Rapatriement des corps du Covid-19- Macky calme le jeu

Nous rendons grâce à DIEU, l’Omnipotent.
Nous sommes solidaires avec les familles éplorées. Nous félicitons toutes les bonnes volontés qui ont participé à cette cause, personnes physiques ou morales, à commencer par toute l’équipe du CRC Sénégal.

Madyana DIONE

« Chaque deuil nous affecte profondément, surtout lorsqu’à cette souffrance, s’ajoute la douleur de la distance, quand le décès survient à l’étranger. / Ainsi, tenant compte de la forte demande de rapatriements de corps de nos compatriotes décédés du COVID-19 à l’étranger, et sur la base d’avis motivés que nous avons recueillis en ce qui concerne les conditions sanitaires, il sera désormais possible de procéder à ces rapatriements. »

Ainsi, M. Macky Sall vient d’annoncer qu’une « forte demande » est acceptée « sur la base d’avis motivés ».
Les félicitations qui me sont parvenues sont nombreuses, témoignant d’un l’élan de solidarité très touchant. J’adresse mes remerciements à tous mes amis de ce réseau.

Il serait difficile de discourir dans de pareilles circonstances. J’aimerais simplement commencer par le commencement.
Notre acharnement a fini par nous propulser au-devant de la scène alors même que les premiers acteurs concernés sont les familles des victimes.
Avant toute chose donc, nous sommes solidaires de leur délivrance (car il ne peut s’agir d’une véritable joie pour quelqu’un qui a perdu un proche). Je me retiens de sourire car il s’agit d’un bien triste sujet. Tout le mal qu’on souhaite à ces familles est d’accomplir enfin les dernières volontés de leurs défunts.
A côté d’elles, il y a d’autres qui ont voulu, mais n’ont pu, attendre la levée de la mesure. J’ai une pensée pour ces familles, à qui on ne pourrait faire le reproche d’avoir un sentiment d’insatisfaction en raison du caractère tardif de cette mesure, qui n’aurait dû jamais être prise !

En attendant, de pouvoir lire les événements avec sérénité et une certaine froideur, ma formation de juriste me pousse à tourner mon regard du côté de la Cour suprême.

M. Macky Sall a parlé « d’avis motivés ». Oui en effet ! Toutefois, nous n’avons rien enseigné à l’Etat, mieux outillé que nous, simples citoyens. Tout avis motivé sur la question se fonde sur des recommandations et des directives datant des 10 derniers jours du mois de mars. C’est-à-dire, bien avant le 7 et le 9 avril, dates où l’interdiction du rapatriement est survenue.
Pis, dans ces conditions, comment comprendre que le « risque plausible » tiré d’une controverse scientifique dont nous parlait le juge des référés de la Cour suprême, pas plus tard que le jeudi 7 avril, se soit subitement volatilisé ce soir du 11 mai ?

C’est alors une certaine honte qui m’envahit car c’est la crédibilité de ma spécialité même qui est ainsi mise en cause une énième fois. Notre Cour a fait de la figuration, et la mauvaise.

En tant que politiquement engagé, je ne peux non plus me retenir de déplorer quelque peu le silence des « grands » leaders politiques de ce pays, à qui, je continue malgré tout d’accorder le bénéfice du doute. Je m’en limite là…

« Victoire » est, pour ma part, un bien grand mot ce soir, aussi parce que, à chaque moment, je privilégie une approche globale des causes de notre peuple.
Même si le rapatriement est ENFIN autorisé, je ne peux non plus « jubiler » sans conscience du sort de notre population, à la suite des nouvelles mesures pour une nouvelle phase (pouvant durer, dans le meilleur des scénarios, jusqu’à 4 mois, selon M. Macky Sall).

C’est ici que je me permets d’appeler mes compatriotes de l’intérieur à davantage de solidarité avec l’extérieur dans les temps difficiles. J’ai ressenti, par moment, de la solitude, de la frustration, de voir notre cause tombée dans une certaine indifférence (j’ai même eu un grand mal à convaincre les gens qui me sont les plus proches).
Sans solidarité entre nous, à l’intérieur comme à l’extérieur, il est illusoire d’espérer endiguer les projets néfastes à notre société. Je l’ai maintes fois répété, il n’a jamais été question de sacrifier la santé publique au nom d’un droit au rapatriement. Pareille posture est incompatible avec notre démarche. Nous ne vous abandonnerons pas.

Madyana DIONE,
Le 11 / 12 mai 2020.

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