Cela fait maintenant vingt-sept que s’est tenu la rencontre historique entre Abdou Diouf et l’Abbé Diamacoune Senghor. Et, la Casamance continue d’espérer une paix totale, juste et assumée par tous. À l’occasion de l’anniversaire de SOS Casamance, cette lettre ouverte ( envoyée à la rédaction) refuse la commémoration creuse et la paix de façade. Elle convoque la mémoire, cite les douleurs, interroge les silences et surtout, rappelle une évidence trop souvent éludée : on ne réconcilie pas un peuple en lui demandant d’oublier.
LETTRE OUVERTE POUR LE 27ᵉ ANNIVERSAIRE DE SOS CASAMANCE
l’attention des Populations de Casamance, des Autorités, des organisations de defense des droits de l’homme, de la diaspora, et de tous les Artisans de la Paix

Il y a vingt-sept ans, le 22 janvier 1999, un souffle d’espérance traversait notre terre meurtrie. Ce jour-là, l’histoire s’écrivait en lettres de courage lors de la rencontre historique entre le Président Abdou Diouf et l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor.
Ce même jour naissait SOS Casamance, avec une mission sacrée : porter la voix des sans-voix et panser les blessures d’un conflit déjà trop long.
Vingt-sept ans plus tard, en ce 22 janvier 2026, cet héritage nous oblige.
Nous ne commémorons pas seulement une date : nous ravivons un serment de paix qui attend encore sa pleine réalisation.
Le Devoir de Vérité : Nommer pour Guérir
La paix véritable ne peut naître de l’amnésie.
Si nous rappelons aujourd’hui les noms de Babonda, Mandina Mancagne, Djifanghor, Boffa-Bayotte, Kaguitte, Dar salam , et encore, ce n’est pas pour rouvrir les plaies, mais pour permettre à la terre de cicatriser enfin.
Nommer ces lieux de douleur, c’est rendre leur dignité aux disparus, c’est transformer les cicatrices en piliers d’une mémoire collective.
La réconciliation authentique germe dans la reconnaissance partagée des tragédies.
Une Résilience enracinée dans la Culture et la Foi
L’esprit de SOS Casamance s’inscrit dans cette force inaltérable que nous avons vue lors du retour du Boukoute à Thiobon, après quarante-deux années d’attente.
C’est cette même dignité, cette même foi inébranlable que cultivait, cheikh Ousmane Sountou BADJI, Abbé Diamacoune SENGHOR, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, qui nous guide encore aujourd’hui.
Il nous ont enseigné que la paix de l’âme et la non-violence sont les remparts les plus solides contre l’oppression.
C’est dans cette lumière que nous poursuivons notre engagement.
Nos Exigences pour 2026 : Au-delà du Symbole
En ce jour anniversaire, nous affirmons que la paix de façade ne suffit plus.
Fidèles à l’esprit du 22 janvier 1999, nous exigeons :
• Un Dialogue Inclusif : reprendre le chemin de la vérité, hors des huis clos, avec l’ensemble des acteurs du conflit.
• Une Justice Transitionnelle : faire la lumière sur les massacres, libérer les prisonniers politiques, réparer les communautés brisées.
• Souveraineté et Dignité : protéger nos ressources – forêts, mines, mer – par le consentement réel et éclairé des populations.
• Liberté Totale : mettre fin à la militarisation permanente des espaces et des consciences.
Appel à l’Espérance Active
À vous, fils et filles de Casamance, de la diaspora et des maquis ;
À vous, musulmans, chrétiens et gardiens des rites ancestraux :
que cet anniversaire soit le déclencheur d’un sursaut citoyen, d’une mobilisation lucide et déterminée.
Comme l’écrivait l’Abbé Diamacoune :
« Comme son palmier, la Casamance fleurira. »
Que le souvenir de sa rencontre avec Abdou Diouf ne soit pas un vestige du passé,
mais le moteur de notre victoire future :
une victoire de la Vérité, de la Justice et de la Liberté.
VIVE SOS CASAMANCE !
VIVE LA PAIX DES BRAVES !
Fait à Paris le 22 janvier 2026
