Le Rassemblement national a longtemps soutenu Donald Trump sans détour. Il admirait sa brutalité politique, son rapport décomplexé à l’autorité, sa manière de transformer la peur de l’autre en stratégie électorale. Le trumpisme faisait office de modèle, ou au moins d’inspiration assumée. Mais aujourd’hui, le RN se ravise.

Non pas parce que les idées ont changé, mais parce que leur application fait peur. Les méthodes de l’ICE, la police américaine de l’immigration — arrestations violentes, familles brisées, enfants séparés — ont donné un visage concret à ce que produisent ces discours lorsqu’ils deviennent politiques publiques.
Ce qui était hier une promesse abstraite est devenu une réalité insoutenable à assumer publiquement. Alors le RN prend ses distances. Il parle désormais d’État de droit, de spécificité française, de limites à ne pas franchir.
Ce recul n’est pas moral. Il est stratégique.
Trump est devenu encombrant parce qu’il montre trop clairement ce que certaines idées impliquent réellement.
Le RN n’a pas cessé d’y croire.
Il craint seulement d’aller jusqu’au bout.
