Cette année la Magal se prépare avec la même ferveur dans la diaspora. Après deux ans sans de restrictions à cause de la pandémie Covid-19, l’édition de cette année -qui sera célébrée demain dimanche- s’annonce moins contraignante. Tout de même, les organisateurs tiennent à respecter le contexte dans lequel l’on vit en Franc; lequel contexte oblige parfois dans certains lieux, à présenter un pass sanitaire pour prendre part à la célébration de l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba.  

Par Rokia Pédro

Le Kurel 18 Safar à Aulnay sous-bois : Le pass sanitaire s’invite à la célébration 

Cette année en Ile-de France, le Magal va être célébré à Aulnay-sous-Bois par l’organisation Kurel 18 Safar. Pour les besoins de cette célébration ô combien importante pour les mourides, le kurel a mis les petits plats dans les grands ! Les six grandes salles du plus grand complexe de la localité ont été réservées et vont accueillir les talibés (disciples) et invités attendus. 

L’innovation majeure de cette édition-ci, c’est que le Magal se tiendra durant la journée, de huit heures à 20 heures. Le lendemain étant ici un jour ouvrable. Seulement pour accéder aux lieux et prendre part à la fête, il faut montrer pattes blanches à travers une inscription préalable via un lien (www.18safarparis.fr/magal). 

En effet, pour respecter les mesures en vigueur en France dans ce contexte de Covid-19, les organisateurs ont tenu à imposer à tous les personnes qui se joindront à eux pour la célébration du Magal, un pass sanitaire, un certificat de guérison de moins de six mois, un certificat de vaccination ou alors à défaut, un test Pcr négatif de moins de soixante-douze heures.  

En plus de ces dispositions, ils prévoient la tenue d’un formulaire à remplir par tout le monde pour pouvoir, en cas de découverte d’une personne infectée par le virus Covid-19, déterminer les cas contacts et être en mesure de les informer comme l’exige la sécurité sociale.  

Pour l’organisation de cette édition 2021, le Kurel 18 Safar a mobilisé près de soixante mille euros mais s’était fixé un montant idéal de cent vingt mille euros.

Pour l’organisation de cette édition 2021, le Kurel 18 Safar a mobilisé près de soixante mille euros mais s’était fixé un montant idéal de cent vingt mille euros. Une somme où le Kurel a prévu de donner un hadiya au Calife général de la confrérie des mourides, Serigne Mountakha Mbacké et au calife des Baye Fall. D’ailleurs les dons continuent et ce, jusqu’au jour du Magal prévu ce dimanche 26 septembre.  

Inutile de préciser que le” berndé” (nourriture cuisinée avec soin et grande quantité) sera comme de rigueur chez les Mourides, abondant.  

A Taverny le centre islamique célèbre Serigne Touba  

À Taverny, dans le Val d’Oise, le centre islamique ne déroge pas à la règle de la célébration de ce jour du 18 safar du calendrier musulman, le retour d’exil du Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké après de longues années passé loin des siens.  

Une longue habitude ! Mais loin d’être une routine, comme l’a souligné dieuwrine Gora Diop. Le magal à Taverny se prépare dans la sérénité et la joie. « C’est une date spécifique ce qui fait tout ce que nous faisons s’inscrit dans la joie, avec beaucoup de plaisir à  le faire. C’est une manière pour nous de répondre à l’appel de Serigne Touba de la meilleure manière. Et, ce avec beaucoup de générosité,  d’aisance de joie. «  

La contribution financière des talibés est, comme il est de coutume chez les mourides déterminante. Les travailleurs participent à hauteur de trois cent cinquante euros individuellement; certains  déboursent plus.  

Et, la particularité du Magal au centre islamique de Taverny, c’est qu’en plus d’une participation financière,  les talibés(disciples mourides) emmènent de la nourriture, de délicieux mets, des boissons et toutes choses utiles pour la fête. Chacun à son niveau contribue au bon déroulement de du magal qui est une fête, une occasion de rendre grâce à Dieu en communion avec les talibés.  

« C’est une date spécifique ce qui fait tout ce que nous faisons s’inscrit dans la joie, avec beaucoup de plaisir à  le faire. C’est une manière pour nous de répondre à l’appel de Serigne Touba de la meilleure manière. Et, ce avec beaucoup de générosité,  d’aisance de joie.  » 

D’autres prennent en charge tous les travaux ( hygiène des lieux, ordre, accueil des gens etc). La cérémonie débute par une liturgie; lecture du Coran, déclamation de xassaïdes. Le moment fort de la journée est naturellement celui du berndé, presque sacré. Berndé c’est-à-dire partager de copieux mets avec les gens, bien les accueillir et offrir une hospitalité sans borne à tout le monde, dans l’humilité et la fraternité. C’est le nœud de la fête. L’aspect solidaire et fraternité sont de rigueur.  Comme à tous les magals, il est impossible de prévoir le nombre de personnes attendues. 

L’état d’esprit de jour sacré chez les mourides, c’est l’humilité dans la manière de rendre grâce à Dieu, la solidarité pour servir l’autre, la fraternité ou confraternité puisque des associations musulmanes se joignent au centre islamique pour célébrer le magal. Quant aux budget au nombre de personnes attendues,  il n’y a pas de loi du nombre. Dans la cour du centre,  le jardin qui fait plus trois mille mètres carrés sera aménagé pour accueillir les hôtes. Trois chapiteaux sont installés et répartis en trois  espaces ; un buffet, un endroit réservé aux hommes et un autre pour les femmes. La crise sanitaire étant toujours d’actualité,  à l’extérieur les gens ne sont pas soumis au port du masque même si la distanciation sociale est de rigueur et que ce lieu de culte n’est pas soumis au pass sanitaire. 

« Dans ce monde perturbé que l’on soit  présent et que l’on pense à l’humanité, à ce que l’on peut faire ensemble. La lecture que l’on peut faire c’est que dans des conditions d’impossibilité Serigne Touba a ouvert le champ des possibles.  » 

Cependant une équipe de  personnes est mise sur pied pour faire respecter le protocole sanitaire (gel hydroalcoolique, distanciation sociale et port du masque à l’intérieur). « Cela fera l’objet d’une vigilance particulière  » soulignera notre interlocuteur Gora Diop. De sept heures donc à 22 heures, les fidèles et autres invités peuvent célébrer le magal à Taverny ce dimanche 26 août. Méditations, échanges,  lecture du Coran,  déclamation de khassaïdes, zikr… « Dans ce monde perturbé que l’on soit  présent et que l’on pense à l’humanité, à ce que l’on peut faire ensemble. La lecture que l’on peut faire c’est que dans des conditions d’impossibilité Serigne Touba a ouvert le champ des possibles.  »  avant de rajouter ; 

« Tout est possible avec lui dans des périodes de chaos, dans des périodes de paix ,nous sommes des ambassadeurs de la paix.   «  

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