Macky face à des choix cornéliens…entre traîtres masqués et rebelles

En fait durant son face à face avec la presse après son discours de fin d’année, le président Sall a rarement été aussi cash sur la question du probable troisième mandat qui continue de tracasser ses adversaires politiques. Enfermé dans des choix cornéliens…

Rokia Pédro

Macky a été honnête, du moins il a bien répondu à la question relative au probable 3 ème mandat qu’il souhaiterait briguer. Face à plusieurs dilemmes, il n’est pas certain de pouvoir le faire mais tenaillé par des incertitudes, des craintes, des suspicions…dans son entourage, il préfère maintenir le flou.
Le président est en fait entre le marteau des alliés qui portent un masque,-prêts à le lâcher adoubant déjà des candidats au sein de sa formation politique-, et l’enclume du respect de la constitution, ce qui lui ouvrirait alors une porte de sortie plus ou moins honorable vue la détermination des citoyens à ne jamais accepter l’hypothèse d’un troisième mandat.

Premier choix difficile de Macky Sall, ce serait au sujet de son actuel ministre des affaires étrangères et des sénégalais de l’Extérieur précédemment ministre de l’Économie et des Finances, Amadou Ba. Il est fortement pressenti potentiel candidat à la présidentielle de 2024 et Macky Sall ne saurait pas quelle attitude adopter à son égard: le garder pour mieux contrôler ses faits et gestes ou le démettre de sa fonction et assumer attiser une certaine adversité entre eux ?

Ensuite, concernant le pouvoir, Macky n’aurait plus envie de s’engager dans la périlleuse aventure d’un 3ème mandat. Il aurait assez taté le pouls de la grogne sociale pour savoir que, dans le peuple sénégalais, les voix qui s’élèvent contre un un pareil projet assimilé à une forfaiture, ne sont en rien comparables aux timides sorties médiatiques de quelques collaborateurs et alliés politiques qui l’encensent. Cependant, le président hésite à réaffirmer sa position jadis tranchée sur la question, -puisque que se référant à la constitution-, de peur de démotiver certains collaborateurs. « Si je dis que je ne serai pas candidat, les membres du gouvernement ne vont plus travailler, chacun va essayer de se positionner. Si je dis que je serai candidat, une vive polémique va s’en suivre »; c’est ainsi qu’il a exposé clairement son plus gros dilemme.

Enfin, Macky semble conscient que des gens dans son entourage tentent de déstabiliser son parti de l’intérieur et leurs manœuvres basses ont grandement miné l’APR. Parce que certains au sein de l’APR sont dans une posture de recyclage et se rebellent. Ils font déjà des calculs politiciens en vue de jouer un rôle dans la prochaine ère gouvernementale. Auparavant, ils adoubent des candidats et tissent leur toile; une toile dont Macky Sall ignore et redoute l’étendue. Dès lors, faut-il se séparer de tous à l’égard de qui il est soupçonneux ? Et après, comment et avec qui gérer le pays jusqu’à la prochaine échéance ? Sur quels hommes compter, qui est réellement qui?

Voilà, pour ceux qui se demandent pourquoi Macky ne siffle alors pas la fin de la récréation au sein de son parti et auprès de ses alliés. Ben, c’est simple; Macky est débordé. Il peine à résoudre ses propres équations.

 

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