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Quand le mépris de classes se confronte au mépris de races, pour un débat de formalité démocratique, d’un système électoral, ça ne peut qu’amenuiser le charme de la Démocratie. Pire, c’est la madone Mariane qui s’en découvre le buste, les deux seins dehors.

Aguibou Diallo

En effet, au populisme macronien ventant les vertus de son hypothétique et plus qu’improbable ruissellement, faisait face un populisme facho en mode ligtht.

Il n’y a pas un pour rattraper l’autre, entre le rapace aux réflexes de comptable, otage d’une logique des chiffres et une héritière blanchie sous le harnais du racisme et sublimant un monde de pureté, le tour est déjà joué.

Macron estime avoir bien gouverné et ne demande qu’à persévérer dans la voie de la diffraction du modèle État providence français, vers un ultralibéralisme abscons, mais dont les effets sont tout aussi limpides socialement.

Si bien qu’il lui apparaît quasi anecdotique, le fait que son premier mandat se fût sous les oripeaux des gilets jaunes. Les invisibles visibles sur tous les rond-point de villes et des campagnes de la France. C’est dire que la brutalité qui a caractérisé son règne n’est que l’écume qui couvre la lave ultralibérale qui consumera les petites gens.

Derrière la faconde estudiantine du débateur, bien au point sur ses dossiers, se cache le cynisme affriolant d’un tueur à gage social. Avec Macron c’est l’autoritarisme au service des nantis au dépend du petit peuple.

Quant à Marine, en dépit de ses efforts surhumains à se présidentialiser, en sus de la distance entretenue à l’égard de Jean Marie, le pater, elle s’emmêle on ne peut plus les pinceaux à trop vouloir éviter d’être Le Pen.

Entre l’Europe des Nations et le Frexit on a du mal à saisir le contenu opérationnel du projet, quand elle devise sur l’Europe c’est moins le marché commun qui l’insupporte que Schengen.

Pour le reste, elle porte un projet politique aussi libéral que son vis à vis, avec un fil rouge de racisme anti musulman. Mais en dépit de ses tâtonnements, de ses élucubrations lors de ce débat, contrairement à celui de 2017, elle a su faire bonne figure. Les sachants se rient d’elle, mais combien sont-ils de toute cette masse populeuse dont le Général se gaussait en les assimilant de veaux ?

L’un dans l’autre, quelque soit le vainqueur de cette élection, il faudra s’accorder que la balafre sarko-hollandienne de la Démocratie française, rendue plaie sous Macron, se muera inexorablement en cancer.

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