Le contrat social sénégalais, une termitière démocratique

Karim Nitu Deug n'a pas fauté...

Karim Nitu Deug n’a pas fauté, il est victime d’une république évanescente. Les propos sont durs et peuvent être assimilés à de l’insubordination, voire même requalifiés d’apologie à la subversion.  

Par Aguibou Diallo

Seulement, il y’a d’un côté le discours et son message et de l’autre, subsidiairement, la sémiotique, c’est à dire l’étude des signes, des symboles et leur signification. Deux faits majeurs à relever et qui mettent dos à dos la république, ses institutions et le citoyen qu’est Karim.  

Il a choqué par ses propos, parce que choqué dans sa foi. Et par analogie, il méprise l’égard obséquieux, par les forces de sécurité, observé à l’endroit du drapeau autant que ceux-ci se soucient peu de la déférence due à l’appel du muezzin pour la prière. 

Sans doute, excédé par son ire, sa langue a fourché en proposant de laver l’affront, fait à la communauté des croyants par la convocation du khalife de Leona Niassène, en bottant les fesses du commissaire de police.  

Ces deux exemples extraits de son discours méritent une auscultation sémiotique.  

Ainsi, cela rendra plus perceptible le niveau de gangrène nationale dont notre République est porteuse. Cette dernière s’apparente en une juxtaposition d’individus épars et divergents moins qu’en une superstructure organique configurée en fabrique qui embrasse l’arborescence de la citoyenneté, de sa racine à ses bourgeons. 

Ici, le fait religieux, pourtant constitutionnellement consacré, s’oppose à la puissance publique, au prétexte d’une question sociale de portée sanitaire.  

Il semblerait que le désenchantement que les rendez-vous manqués avec la République, infiltrée par une bande de plouto-cleptocrates, qui l’ont rendue privative et exclusive à une poignée d’hommes et de femmes irresponsables, s’effarouche du désir et recours à la religion.  

Là encore, Marx aurait raison de dire que :  » La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ». 

Autrement dit, quand le contrat social n’assure guère la récompense du mérite, entretient de manière systémique la rupture d’égalité entre les citoyens, caporalise l’Etat pour l’assouvissement de desseins politiciens, adoube le népotisme et le clanisme, et que les citoyens renoncent par eux-mêmes à lutter contre ces dits abus, ils s’en retournent à leurs croyances religieuses. 

Et ceux qui gouvernent devraient davantage méditer sur le rejet dont leur modèle fait l’objet plutôt que de se laisser griser par ce halo de puissance qui auréole leur pouvoir, en foulant aux pieds les croyances et leurs symboles des croyants. 

Enfin, le prétexte des foucades, prêtés à Karim et l’habeas corpus qui s’en est suivi donnent à voir les zébrures qui ont pris quartier de notre termitière démocratique. 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!