Réforme du franc CFA – « Un grand coup de théâtre, l’ECO est une arnaque absolue! »

David Foka, ministre de l’Intérieur de la 6eme région d’Afrique : La réforme de du CFA; un grand coup de théâtre, L’ECO est une arnaque absolue!

La rupture avec le franc CFA, « une réforme historique », « un grand pas », -fait par les africains-, est annoncée, en grande pompe, par Macron et Ouattara. Et, dans la diaspora, activistes, économistes et autres intellectuels réagissent à cette de la monnaie coloniale que d’aucuns qualifient  » de mascarade « .

Rokia Pédro

David Foka, Ministre de l’Intérieur chargé de la diaspora dans le gouvernement de la sixième région d’Afrique, une structure créée, pour une meilleure prise en charge des préoccupations des africains de la diaspora rejette cette monnaie qui, selon lui, demeure le CFA mais avec une appellation différente. Il se pose des questions  » le nom a changé, on ferme le compte d’opérations? Mais l’Eco va t’il être une monnaie à parité fixe avec l’euro ? Si oui, c’est là une grande partie du piège. Quelle est la garantie de la France, c’est pour l’arrimer à l’euro ? Est- ce possible de changer l’Eco contre n’importe quelle devise ? » et se projette déjà vers une nouvelle dévaluation de la monnaie désormais ex CFA; « de quels leviers vont disposer les Etats africains pour dévaluer ou réévaluer cette devise ? »
Autant d’interrogations qui font dire à David Foka qu’il ne s’agit en réalité que d’une coup de théâtre.
C’est qui l’a amené à se demander à quand la fin de la fabrication d’une monnaie africaine par la France, la fin des comptes d’opérations, la fin de l’intrusion française dans les politiques économiques des pays de l’Uemoa.

Il s’agit bien d’un plan prévu de longue date et d’une efficacité à toute épreuve. On précipite un accord monétaire alors qu’on sait que ce type d’accord met du temps à être lancé. Et une fois les billets imprimés sur une zone aussi vaste, ça devient difficile de changer. Alors il reste à la France à piloter ça dans l’ombre, sans l’encombrant Franc des Colonies Françaises d’Afrique.

« Je ne suis pas dans le secret de ce nouvel accord, poursuit-il, le Nigeria et le Ghana ont beaucoup pesé dans cette décision. La seule erreur, c’est la parité part rapport à l’Euro. La garantie financière apportée par l’Etat Français est un point à éclaircir par ailleurs. Cela peut signifier une possible incursion de l’Etat Français dans l’économie des pays de la zone concernée par cette monnaie. L’ECO est une arnaque absolue. Malgré des avancées de façade, l’essence de la supercherie demeure. La France se porte garante d’une devise qui ne la concerne pas, au nom de quelle logique ? Et, une parité fixe avec l’euro, pourquoi alors qu’il s’agit d’espaces économiques différents ? » Et, le ministre chargé de la diaspora de continuer, « en fait, les biens vont continuer à aller dans le sens Sud-Nord contre une devise qui n’a de valeur que pour ceux qui l’utilisent. De toutes les façons, on ne pourra toujours pas échanger de fCFA contre des Yens. De plus, ils embarquent les défauts de l’euro sans les mécanismes de soutien, quelle absurdité! Ensuite, deux zones économiques africaines ne peuvent toujours pas échanger de devises. En fait, cette devise est isolée et demeure l’antichambre africaine du franc français. Il s’agit juste d’isoler structurellement et durablement les pays pour mieux en tirer partie ».
David Foka, ainsi que beaucoup d’africains, sont d’avis qu’ « il s’agit bien d’un plan prévu de longue date et d’une efficacité à toute épreuve. On précipite un accord monétaire alors qu’on sait que ce type d’accord met du temps à être lancé. Et une fois les billets imprimés sur une zone aussi vaste, ça devient difficile de changer. Alors il reste à la France à piloter ça dans l’ombre, sans l’encombrant Franc des Colonies Françaises d’Afrique ».
Le combat contre le franc CFA qui devient Eco va donc se poursuivre d’après des critiques de cette monnaie dite néo-coloniale. Puisque tous estiment qu’il ne s’agit que d’un changement de nom. « Ceux qui pensent que le combat se trouve au niveau du nom de la devise, du lieu d’impression se trompent. Le combat est dans les mécanismes sous-jacents. Un affranchissement monétaire sera effectif quand ça sera l’Afrique seule qui va décider de ces sujets. La France vient garantir quoi là dedans ? Les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » rajoute notre interlocuteur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!