Recrudescence de la violence envers les femmes : « le problème au Sénégal, c’est ça reste un tabou »

La violence est une atteinte à l’intégrité physique psychologique et l’équilibre sociale dans toutes les sociétés, mais au Sénégal nous avons le chic de minimiser les faits et les victimes sont des laissées-pour-compte. Les médias dévoilent quotidiennement les faits divers mais on parait insensible voire blasé du fait de la banalisation et la fréquence de ces actes ignobles.

Maimouna Dia

Si on se fie au rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2013, 35 % des femmes dans le monde sont victimes de violences physiques conjugales, ou des violences sexuelles exercées par autrui. Les femmes et les filles sont les plus exposées car 50 % des violences sexuelles touchent les moins de 16 ans et 60 % sur celles âgées de 18 ans. Selon une étude de la Banque mondiale
60 % des femmes sénégalaises ont avoué avoir été victimes de violences conjugales.

Ces statistiques, que j’utilise avec des pincettes, dépeignent toutefois l’importance de ces violences, dont les causes peuvent decouler du chômage, de la précarité, de l’alcoolisme ou de troubles psychologiques de l’auteur. Lorsqu’on creuse un peu les antécédents personnels de violences, de brimades dans l’enfance ou une prise de substances psychotropes peuvent expliquer ces gestes d’une ignominie sans nom. Tout ceci mélangé aux raisons individuelless, relationnelles, communautaires et sociétales qui amplifient le phénomène. Le problème au Sénégal est que ce sujet reste tabou.
Nos faisons preuve d’ignorance lorsque nous affirmons que « … nous les femmes mariées, sommes obligées de nous soumettre aux exigences de nos époux car ils détiennent la clé du paradis… ».

Pendant longtemps les écrits relatifs au mariage en Islam évoquaient les droits et devoirs de chacun. Pourtant le mariage religieux ne peut perdurer sans les principes fondamentaux que sont l’amour, la bienveillance, le partage, la compassion, le don de soi en évitant d’écraser ou se soumettre à l’autre.

La violence physique et psychologique ne doivent pas avoir lieu si l’on s’inspire du meilleur d’entre nous le Sceau des Prophètes sws.

Le travail des tribunaux consiste à analyser ces violences, en mesurant la manière dont les populations réagissent face aux mauvais traitements infligés aux victimes. Pour lutter contre ce fléau une sensibilisation est primordiale: Chefs religieux badienou gox éducateurs doivent jouer le jeu.

Cela evitera de trouver des excuses sont pour justifier la violence subie, notamment fustiger l’inceste, comdamner l’alcoolisme qui permet de justifier les vilains geste et se cacher derrière des forces maléfiques.

En ce qui concerne les filles qui sont contraintes par le chantage ou autres formes d’intimidation par leurs bourreaux, si on recherche l’origine du problème il se trouve parmi les membres de la famille ou du voisinage qui ont une ascendance sur elles. Par crainte d’être jugées, elles s’isolent dans un mutisme causé par la honte et la crainte d’être rejeté (grossesse, perte de l’hymen sont très mal reçus par les proches qui n’hésitent à les rendre responsables). Hélas ce n’est pas le pire.

On recense également des cas de viols auprès de personnes à mobilité reduites ou atteintes de troubles mentaux, les agresseurs n’ont pas besoin d’user de la force et ne se gênent pas pour récidiver.

Continuons à vivre dans le déni et à inverser les rôles, le jour où les scandales éclatent au grand jour, on taxe les victimes d’aigries ou de dérangées, alors que c’est notre société qui est extrêmement violente.

Maimouna Dia

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