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Les pluies des derniers jours ont plongé Dakar, la capitale sénégalaise dans des inondations un peu partout dans la ville et sa banlieue causant regrettablement des pertes en vie humaines. Jusque dans les quartiers huppés, l’eau a causé beaucoup de dégâts matériels. Abdoulaye Makhtar Diop, actuel Grand Serigne de Dakar a fait de sérieuses révélations au cours d’un entretien accordé à des journalistes.
Roxana Seshat

Abdoulaye Makhtar Diop qui a été directeur général de la SONEES ( société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal ) jusqu’à sa privatisation en 1996 s’est prononcé sur les inondations à Dakar de manière générale mais surtout sur celles de la zone dite de captage. Selon lui, l’appellation zone de captage veut tout dire. « Dire zone de captage c’est une phrase incomplète. Cette zone est dénommée en effet zone de captage des eaux pluviales. Quand j’étais le directeur général de la SONEES, l’amicale des cadres de la SONEES et des inspecteurs des impôts et domaines étaient venus me voir. Ils m’ont dit vouloir mon autorisation afin de faire un lotissement de la zone de captage pour ensuite la découper en terrains et y construire des maisons pour les cadres. J’ai refusé. Je leur ai répondu que je ne pouvais pas le faire puisqu’ils savaient que cette zone est prévue pour le captage des eaux pluviales. C’était prévu pour les eaux qui arrivaient puisque infiltrer la zone, passer par l’autoroute afin de se diriger vers l’usine de traitement juste à côté, en face de l’actuel EMG ».

En d’autres termes, il s’agit bien d’un périmètre de terrain inhabitable normalement mais où, finalement par on ne sait quelle alchimie, des gens ont construit des maisons et immeubles. ce qui fera dire à Abdoulaye Makhtar Diop qu’il s’agit là « d’une faute d’Etat extrêmement grave. La preuve, lorsque l’on construit Patte-d’Oie la zone de captage existait pourtant, mais ils n’y ont pas construit. Pourquoi? C’est parce que la nature des sols n’est pas pareil. Là (zone de captage) il s’agit d’une zone d’infiltration parce que l’avenue Bourguiba, s’appelait jadis, la route des pluies. C’est elle qui vient jusqu’à la zone de captage. Quand il pleut, tous les bassins versants convergent vers là-bas. C’est là où ils ont construit des maisons, vendu les terrains qu’ils se sont partagés. Je le dis clairement que c’est extrêmement grave.

Ces gens là (Ndlr ceux qui lui avaient demandé l’autorisation de lotir la zone) sont encore vivants et ils se reconnaitront. Ils m’ont proposé à l’époque vingt, trente à quarante parcelles mais j’ai refusé. Ils sont là, ils me connaissent et je les connais aussi. C’est je suis parti qu’ils se sont partagé la zone. Et, ce ne sont pas que ces gens là; la direction d’alors et l’Etat aussi en font partie. C’est ça la vérité. J’étais le directeur de la SONEES jusqu’en 1993. C’est quand j’ai quitté qu’ils en ont fait des parcelles qu’ils se sont partagées. c’est pourquoi d’ailleurs en 2012, les eaux étaient avaient traversé l’autoroute pour aller jusqu’à la cité Belle Vue. La centrale de Bel Air qui a été endommagé, c’était à cause des eaux de la zone de captage. Donc on de devait pas construire dans cette zone ».

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