Senegal- Climat politico-social; « Ce qui nous perd en politique c’est l’ambition démesurée, qui ne s’accompagne pas de vision »

Ceux qui ont indexé le système pour accéder au pouvoir usent de beaucoup de stratagèmes, pour s’y maintenir coûte que coûte. Servir notre nation et non s’enrichir doit être la mission de représentant du peuple, hélas seuls le clientélisme et l’amateurisme gangrènent les hautes sphères du pouvoir.

Maimouna Diop Dia

Ce qui nous perd en politique est tout simplement l’ambition démesurée, qui ne s’accompagne pas de vision et de concrétisation. Le prototype connu jusqu’ici était la personnalité politique charismatique qui effaçait sciemment les potentiels remplaçants, au point de transformer sa formation politique en un comité populaire orphelin.

Les cadres du partis doivent pouvoir remplacer un candidat empêché, en s’appropriant le projet commun et en transmettant la vision de manière digeste, voici les seules ambitions qui devraient constituer le combat politique.

Les comportements individualistes et opportunistes qui ont permis d’asseoir la corruption, le mensonge, haine des uns contre les autres, rivalités pour le pouvoir sont vieux comme le monde. Avec l’avènement du capitalisme ces vices ce sont accentués au point de déteindre sur les activités humaines avec le profit comme leitmotiv. Ce fameux système dont les rouages échappent au contrôle de la plébe est la cause de cet échec cuisant de nos dirigeants.

Kant nous décrit la politique comme « un projet moral à l’échelle de l’histoire de l’humanité, destiné à la faire progresser vers plus de moralité à travers un droit doté d’une signification morale essentielle ».

On peut consacrer toute une vie à mener un combat politique avec l’ambition de mettre en application sa vision et un réel projet de société en plaçant l’humain cœur.

Rousseau vient compléter cette vision en décrivant la république comme « moyen de régénérer un homme que la propriété privée, avec les inégalités de toutes sortes qu’elle entraîne, avait dégradé et rendu mauvais. »

Rétablir l’ordre social doit se faire par le biais de la justice, la redistribution équitable nos ressources. Un dirigeant doit assurer les fonctions régaliennes, donc agir en bon père de famille sinon nous pouvons être sur que l’état tombera en faillite.

Karl Marx dans son analyse matérialiste de la politique nous décrit les dommages collatéraux liés à la lutte des classes, et pense que la politique doit « transformer le monde », pour réhabiliter l’humanité et le faire échapper à la dictature de l’argent qui « noie tout dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

Pour changer les choses soyons déjà prêts nous-mêmes. Assainissons les cœurs et regardons dans la même direction. L’époque où la politique était un moyen de promotion sociale est désormais révolu, ayons les moyens de nos ambitions politiques. Quand on est sincère dans son engagement, la gratification par un titre doit s’accompagner de travail et d’abnégation.

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