La multiplication des frappes et des menaces dans le Proche-Orient alimente le spectre d’une régionalisation du conflit. Si les affrontements concernent principalement l’Iran et ses adversaires, l’ensemble du Golfe se retrouve placé sous haute vigilance.

Aux Émirats arabes unis, notamment à Dubaï, plaque tournante financière et logistique mondiale, les autorités ont renforcé les dispositifs de sécurité autour des infrastructures stratégiques. Aéroports, ports commerciaux et installations énergétiques font l’objet d’une surveillance accrue. Même sans frappe directe, la proximité des tensions suffit à fragiliser la confiance des investisseurs.
À Bahreïn, où se trouve la base navale de la Cinquième flotte américaine, la situation est particulièrement sensible. Toute attaque contre cette installation impliquerait automatiquement les États-Unis, avec un risque d’extension rapide du conflit.
Dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial, les compagnies maritimes adaptent leurs itinéraires et les primes d’assurance augmentent. Les marchés pétroliers réagissent à la moindre rumeur d’escalade.
Le Golfe, longtemps présenté comme un espace de stabilité économique malgré les crises environnantes, se retrouve aujourd’hui exposé à un risque militaire inédit. Une erreur de calcul, une frappe revendiquée par un acteur non étatique ou une riposte disproportionnée pourrait suffire à embraser la région.
L’équilibre est précaire. Les capitales du Golfe cherchent à préserver leur sécurité sans être entraînées dans un affrontement direct dont les conséquences seraient économiques autant que stratégiques.
