Apaisement, appel au calme après de violentes manifestations pendant plusieurs jours. Seulement, le Sénégal a perdu plus d’une dizaine de ses fils et panse les blessures douloureuses de plus de cinq cent d’autres. La machine infernale déclenchée par les politiciens a donné ce macabre résultat. Et, on veut me faire croire qu’il n’y a qu’un seul responsable !

Rokia Pédro

Discours complémentaires ?

Au lendemain des émeutes meurtrières, plantons le décor.

Les militants, soutiens et sympathisants du député jubilent considérant avoir fait reculer l´Etat  donc ayant gagné une manche d´un combat acharné. Parce qu´ Ousmane Sonko est rentré chez lui, (il placé sous contrôle judiciaire) accompagné d´une foule immense criant victoire. Mieux, il a tenu un point presse et s’est adressé au peuple toujours déterminé.  Son discours a impacté sur le morale des «troupes» ; il était certes apaisant mais à la limite vindicatif sur les bords…avec à la clé dix «commandements » et un mot d’ordre de maintien de la mobilisation des derniers jours.

Après, Macky Sall lui a emboité le pas, rompant un long silence depuis le depuis des émeutes sur tout l’étendu du pays. Le président a parlé aux Sénégalais. Il dit avoir entendu la colère devson peuple et patati et patata. Et comme par une baguette magique, plus de vague, comme si les deux allocutions avaient sonné une armistice. Soit !

Sauf que le peuple a payé un lourd tribut, comme à chaque fois. Mais au juste, pour quoi cette fois-ci ? Pour rien ? Personne parmi les acteurs de ce sombre épisode de la vie politique du Sénégal ne veut assumer sa part de responsabilité.

C´est lâche !

Personne n´est donc responsable ? Qui a déclenché cette rage de tout un peuple ? Qui a créé les d´un si profond mal être et ras-le-bol du peuple ? Décidément, le pouvoir politique se fout du peuple  et les politiciens en général, -surtout dans la situation que le Sénégal vient de connaître-,  n´ont pas sincèrement conscience de ce que leurs mots d’ordre peuvent engendrer. Et, ça en dit long sur comment ils perçoivent ce peuple qu’ils n´ont de cesse de solliciter et qu´ils mobilisent selon leurs desideratas ; instrument, objet ou arme destruction pour les uns et pour les autres bouclier et chair à canon. Ce n´est pas l´attitude que les militants devrait avoir à défendre.

Ousmane Sonko dans Quotidien de Yann Barthes sur TMC

Plus d´une dizaine de morts et des centaines de blessés

A Yeumbeul, dans la banlieue Dakaroise, l’adolescent Baye Diop, jeune mécanicien tué par balle lors des émeutes des derniers jours est enterré par les siens, accompagné à sa dernière demeure par une foule immense.

Ailleurs, dans la douleur, la famille de Pape Sidy Mbaye, un autre jeune homme ayant trouvé la mort lors des manifestations, -qui a fêté ses 20 ans le 1er février passé, BTS en poche et préparant son BEP-, attend les résultats de l’autopsie prévue lundi prochain afin de pouvoir donner une sépulture musulmane digne ce nom à ce fils cadet (de parents engagés hommes de tenue) et de l’enterrer à Touba.

Bounama Sylla Sagna, un enfant de 14 ans, atteint par balle à la tête au cours des manifestations meurt des suites de ses blessures. Il a été enterré dans la douleur à Bignona.

Famara Goudiaby, Mansour Thiam, Moussa Drame, Cheikh Coly, Sadio Camara, Cheikhouna Ndiaye,  Alassane Barry, Modou Ndiaye, Bourama Sané ( 12 ans seulement) sont tous morts au cours de ces journées sanglantes.

L’étudiant Cheikh Diouf, blessé au cours des manifestations sera amputé de la main droite. Pareil pour cet élément du GIGN. Et, des centaines d´autres sénégalais sont blessés, traumatisés.

Tout de même, les responsabilités doivent nécessairement être situées d´abord par respect à la mémoire de ces citoyens tués durant ces journées d´émeutes, par égard à ce vaillant peuple sollicité et mobilisé à chaque fois et enfin pour la crédibilité des dirigeants et autres meneurs aspirant à gouverner ce pays.

Et, il n´y a pas que du côté de l’Etat qu´il faudra chercher. Soutenir le contraire c’est affirmer contre l´évidence,  qu’il n’y a pas eu ce bras de fer opposition-pouvoir ou clairement Macky/Sonko. En réalité, les responsabilités sont partagées mais entre politiciens.

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