Perdre la face devant la détermination des « religieux » ou rouvrir les lieux de culte – Macky Sall prend la parole ce soir

La gestion de crise liée à la pandémie du Covid-19 risque de perdre Macky Sall pour de vrai, éparpillé entre trop de fronts ouverts inutilement et des mesures coercitives impopulaires. Il a fini par faire se braquer les religieux, les activistes et autres organisations citoyennes dont on a arrêté -arbitrairement ? - un des leurs, Abdou Karim Guèye. 

Rokia Pédro 

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites, c’est où la mort, ou la fuite, ou la révolte. » disait Diderot, philosophe et écrivain. Son assertion de à l'époque colle aujourd’hui à la situation au Sénégal. Et, il semble que le peuple ait opté pour la dernière alternative ; celle de la révolte. Parce que sur ce coup-ci, l’État s’en est pris à la liberté de culte et a touché à la foi, domaine très sensible et un terrain ultra glissant.  
Sans conteste, la convocation de l'imam de Léona Niassène que le khalif en personne a dû accompagner à police, sûrement pour éviter le pire, a sonné le début d’une désobéissance civile dont on n'imagine pas les conséquences. 
Ça risque de péter à tout moment. Car, d’une part, à force de mesures coercitives incompréhensibles et illégitimes aux yeux de la population, les graines de la défiance sont désormais semées parmi le peuple.  
D’autre part, à la colère des familles religieuses, vient s’ajouter la rébellion silencieuse grimpante d’une certaine frange du peuple qui se sent de plus en plus opprimée et oppressée. Cela déteint d’ailleurs sur les relations très souvent heurtées entre les forces de l’ordre et les citoyens depuis l’instauration du couvre-feu. 

A Kaolack, la prière de vendredi prochain se prépare avec une telle détermination que tenter de l’interdire pourrait déclencher une sorte de guérilla contre les forces de l’ordre et le pouvoir.  

A Touba, des jeunes ont organisé un raid contre des policiers patrouilleurs dont la présence dans la ville sainte dérangerait. Parait-il, qu’ils auraient par la suite jubilé dans les rues.  

Dans la diaspora, les sénégalais s’engagement dans un combat judiciaire contre l’Etat du Sénégal. Ils se sentent discriminés et trahis par un gouvernement qui leur interdit sans fondement valable ou légal de rapatrier leurs compatriotes décidés du covid-19.   

Les restrictions sont pénalisantes, trop fermes mais surtout sibyllines et discriminatoires, donc difficile à être acceptées parce que justement, elles ne font pas écho à un enseignement religieux traditionnel ou respectueux de nos cultures et pratiques religieuses. Il s’agit d’un bras de fer le pouvoir des politiques et celui des religieux.  
Certes, Macky avait annoncé la couleur dès le début de son premier mandat, quand il rappelait que “dans la vie publique le marabout est un citoyen comme les autres” et qu’il n’était pas envisageable de leur d’accorder un statut particulier à un quelconque marabout.  

Seulement dans ce bras de fer engagé contre les religieux, Macky Sall risque de perdre la face si ce n’est déjà fait. Dans sa prise de parole de demain à 20 heures, parait-il qu’il va annoncer la réouverture des lieux de culte et réajuster les horaires du couvre-feu.   

 

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