Le séparatisme français versus le néo-foccartisme à géométrie variable

Les français ont le colonialisme chevillé dans leur psyché.  Ils (la mainstream s’entend) sont le centre du monde, leur vérité sonne universelle et immuable,  ainsi en est-il,  tout héritiers des Lumières qu’ ils sont.

Par Aguibou DIALLO

D’un coup de chiquenaude,  ils peuvent décider que Gbagbo ou Khadafi sont des monstres et de les dégommer au nom de leur justice dite internationale,  sous coupe réglée, aux résonances purement occidentalistes.
Dans le même temps,  des Ben Ali et Compaoré, tortionnaires et sadiques dictateurs peuvent,  quant eux, bénéficier de la logistique française pour se faire exfiltrer et se sauver des serres de leurs peuples en furie, en quête de justice sociale ou de démocratie. Sans que procès ne s’en suive.
Cette même France qui vend des armes au royaume Saoudien,  le pilier du Whahabisme, bastion du terrorisme islamiste,  qu’ il utilise au Yemen contre les houthis, dont le seul tort est d’être proche du régime iranien, se prévaut d’une lutte contre le terrorisme islamiste. Elle se prétend jalousement attachée à la laïcité, dont l’équilibre serait menacée jusque dans ses fondements à cause de la présence de musulmans sur son sol,  fussent des français,  exerçant avec responsabilité la plénitude de leur citoyenneté,  quand, dans le même temps, elle laisse les princes souadiens se pavaner dans les champs Élysées,  avec épouses et esclaves, et parfois même se détourne la tête et regarde ailleurs quand ses saoudiens salafistes,  sur son sol, privatisent les plages. Le temps de leur exotisme hexagonal sans coup férir. De quel islamisme semble-t-elle combattre, quand elle fait une différenciation entre les princes obscurantistes du pétrodollars,  à qui elle accorde tout, et le citoyen français d’obédience musulmane pour lequel se loger ou trouver du travail,  en dépit d’un cursus académique correct,  relève du parcours du combattant ?

D’autre part comment peut-on expliquer le zèle employé pour mettre au ban Gbagbo en 2010, et constater un mutisme total face aux forcings de Ouattara et de Condé,  tous deux arrivés au pouvoir,  au moyen de conciliabules diligentés depuis l’Elysée,  y compris au mépris de l’expression des volontés populaires respectives ?
Les lumières qu’elle prétend répandre sur son sol et dans son pré carré africain sont infatuées de ténèbres, que seuls les imbéciles, embusqués dans les projets de civilisation eugéniques,  cherchent par une confiscation de la parole médiatique,  à faire de l’immigration et du terrorisme islamiste,  tous deux artefacts relevant d’une même logique électoraliste, les épouvantails qui cachent mal la misère sociale et culturelle dont leur politique est le sceau.A Macron qui incarne le caractère abouti ce paradoxe,  un coup encourageant la caricature jusqu’à la limite de l’insulte de la foi que partage 2 milliards de personnes et qui s’effarouche des propos, somme toute, caricaturaux de Erdogan le concernant,  faudrait peut-être rappeler la pensée de John Rawls sur la justice : « Entre les individus ayant des buts et des projets disparates, le fait de partager une conception de la justice établit les liens de l’amitié civique ; le désir général de justice limite la poursuite d’autres fins. Il est permis d’envisager cette conception publique de la justice, comme constituant la charte d’une société bien ordonnée ».
La France ne saurait se prédestiner pour elle seule les valeurs humaines qui fondent la dignité de sa nation et le refuser aux autres. Elle ne peut graver sur le marbre que les homme naissent d’égale dignité et choisir, en fonction de ses intérêts économiques et géopolitiques à qui appliquer des sanctions et qui absoudre sans nul procès.

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