Le secteur informel et TPE/PME face au Covid-19 – La force de proposition des cadres du Pastef

Le coronavirus Covid-19 a causé une crise sanitaire mondiale qui a entraîné des conséquences désastreuses au plan économique. On parle d’ailleurs de récession en France. Naturellement l’Afrique ne sera pas épargnée. En ce qui concerne le Sénégal, des cadres du parti Pastef, des compétences dans divers domaines d’activité regroupés au sein du Moncap France (mouvement des cadres de Pastef), précisément la commission commerce entrepreneuriat et PME anticipent et réfléchissent  « à plans de soutien massifs à l’économie ». Voici la contribution qu’ils apportent, une force de proposition pragmatique pour le secteur informel.

 

  MONCAP FRANCE COMMISSION :
« COMMERCE, ENTREPRENEURIAT ET PME »

Contexte

Rappel de l’impact du Covid-19 sur l’économie mondiale :

L’année 2019 a été marquée par un ralentissement, les échanges internationaux étaient en effet fortement pénalisés par la guerre commerciale sino-américain. Le début de l’année 2020 s’annonce quant à lui catastrophique. Les mesures de confinement liées à la pandémie mondiale du Covid-19 produisent un choc aussi bien de la demande que de l’offre.
Le Sénégal n’est pas épargné et voit le nombre de cas augmenter tous les jours.  Des plans de soutien massifs à l’économie sont organisés partout à travers le monde, pour que cette crise sanitaire ne se transforme en crise économique.

Le secteur informel n’est pas épargné par cette crise sanitaire et les mesures prises par l’état du Sénégal doivent tenir compte de l’urgence des besoins. Les acteurs de ce secteur ont un besoin vital de sortir travailler, pour une grande partie la dépense quotidienne dépend de la recette quotidienne. Ainsi sans l’aide de l’état l’impasse est nettement visible : « Mourir de faim ou mourir du COVID-19 ».
Partant de là, la question à se poser est : « Quand et comment le fonds de riposte et de solidarité va leurs être alloués, sachant que le secteur informel est hors cadre réglementaire ? ». Dans le contexte d’urgence notre proposition va dans le sens des acteurs du secteur informel semi-structuré, autrement dit ceux qui sont identifiables par leur contribution à l’effort collectif de paiement des impôts locaux.

« Quand et comment le fonds de riposte et de solidarité va leurs être alloués, sachant que le secteur informel est hors cadre réglementaire ? ».

Impacts sur le secteur informel
⦁ Perte nette de revenus des travailleurs du secteur informel, liée à la fermeture des marchés hebdomadaires et quotidiens.
⦁ Fermeture anticipée des marchés à cause du couvre-feu qui engendre une forte baisse de chiffre d’affaire pour les acteurs de ce secteur.
⦁ La limitation voire l’interdiction de mobilité géographique freine l’approvisionnement de marchandises entre Dakar et le reste du pays, et risque de créer une pénurie des denrées à moyen terme.
⦁ Difficultés de mesurer ou chiffrer l’impact réel sur le secteur informel, mais aussi d’identifier tous les acteurs nécessiteux de l’aide de l’état.

Solutions préconisées pour le secteur informel

⦁ Allouer une partie des mille milliards « du force Covid-19 » au secteur informel. Ses acteurs pourront en effet être identifiés pour certains par des justificatifs comme : Bail commercial, quittances patentes, taxes professionnelles, inscription au registre de commerce des mairies ou collectivités territoriales, …etc.
⦁ Faciliter la mobilité des clients et des commerçants entre 6 heures du matin et 17 heures, afin de limiter la baisse de chiffre d’affaire liée à la fermeture anticipée des marchés.
⦁ Remboursement des taxes professionnelles et patentes payées en mars et suspension des taxes à venir, ou impôts locaux supportés par le secteur informel jusqu’à la reprise totale de leur activité.
⦁ Ouverture encadrée des marchés hebdomadaires comme à l’instar de ceux de certains pays, en prenant des dispositions de sécurité et de respect des mesures préventives.
⦁ L’état devra associer dans cette démarche les collectivités territoriales en l’occurrence les mairies qui ont un rôle à jouer dans la réglementation et la structuration des marchés, mais aussi pour mieux identifier les vrais acteurs du secteur devant être soutenus.

Impacts sur nos PME/TPE
⦁ La fermeture des frontières va fortement limiter l’approvisionnement de nos entreprises en matières premières.
⦁ Baisse de leur chiffre d’affaire liée aux difficultés à l’exportation. Mais également à la baisse de pouvoirs d’achat de nos concitoyens qui, pour beaucoup travaillent dans le secteur informel, ou sont au chômage technique.
⦁ Difficultés pour les TPE/PME de gérer leur trésorerie impactée par la forte baisse d’activité et des commandes (de la consommation), mais aussi à faire face au paiement des salaires.

Solutions préconisées pour Nos PME/TPE
⦁ Élaborer rapidement une Loi de Finances rectificative en fonction des différentes prévisions
⦁ Report des échéances sociales et/ou fiscales pendant au moins 6 mois
⦁ Remise d’impôts directs (IMF, IS, CGU, …)
⦁ Demander aux banques la suspension ou report des échéances de crédits professionnels sur 6 mois.
⦁ Garantir à hauteur de 90% des prêts de trésorerie pour les PME/TPE par le biais du fonds « Force Covid-19 », pour assouplir les conditions d’octroi de crédit.

Mesures préventives préconisées :
⦁ Fourniture par l’état des matériels de protection (masques, gants, gels hydroalcooliques, …)
⦁ A défaut, reconversion de certains professionnels de l’informel dans la confection de masques réutilisables, en respectant les normes recommandées par les spécialistes de santé. Ces masques devront être rachetés par l’Etat, pour une meilleure distribution aux citoyens.
⦁ Permettre à la police et les ASP de veiller au respect des gestes barrières dans les marchés y compris les marchés hebdomadaires qui seront autorisés à ouvrir.
⦁ Approvisionner ces marchés d’eaux, de gels hydroalcooliques ou à défaut de savons pour permettre aux clients et aux commerçants de pouvoir se laver régulièrement les mains.
⦁ Sensibiliser la population sur la nécessité de se préserver en cas symptômes liés au COVID-19, mais aussi de préserver les concitoyens.
Conclusion 
Le contexte actuel de crise sanitaire qui touche le monde et les grandes puissances, ne nous a pas épargné et doit nous pousser à repenser notre modèle sanitaire, économique et social.
Aujourd’hui le constat d’échec est bien là. L’urgence actuelle est de mener une grande réflexion rapide conduisant à des décisions sérieuses permettant de limiter les dégâts mais aussi de penser à l’après Covid-19.

  MONCAP FRANCE COMMISSION :
« COMMERCE, ENTREPRENEURIAT ET PME »

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