Les pouvoirs au sens foucaldien du terme ont dressé les mûrs de séparation en lieu et place des passerelles et ponts qui devaient raffermir nos transactions intra muros.

Par Aguibou Diallo

Mais c’est parce que notre État n’est qu’un appareil de profits au service de profiteurs, et donc détourné de sa vocation de personnalisation juridique de la nation, que prospère la logique de cristallisation des identités particulières.

Le corporatisme est le levain par lequel se construisent les identités dans cette société et, disons le, dans cette représentation l’Etat dépasse à peine l’abstraction qui la caractérise. Sa matérialité, faute d’assumer ses plénitudes régaliennes, se confine à l’impéritie de sa camarilla, en charge de sa direction. Si bien que la juxtaposition de ces communautés établies dans cet espace territorial,  dit Sénégal, artefact s’il en est du traçage des frontières de la conférence de Berlin de 1884/1885, en fonde son existence.

De quel ordre juridique avons nous fait allégeance et accordé notre loyauté,  en contre partie de notre Sécurité ?

Les juristes nous disent que L’Etat se définit par un territoire, habité par une communauté et qui est soumise à un ordre juridique qui la régit. Mais de quel ordre juridique avons nous fait allégeance et accordé notre loyauté,  en contre partie de notre Sécurité ?

Ses concepteurs se sont ils prémunis, en le fondant, des tentations idéalistes qui portent à négliger  la confrontation avec les faits ?

La réponse est évidemment négative,  puisqu’à l’observation des faits,  nous voyons le plaquage d’un modèle jacobin hexagonal, dont l’émergence procède d’une historicité, marquée par une procession de ruptures alternant République et Restauration monarchique, mais surtout triomphant sur les logiques et perceptions du moins rivales, sinon concurrentielles telles que : les girondins, les orléanais et montagnards, pour ne citer que celles là.

Comment à travers ses démembrements et son déploiement,  l’administration peut et doit créer les conditions d’émergence d’un vivre-ensemble, fondé sur l’existence d’un citoyen dé-territorialisé…

Pour le cas du Sénégal,  en particulier  et les États anciennement colonisés par la France en général,  ils se sont précipités à maintenir une administration à la finalité spoliatrice et d’essence corruptogène, à moins de trouver une vertu civilisatrice à la colonisation,  en lui assignant une vocation de régulation et de maintien de la cohésion nationale,  sans au préalable avoir réglé la question qui vaille.

A savoir,  comment à travers ses démembrements et son déploiement,  l’administration peut et doit créer les conditions d’émergence d’un vivre-ensemble, fondé sur l’existence d’un citoyen dé-territorialisé, autrement dit affranchi de tout ancrage privatif qui le confinerait dans un espace clos, aux antipodes de la concorde nationale ?

Nous nous enfonçons dans les sables mouvants du schisme et du communautarisme qui profitent aux mercenaires politiciens, détournant la légitimité populaire et la légalité…

Voilà une approche épistémique qui semble avoir échappé à la vigilance de nos corps constitués qui relèvent de l’administration du Sénégal.
Pire, nous nous enfonçons dans les sables mouvants du schisme et du communautarisme qui profitent aux mercenaires politiciens, détournant la légitimité populaire et la légalité représentation à leur profit propre.

Les confréries religieuses sont partie intégrante de notre corpus social et sociétal, leurs partisans ainsi que le reste forment la communauté nationale, c’est reconnu par la charte fondamentale,  mais au surplus pas un périmètre administratif ne leur est consenti.

Et Dieu sait combien d’hommes et de femmes valeureux qui font notre fierté, à tout point de vue,  sont issus de leurs centres de formation.  Seyda Mariama Niass, Al Makhtoum ou encore Serigne Mourtala Mbacké,  qu’Allah soit satisfait d’eux, ont rayonné dans le monde et valu au Sénégal une source intarissable de respect. 

Pour leur investissement dans la prise en charge de l’éducation des masses et leur implication à l’autonomisation de celles-ci au plan économique et social,  à leurs frais,  disons le, sans risque de tombe dans la propagande,  qu’ ils ont été plus utiles que tous les ministres des gouvernements successifs.

Malheureusement,  la kyrielle de réactions faisant suite à la radiation abusive de ce flic,  a été encore une occasion  manquée pour poser un débat de fond.

Et malheureusement,  la kyrielle de réactions faisant suite à la radiation abusive de ce flic,  a été encore une occasion  manquée pour poser un débat de fond,  quant au narratif national qui doit servir de socle,  à partir duquel notre administration, bras armé de l’Etat,  tire sa légitimité de service public,  au profit et pour le bien-être TOUS.

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