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Mandiaye Alassane Sy, un sénégalais doctorant contractuel à Université Paris 1 Panthéon Sorbonne publie un texte sur le traitement des noirs en Ukraine durant la guerre actuellement en cours. Pendant que beaucoup se mobilisent pour accueillir les réfugiés ukrainiens, des noirs sont victimes de racisme et empêchés de traverser la frontière vers la pologne.


Le racisme de la guerre, on en parle ?

C’est la guerre en Europe, depuis quelques semaines, l’Ukraine et la Russie sont au cœur de l’actualité internationale. Il s’avère que l’attitude politique cynique entre puissances a fini par provoquer une nouvelle tempête qui aura forcément des conséquences indescriptibles à tous les niveaux et tous les secteurs d’activités. Il semble qu’une contradiction non résolue revient toujours à la charge et fait des dégâts inattendus. C’est le cas entre l’Ukraine et la Russie qui n’ont pas pu régler leur divergence stratégique ; dont les origines remontent et que les différentes interventions des spécialistes ont donné lieu à une abondante littérature pour justement prévenir d’un éventuel affrontement. Nous sommes devant le fait accompli de la fin factice de ce qu’on appelait autrefois la guerre froide. Car, l’ours russe qui se sent encerclé depuis des décennies par l’avancée de l’OTAN et de l’Union Européenne en Europe de l’est, décide d’agir farouchement en donnant un coup de patte mortel à l’Ukraine. Cet affrontement que certains médias qualifient d’agression est au cœur de l’actualité. D’énormes moyens sont déployés pour apporter de l’aide au peuple Ukrainien. La propagande médiatique est à la fois impressionnante et frustrante. Tout défile sur les réseaux des médias traditionnels occidentaux à l’exception du traitement que subissent les noirs. Il est d’une conduite aberrante et indescriptible que ce soit tout à fait au pied de l’Union Européenne que l’adage de George Orwell « Nous sommes tous égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres » a pris vie alors et confirme la détermination que l’africain à la peau noire occupe dans l’imaginaire de l’occident. Le traitement des africains sur ce conflit est juste du racisme et le silence des médias n’est surprenant. Bien-sûr que le conflit a donné naissance un sentiment de condamnation général, d’empathie. Mais profiter du conflit pour véhiculer des images, des reportages et interventions qui renforcent et dans l’idée inavouée l’impérialisme occidental en Europe de l’est, montre comment les médias nous manipulent avec leurs contenus. Les images qui nous parviennent des réseaux sociaux sur le traitement des africains noirs sont juste insoutenables.
En effet, tout le monde a vu sur les réseaux sociaux et autres supports de communication impartiaux, ce tri racial dont sont victimes les noirs dans la fuite de l’Ukraine en guerre. Si ces noirs en sortent sains et saufs de cet épisode périlleux rythmé par les attitudes racistes de soldats ukrainiens sur ces africains, les psychologues, les psychanalystes devront revoir à la hausse leur chiffre sur la dépression. Il faut qu’ils nous aident à déterminer l’état d’esprit de ces africains qui n’ont rien demander que de se sauver d’un conflit qui ne les concerne pas.

Le traitement des africains sur ce conflit est juste du racisme et le silence des médias n’est surprenant.


Les médias occidentaux n’en parlent pas car en effet, cela revient à montrer au monde entier ce fossé abyssal qu’il y a entre le discours d’un droit de l’Homme universel et les réalités que devront faire face les noirs en temps de guerre dans certains endroits de la terre. Beaucoup de ces enfants africains seront à jamais traumatisés ni par les bombardements, ni par les bruits AK-47, des kalachnikovs et autres armes de guerre, mais plutôt par le comportement déshumanisant et xénophobe de certains soldats Ukrainiens et de certains gardes frontaliers. C’est cette injustice sociale que n’ont jamais montré les médias occidentaux traditionnels.
Les observateurs sont convaincus qu’avec ces médias le banc des accusés n’est jamais vide de toute façon. Projeter au-devant de la scène les discours, les attitudes et ambitions illusionnistes des démocraties hypocrites de l’Occident en montrant les dégâts engendrés par le mal-aimé, semble être le jeu auquel s’adonnent ces médias traditionnels occidentaux. Le jeu est simple, il s’agit de traiter l’information de la guerre et en d’autres termes en accusant un système politique mais omettre volontairement cette volonté inavouée de la lutte sanglante pour le partage impérialiste de l’Ukraine. De l’autre côté, il faut taire de la situation de l’Homme noir dans ce conflit qui n’a pas d’enjeu de leur jeu géopolitique et géoéconomique.

Même en temps de guerre les africains sont victimes de leur couleur de peau. C’est juste déshumanisant…

Le silence de ces médias impérialistes occidentaux face à la situation des noirs bloqués à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne n’est pas surprenant mais c’est scandaleux et sent un goût de complice. On est tout à fait d’accord que dans l’histoire, l’Europe de l’est n’a jamais été une terre accueillante pour le noir. Le racisme sur cette partie de la terre n’est plus à démontrer tellement les racines sont profondes. Cela montre l’échec de l’évolution de l’imaginaire sur l’homme noir. Même en temps de guerre les africains sont victimes de leur couleur de peau. C’est juste déshumanisant, méprisant et indigne de la part de ces médias qui sont restés muets face à cette situation. « Tirer à bout portant » sur ce qui leur semble le régime autoritaire permettra de montrer que les tambours du nationalisme jouent sa danse de la mort.

Droit à l’ambulance ?

Depuis le début du conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, des contenus d’informations, devenus d’ailleurs itératifs, nous parviennent par le biais des canaux traditionnels d’informations des médias occidentaux. Sans l’impact des réseaux sociaux (qui ne sont pas à l’abri de reproches) ; nous ne saurions pas les traitements dont sont victimes nos consœurs et confrères africain-e-s à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Africains ou pas, tout le monde a déploré les images indescriptibles de victimes ukrainiennes et de russes.
Mais voir les noirs se faire interdire le droit à la survie face à un conflit qui ne les concerne pas, a forcément tari nos larmes d’empathie. On ne va pas revenir en arrière ni faire un cours d’histoire [d’éminents intellectuels comme Cheikh Anta Diop en ont parlé] ou de sociologie, la question du racisme dans tous les sens a donné lieu à de nombreuse discussions, des publications des rencontres ne manquent pour tenter de se demander pourquoi et comment faire pour en finir à une époque où certaines organisations à consonance sournoise tentent de démontrer qu’il perd du terrain. L’interdiction des noirs à traverser la frontière qui sépare l’Ukraine à la Pologne montre juste les laxismes des politiques dans la lutte contre toute forme de discrimination et de racisme.

Pour qui n’est atteint d’une cécité intellectuelle ou d’une ignorance naturelle, sait que ce traitement des noirs est purement et simplement raciste et xénophobe.

Effectivement, les médias nous « bombardent » de différentes déclarations et d’inquiétudes depuis le début du conflit et des émissaires internationaux ont été envoyés en mission. En temps normal l’homo-africanus comprend cela, car militant d’un monde de justice, d’égalité et d’équité. Même si c’est un conflit qui ne concerne pas les africains, je suis convaincu qu’aucun confrère ou consœur en l’Afrique veut qu’un conflit impliquant une superpuissance dotée d’armes nucléaires ne dégénère en une situation de catastrophe mondiale. Les pertes en vies humaines et les destructions de villes, les nombreux déplacés sont déplorables et regrettables.
Par ailleurs, sur la situation des noirs, pas de couverture complète, pas de déclarations télévisées en direct ou en rediffusion de dirigeants occidentaux ou africains et pas d’offres d’aide enthousiastes envers ces personnes de couleur noire, c’est une marque d’injustice et d’hypocrisie de la part des donneurs de leçons sur les démocraties et droits de l’Homme. Pour qui n’est atteint d’une cécité intellectuelle ou d’une ignorance naturelle, sait que ce traitement des noirs est purement et simplement raciste et xénophobe. Les différents accueils des réfugiés qui sont originaires de l’Afrique noire et du Maghreb au sein de certains pays de l’Europe occidentale devraient pousser la communauté internationale à agir sans délai. Dire que tout se passe à la porte de l’Union Européenne !!! Dans cette guerre l’Africain, ou si vous voulez l’homme à la peau noire n’a pas encore sa place dans l’ambulance pour la survie. Voici en gros la définition de votre monde de justice de droit à la vie. Les médias sont complices de l’attitude des dirigeants et semble militer en faveur d’un peuple qui serait d’ailleurs, de civilisation plus proche de celle de l’occident. C’est une discrimination.

Ils voudraient bien rester chez, et ne vous enfaites pas la machine révolutionnaire est en marche. Le processus est enclenché.

La charte de Munich est déçue

En gros pour les journalistes, c’est une sorte de garde-fou qui permet de respecter un certain nombre de critère déontologique dans la pratique du métier de journalisme. L’attitude de certains médias occidentaux devant le traitement des noirs, renforce le problème dont souffre la charte de Munich. Au-delà de la couleur, nous sommes aussi des humains, nous avons par ailleurs comme toute race, ce droit sacré à la vie. On a tous été sidéré et meurtri par des images insoutenables d’étudiants, de femmes, d’enfants, de personnes âgées, des personnes vulnérables qui sont interdits d’accès aux moyens de transports ou tout autre moyen de sauvetage pour fuir le conflit sous prétexte qu’ils sont noirs. Comment qualifiezvous cet acte ?

Aucun reportage sérieux sur ce traitement pour que le monde entier ne témoigne de la bêtise humaine de certains soldats ukrainiens et gardes frontaliers Polonais. D’ailleurs c’est le cas, quand les jeunes meurent en méditerranée. Le fameux c’est des africains ce n’est pas grave, ils n’ont qu’à rester chez eux. Ils voudraient bien rester chez, et ne vous enfaites pas la machine révolutionnaire est en marche. Le processus est enclenché.
Il nous faudra faire une métaphore de l’ouvrage commun, les médias et l’humanitaire.

Éthique de l’information ou charité-spectacle, car Rony Brauman et René Backman avaient expliqué

les conditions nécessaires pour faire un événement un drame. L’Ukraine aura tous les honneurs auprès des médias impérialistes et néocolonialistes occidentaux. Le comportement de certains soldats Ukrainiens face aux africains souhaitant trouver l’abri ne mérite pas un temps d’antenne parce que venant de l’Afrique, de peau noire et parce que peut-être l’Ukraine sera dans votre camp. (Votre « pathétique » c’est de bonne guerre).

Et pourtant vous êtes les premiers à braquer vos caméras et déployer vos meilleurs reporters si au sein du continent Africain il y a évènement (Affrontement, soulèvement, etc.) pour venir envenimer la situation juste dans l’intention camouflée de renforcer l’imaginaire négatif sur l’homme noir, sur le mythique continent africain qui a une représentation assez négative face aux interventions de certains médias. Tout cela dans l’objectif de garder intact les politiques néo-impérialistes. Heureusement cette entreprise vit ses dernières heures au sein du continent. Beaucoup de médias et autres journalistes devront revoir la charte de Munich, cette charte souffre énormément depuis quelques décennies, en gros, depuis que certains médias sont utilisés dans le jeu du pouvoir et du prestige. Vous en êtes les responsables !!

Clause de conscience.

Mais où est passé votre humanisme ? On ne réclame pas une faveur de la population noire. Nous sommes pour une justice et une équité pour tous, chacun a le droit à la vie. Nous n’avons pas vécu l’époque romaine, ce qui est claire c’est que personne, ni rien n’a le droit de décider de la sentence de mort ou du droit de vie ou de survie d’un africain. Aucun imperium ne peut exister pour la vie du peuple africain. Par conséquent, le noir n’a besoin d’auspice d’aucune race pour sa survie. Comme toutes les races, la nôtre a le droit à la vie. Au même titre que les populations de race blanche, jaune, rouge, etc. peuvent traverser la frontière pour trouver de l’abri et refus, c’est ce même droit naturel que dispose l’Homme à la peau noire pour se mettre à l’abri des balles et bombardements. Votre justice sociale, égalité et équité ainsi que votre morale social fantoche métamorphosant ou à double face n’est pas une surprise mais la caractéristique de comportement d’une indignité confirmée. Cette banalité que les médias montrent face à la situation des noirs en Ukraine est justement liée à une représentation qu’ils ont du noir. Tout le monde sait qu’il existe un imaginaire qui est le résultat produit par les rapports historiques de domination et fortement soutenu par l’échec politique de l’Afrique dans plusieurs domaines et qui probablement ravale celui-ci dans l’univers du c’est des incompétences, de pas d’importance etc.

Il n’y a pas de doute que le monde contemporain ne s’est pas affranchi de ces considérations, de cet imaginaire dépréciatif, dévalorisant, réducteur et déshumanisant. Les mots manquent pour qualifier les maux dont souffrent ces personnes de peaux noires. Ce qui se passe en Ukraine en est une parfaite illustration. On ne joue pas la carte de la victime, on est victime que ce soit claire ! maintenant c’est connu de tous, le mal-aimé de l’histoire ; même en temps de guerre, il ne lui est accordé aucune considération humaine et sa place est la crevaison. L’homme noir pourra vivre certes, mais vivre au voisinage de sa mort. C’est tout ce que révèle ce traitement des noirs en Ukraine.

En gros, nous ne verrons pas défiler en boucle sur les ondes des médias occidentaux les formes de traitements inhumains des africains et autres étrangers venant d’ailleurs dans le monde. Le seul aspect du conflit qui échappe volontairement aux médias occidentaux c’est le traitement déshumanisant des ressortissants Africains à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Ils ne manquent pas de flinguer sur un régime ou un système qui menace l’impérialisme occidental et qui depuis, maintenant bientôt plus de deux décennies se fait une place réputée dans la carte géopolitique mondiale et exige respect et considération. Ces tribus de râleurs ont ce complexe d’homme fort qu’il faut traiter devant le monde entier comme le dernier panneau de signalisation du diable devant la porte de l’enfer du jeu politique cynique en Europe. Encore une autre histoire de la chasse racontée par le chasseur. C’est ridicule.
L’histoire donne raison à Malcolm X qui pensait que « La presse a un pouvoir de l’image si puissant qu’elle peut faire passer un criminel pour une victime et montrer la victime comme coupable.» . Sauf que cette fois, certains médias perdent de plus en plus de crédibilité. Que vous le montrez ou pas, du côté des afro-pessimistes, il y a des afro-inconditionnels qui ne comptent pas laisser tomber leurs frères et sœurs partout où il/elles se situent dans le monde. Ce sont justement ces genres de traitements qui doivent nous inciter davantage à faire bloc et de se défendre mutuellement, d’unir nos forces, nos idées pour un idéal commun. L’Afrique et son peuple.

Pour un africain respecté !!!!


Mandiaye Alassane SY ,Doctorant contractuel chargé
d’enseignement en histoire à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Laboratoire IDHE.S, UMR8533.

Membre _ 2104_ANR COCOLE
symas134@gmail.com






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