessent d’être senties et partagées par les particuliers, et la société mourra.

Savoir diriger le Sénégal, c’est forcément savoir tenir compte de ces commémorations, célébrations, cérémonies et autres rites qui tiennent à cœur les sénégalais. Il ne faut pas le nier, depuis l’alternance, et pire depuis les huit dernières années, il semble que même les espérances qui étaient permises ne le sont plus. Les politiques dirigeant ce pays ont ôté à la population tout espoir d’un lendemain prometteur.  

D’ailleurs à ce propos, Emile Durkeim, l’un des fondateurs de la sociologie moderne et qui a étudié la religion comme un fait social, déclare que celle-ci (la religion) est nécessaire à la cohésion sociale : « Que l’idée de la société s’éteigne dans les esprits individuels, que les croyances, les traditions, les aspirations de la collectivité cessent d’être senties et partagées par les particuliers, et la société mourra ».  Pour Durkheim, le sentiment religieux n’est rien d’autre que la transfiguration du sentiment d’appartenance à une société que les célébrations et autres rites associés viennent simultanément exprimer et renforcer. Ainsi, les moments d’effervescence collective doivent être rejoués pour maintenir la force de la religion. Sans ces rituels, la cohésion sociale est menacée de dissolution. 

Il ne reste donc au peuple que la religion comme refuge, une manière de meubler un vide créé par tant de manquements et de frustrations au quotidien. Qu’on la lui laisse, de grâce !  

Les actes que le khalife a eu à poser depuis le début de la pandémie au Sénégal. Il s’est montré toujours en public, voilé pour ne pas dire masqué, en exemple aux fidèles. Il a fait une donation à hauteur de 200 millions de francs CFA en appui à la lutte contre la propagation du virus. Concrètement, il a incité à l’application des mesures barrières dans la pratique religieuse, et ce, à travers la prière du vendredi à la grande mosquée de Touba où tout le monde, -grâce aux images diffusées-, a pu constater le respect de la distanciation sociale recommandée par l’OMS. Et, que dire des prières et récitals de Coran pour conjurer ce fléau…, les instructions aux fidèles disciples pour le respect de l’avis du personnel de la santé. 

Au lieu de s’alarmer et de vite crier à l’irresponsabilité, au manque de conscience des “mourides” regardons de plus près la réalité, sans prêter attention aux discoureurs qui pullulent dans les médias et réseaux sociaux, ces professionnels de la santé à la solde de Big Parma.  

Une grande partie de la jeunesse sénégalaise, cette génération pourtant très attachée aux libertés individuelles a choisi l’acceptation de l’autorité de Touba qui de fait, fait autorité. On célébrera ce Magal dans un contexte exceptionnel, discipliné, masqué, gel virucides et hydroalcooliques à portée de main. 

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