Le 23 juin ou l’escroquerie du récit pseudo révolutionnaires

Une théorie qui entend prendre pour objet la pratique humaine dans son ensemble doit se prémunir contre toute tentation idéaliste qui la porte à négliger la confrontation avec les faits.” Jürgen Habermas

9 ans après que reste-t-il de cette fièvre de vigie citoyen ? Avons réussi à protéger nos institutions des velléités d’accaparement privatif par la caste des régnants ?


Par Aguibou Diallo


La réponse de toute évidence est qu’il en est rien resté mis à part l’incantation psalmodique des presbytériens du lucre et de l’hédonisme.

Hier, il fallait sauver la république d’un projet de ticket présidentiel tendancieusement monarchique, et aujourd’hui qu’ une dynastie lui a succédé, que les opposants d’hier ont les rênes du pouvoir, disons comme Marx, à propos du coup d’État de Napoléon III quand il soutînt, dans la lutte des classes en France, qu’à la monarchie bourgeoise de Louis Philippe ne pouvait succéder que la bourgeoisie républicaine », qu’à la dévolution monarchique, à Wade prêtée, se substitua la dynastie clanique, cleptocratique et liberticide.

Prenant le soin de faire du pouvoir la force centripète où converge toute la panoplie de la bourgeoisie nationale, peu importe l’obédience ou la chapelle confrérique, c’est au nom du peuple qu’elle entend razzier les ressources nationales, caporaliser les institutions pour la sauvegarde de leur coalition et en substituant le régime de libertés en état policier.
Une alternance à la bonne franquette, que nous sommes nous bercés d’illusions à faire prendre racine de cette date et qui nous révèle au grand jour notre impotence à  » prémunir notre narratif collectif des tentations idéalistes qui le portent à négliger la confrontation avec les faits ».

Ce faisant, pour autant que le mouvement né de cette journée du 23 juin se pare des apparats de la révolution, l’alternance qui s’en s’est suivie et le mode de gouvernance y attenant nous démontrent combien les conservatismes sont ancrés dans les usages de nos classes politiques.

Tant et si bien qu’il convient de le souligner, pour en dénoncer la supercherie intellectuelle avec laquelle les préposés à la représentation, donc l’ensemble du personnel politique, sont frappés de cécité intellectuelle et de platitude morale.

Lenine avait dit à l’adresse des bolcheviks, à son retour d’exil, voyant comment une partie de la bourgeoisie russe devant l’inéluctabilité de la révolution cherchait à infiltrer le mouvement révolutionnaire, dans l’espoir de garder saufs leurs intérêts que :
« Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire. On ne saurait trop insister sur cette idée à une époque où l’engouement pour les formes les plus étroites de l’action pratique va de pair avec la propagande à la mode opportuniste « .

Or, dans le contexte d’alors, à moins de considérer les Assises nationales comme une sorte d’esbroufe, les forces politiques disposaient là d’un appendice de théorie révolutionnaire.

D’autant qu’à la même période sous nos latitudes, non loin de chez nous, dans le Maghreb, s’opérait sous nos yeux le printemps arabe, quant le mouvement des indignés s’en faisait le relais, de l’autre rive de la méditerranée jusqu’aux confins le l’Amérique du Sud.

Le doyen Dansokho, me recevant dans son salon à fenêtre Mermoz, à cette période me confessait la trouille qui habitait Tanor, Niasse et Macky. Les réunions de Benno Siggil Sénégal se tenait hebdomadairement dans son salon et donc il avait de quoi tenir.

Mieux, il m’avouera sans ambages qu’ ils redoutaient qu’ en cas de révolte populaire que Wade, disposant de l’inventaire de tous leurs biens, acquis à la faveur de leur proximité avec l’appareil d’État, n’envoie des nervis les réduire en fumée.

Ils ont réussi enfin de compte à étouffer dans l’œuf la révolution populaire, pire, par effet de ruissellement, ils ont sanctuarisé la caverne d’Ali baba dont notre État est désormais le nom. Les élus, les magistrats et la haute administration sont tous adeptes de la nouvelle trouvaille de nos imposteurs du 23 juin : le gangstérisme d’État.

Liberez Abdou Karim Guèye

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