La classe politique et intellectuelle de ce pays s’est de tout le temps joué du peuple.

Par Aguibou Diallo

Manifestation des sénégalais à Paris contre le régime de Macky Sall (samedi 6 mars 2021)

Elle n’a jamais cherché à être une force de transformation pour sa jeunesse, ses douleurs, ses peines, ses rêves et ses aspirations ont servi de matrice à échafauder toute une liturgie démagogique, d’un discours faisant le lit de la démagogie, grâce à laquelle, elle ont réussi à repousser l’échéance de leur déchéance. Notre salut.


Oui, ils nous ont prouvé, de Senghor à Macky, que leur bien être ne saurait être exaltant qu’à l’aune de leurs îlots de prodigalité dans cet océan de misère que nous leur servons.
Quel observateur attentif ou historien des idées peut être surpris de ce qui survient en ces heures sombres qui traversent le Sénégal?
La fin de règne du régime de Wade, dont le discrédit commençait à germer à l’aube de l’instrumentalisation des audits comme moyen de coercition favorable à la transhumance politique, préfigurait d’un désir d’éthique, de respect des citoyens, et du sacre de l’égalité entre les citoyens.
Et mal nous a pris d’avoir porté, à sa suite en 2012 à la tête de ce pays, le prototype abouti du parvenu scélérat, caractéristique de toutes les tares conjurées de l’homosénégalensis, happé par le tourment du complexe d’infériorité vis-à-vis de la France et de l’occident, épris de la contre culture de la laudation, entretenue et maintenue par le Ngéweul touch, dont les plus en vue sont les communicateurs traditionnels.
Ceux là qui ont dévoyé la fonction sociale et symbolique du Griot, dépositaire de la mémoire et de l’éthique de responsabilité, pour l’engoncer dans la promotion du larbinisme rémunérant et de la corruption chevaleresque des agents de l’Etat.

Comment organiser l´après Macky


Aujourd’hui l’opportunité nous est offerte de dégager toute la classe politique et de bâtir un contrat social nouveau qui garantisse à tout sénégalais ses droits sociaux, économiques et politiques.
Pour ce faire, la condition sine qua non demeure le départ non négociable de Macky, avec lui la dissolution des institutions existantes. Ensuite, mettre en place un gouvernement de transition, pour une durée d’un an, composé de personnalités ou de figures aux qualités irréprochables, attestées par leur parcours au service de l’Etat.

Un gouvernement de transition en attendant…


Ce gouvernement n’aura pour mission que de gérer les affaires courantes de l’Etat, nul en son sein ne pourra se prévaloir d’ambition politique post crise, c’est le seul gage et la seule garantie pour nous éviter un coup fourré.
Enfin, pendant que le gouvernement de transition assure la continuité de l’Etat, convoquer les états généraux pour un contrat social sénégalais post sénghorien, dont la vocation sera d’organiser le mode de dévolution des pouvoirs, quelqu’ils soient, du conseiller municipal à la présidence de la république, sous le contrôle des citoyens, avec un pouvoir de révocation consacré.
Le pouvoir au peuple ne doit plus être un slogan incantatoire d’un chant de campagne électoral, il doit se refléter dans l’esprit et la lettre du contrat social à venir.
N’est ce pas Norbert Elias qui nous a appris que « le processus de monopolisation des moyens de coercitions psychiques passe par la monopolisation de la coercition physique » et il ajoute que « chez les peuples démocrates du Nord, la crainte d’une révolution de leurs peuples est le mobile inconscient qui inspire les gouvernants à se conformer à l’Ethique »
De cette crise doit fondamentalement ressortir un changement de perspectives chez tout aspirant à gouverner la cité, craindre la foudre populaire et s’attacher impérieusement au souci de consolider l’observance du plus haut respect et de la plus haute déférence en direction de l’intérêt général.

By Rokia Pédro

Sans prétention aucune, j'ai toujours adoré faire part de mes coups de gueule, coup de cœur, de mes analyses, de mes mécontentements, de mes peurs ou craintes et de mes opinions aux autres. En tant que journaliste, blogueuse et activiste, comment ne plus m'impliquer dans ce qu'il se passe dans mon pays ? Alors, pour paraphraser Marguerite Duras: "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". A un moment donné, se taire c'est tout simplement être complice. Or, ma plume s'avère mon arme, avec elle j'espère donc, jouer ma partition dans cette vaste opération entreprise par tous les patriotes de mon si cher Sénégal, pour l'extirper de mains de ces politicards qui ne font que servir leurs propres intérêts. Sur Last Leaks, la parole est donnée aux experts dans leurs domaines respectifs: politique, économie, géopolitique, santé, sport... Bonne lecture.

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