Émigration clandestine- A qui la faute ?

Ceci n’est pas une fiction.

Si la saga Les Dents de la mer vous a plongés dans l’effroi, sachez que cette histoire est davantage glaciale car empreinte de réalité.

Ceci est l’histoire des enfants de la mer. Ne vous émerveillez point !

Nous ne sommes pas au cinéma encore une fois. Nous faisons ici état de ces hommes et femmes ayant bravé vents et marées à la recherche de la corne de l’abondance ailleurs.

Nous sommes dans un pays qui s’appelle le Sénégal et qui est classé 170 ème sur 196 pays selon l’indice de développement humain.
Une manière technique de dire qu’il ne brille pas par son développement.

« Sunu gaal » est le symbole de la barque, l’image d’un peuple ayant décidé de naviguer dans la même pirogue pour affronter ensemble le quotidien et de se battre pour un avenir meilleur.

Pourtant, à « Sunu gaal », 1% de la population a décidé, depuis des décennies, de quitter le navire en se terrant dans une forteresse où elle vit dans l’opulence. L’histoire raconte qu’ils ont pour nom « dirigeants ».

Dès lors, le reste de la population a suivi en abandonnant à son tour la barque. Mais point de forteresse pour eux mais une terre ferme et épineuse où ils subissent la vie au lieu de la vivre !

Bravant ce quotidien désastreux, d’autres sont retournés sur la pirogue.
Mais cette fois, pour aller dans des contrées lointaines au péril de leur vie, à la quête d’un avenir incertain.
L’ironie est que le Sénégal est une contrée qui ne tarit pourtant pas de ressources naturelles.

Chaque année qui passe emporte pourtant avec elle les aspirations de tout un peuple.

Elles sont assez existantes pour servir de ticket gagnant à cette infime partie de la population vivant dans cette tour qu’elle entretient par le bradage du pays.

Voici le Sénégal.

L’économie du pays est concentrée dans des activités telles que la pêche, l’agriculture, le tourisme, etc.

Ah la pêche ! Aujourd’hui nous ne parlons plus seulement de pêche aux poissons mais de pêche aux humains. Ces individus qui ont laissé leur vie et l’espoir de toute une famille au fond de l’océan. Même si d’autres ont réussi ce voyage mais ignorent tout de ce qui les attend sur leur terre d’accueil.
Tout cela se résume en deux mots : l’émigration clandestine.
Mais attachons-nous d’abord à la migration pour soutenir que ce n’est pas un phénomène nouveau et qu’elle a plutôt muté en d’autres contours.

C’est ce que soutient Mazzella dans La Sociologie des Migrations où elle déclare : « la nouveauté se situe dans la nature des flux migratoires qui a changé aussi bien par son ampleur que par la diversité même des catégories de migrants (étudiants, expatriés, réfugiés, demandeurs d’asile, clandestins, travailleurs transfrontaliers, saisonniers, binationaux) ».

On comprend dès lors que l’humain a toujours été fasciné par le voyage, la découverte.

Mais là où se situe le problème, c’est lorsque cette découverte de la rive voisine est motivée par des raisons sombres nécessitant des moyens interlopes.

Et là nous retournons à ce qui nous intéresse ici, à savoir l’émigration clandestine : cette formule migratoire devenue rémanente et déchainant les passions autant au Sénégal qu’ailleurs.

La modernité n’est-elle pas censée bonifier les conditions de vie des gens ?

Chaque année qui passe emporte pourtant avec elle les aspirations de tout un peuple.

Dans cette crise, sont appelés à la barre l’Etat et la société.

Nous commencerons par cette société qui a formé ceux qui nous dirigent avant de situer la plus grande responsabilité à ces derniers.

LA SOCIETE

Evoquer la pyramide de Maslow serait un moyen intéressant de traiter la question sociétale par le prisme individuel.

Il s’agit d’une théorie de la représentation des besoins reposant sur cinq points suivant un ordre croissant : besoin physiologique, besoin de sécurité, besoin d’appartenance, besoin d’estime, besoin de s’accomplir.
Tout cela est donc vital.
Même si l’inconnu a toujours attiré l’humain, les candidats à l’émigration clandestine ne se sont pas levés un beau jour pour dire « Nous nous ennuyons, nous allons affronter la mer pour rejoindre l’autre rive ».

Leur geste relève plutôt d’un long processus de construction sociale déterminée par l’emmagasinement de certains dictons érigés en règles de vie.

Nous évoquons par-là la fameuse citation « Téral samay wadiour » qui alimente le fameux « Barça ou barsakh » menant ensuite à la traversée de la mer qui peut débouter sur un lourd périple.

À suivre..

 

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