Politique,  Société

Le PCF sur le passage du CFA à l’ECO; « La France ne sort pas de la logique de domination monétaire ».

Le PCF (parti communiste français) a rédigé une note -parvenue à la rédaction de Last Leaks-, sur la ratification du projet de loi autorisant l’approbation de l’accord de coopération entre la France et les états membres de l’UMOA (union monétaire ouest-africaine). Il n’a pas n’a pass manqué de dénoncer aussi bien la forme que le contenu de ce nouvel accord monétaire. « L‘étude d’impact attachée au projet de loi rassure les parlementaires sur la question des intérêts français. La coopération monétaire, anciennement liée au CFA et demain à l’ECO, est préservée… » peut-on y lire.

Roxana Seshat

Concernant ce nouvel accord de coopération monétaire entre les pays de UMOA et la France, (accord signé le 21 décembre 2019), la note du PCF le critique en deux phases: le procédé et le contenu. Voici un petit extrait de qu’elle contient.

Sur la forme, il dénonce le fait que ce soit une fois de plus que ce projet soit « construit loin des regards« . Pire encore, les communistes estiment q’u’une fois de plus, les peuples africains n’ont pas été conviés aux discussions. Ils apprendront dans la presse ce que Paris, Bruxelles et quelques dirigeants africains bien choisis ont décidé pour eux ». Concernant les signatures et ratifications , « l’accord a été signé par le Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et par l’ensemble des Ministres des Finances des États membres de l’UMOA. La ratification est en cours dans chacun de ces États. À ce stade, aucune notification officielle de ratification n’a été dressée à la France. Comme à son habitude, la France ouvre la voie, les autres suivront » commente le PCF qui par ailleurs organise un débat public sur le sujet vendredi prochain.

La ratification est en cours dans chacun de ces États. À ce stade, aucune notification officielle de ratification n’a été dressée à la France. Comme à son habitude, la France ouvre la voie, les autres suivront ».

Quant au contenu de cette réforme du franc CFA, il écrit que « l’ancrage à l’Euro est un outil essentiel de l’ingérence monétaire. La politique monétaire des pays concernés sera dépendante de celle de la Banque Centrale Européenne. Cette parité fixe a pour résultat de garder prioritaire la lutte contre l’inflation au détriment d’un véritable développement industriel, agricole et d’une politique de progrès social. La « rénovation » du CFA laisse aussi de côté la question de la transférabilité qui permet aux entreprises notamment multinationales de soustraire leurs bénéfices aux pays africains. Elle fait également l’impasse sur le manque criant
d’échanges économiques entre pays africains.
« 

« Cet accord décidé loin des peuples est rendu davantage présentable que le vieux et connoté CFA dont la survivance devenait problématique. Débarrassé de ses oripeaux, il n’en constitue pas moins un accord de domination.« 

Plus loin dans son analyse, la note dira : « la France s’est clairement invitée pour perturber le jeu. Elle a récupéré en quelques sorte le projet – y compris le nom – pour le modifier et en faire un outil au service de ses intérêts et
des intérêts européens. »
avant de poser la problématique suivante : « la question posée pour nous est la suivante : s’agit-il, avec cette fin annoncée du FCFA, de parachever la décolonisation ? Non. La meilleure preuve est toute simple, elle réside dans l’existence même d’un accord de coopération monétaire entre la France et les pays de l’UMOA. Cet accord décidé loin des peuples est rendu davantage présentable que le vieux et connoté CFA dont la survivance devenait problématique. Débarrassé de ses oripeaux, il n’en constitue pas moins un accord de domination. Si le gouvernement français voulait mettre fin au FCFA et à ses mécanismes, il se serait désengagé en menant une large concertation en amont avec les gouvernements et les peuples, leurs représentants, les sociétés civiles. Il n’y a rien de tout cela.
L’Etat français ne sort pas de la logique de domination monétaire. C’est l’occasion, 60 ans après les indépendances, d’appeler à faire un bilan pour évaluer si la perpétuation de cette coopération monétaire est nécessaire
« .

Une note que Last Leaks publiera en entier dans ses colonnes.

 

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