Depuis l´appel à la résistance du président du Pastef, les arrestations tous azimuts se multiplient du côté des pro-Sonko. Des actes qui peuvent être appréhendés comme une chasse à l´homme dans l´ »armée des ombres » Pastefienne. Cependant, est-ce suffisant pour démobiliser la troupe, désamorcer la bombe ?

Roxana Seshat

Publication d´un militant du Pastef

La rafle pour intimider

e message de Sonko n´est pas tombé dans l´oreille d´un sourd. Avec l´écho retentissant qu’il a connu auprès de ses militants, -même au-delà, jusque dans les flancs de l’opposition et dans la diaspora sénégalaise-, sans doute la météo sociale des prochains jours est préoccupante. Le climat déjà tendu devient, au rythme des arrestations de militants du Pastef, soutiens ou supposés pro-Sonko, chaque jour un peu plus délétère. Il y a trop de nuages à l’horizon et tous les ingrédients sont réunis pour des lendemains orageux, surtout si cette rafle des pro-Sonko se poursuit.

Dix-sept femmes qui ont cherché à se rendre au domicile de Sonko qui sont arrêtées et conduites à la police, gardées à vue depuis lors, sans permettre, pas même à une délégation de femmes, de surcroit des députés du peuple, de leur rendre visite au commissariat pour s´enquérir des conditions de leur détention. Déférées au parquet, elles sont sous la menace de “troubles à l´ordre public”, “ attroupement sur la voie publique”…
Ensuite, des étudiants militants du Pastef à l´UCAD de Dakar sont cueillis au campus universitaire par des agents du COUD, remis à la police puis détenus dans un commissariat. 
A cela s´ajoutent les arrestations de cinq membres de Pastef dans le Sud à Sédhiou dont la responsable de Djiguène Pastef Fatou Bintou Diedhiou. Auparavant à Dakar la capitale, des activistes comme Assane Diouf, Abdou Karim Guèye, le syndicaliste Dame Mbodji, l’enseignant Jean Ousmane Biaye et d’autres citoyens viendront grossir les rangs. Des arrestations préventives au sein de l’ ”armée des ombres” du Pastef pour casser la dynamique de résistance ?

Vers l´affrontement inévitable ?

Freiner les ardeurs des Pastéfiens ? Peine perdue, serait-on tenté de dire d’après certaines leurs publications sur les réseaux sociaux où ils semblent s’être approprié les mots de leur leader tels ; “ Rien ne résiste à la volonté et au courage. Travaillons à vaincre nos peurs.”

Qui peut donc présager de la suite de ce feuilleton socio-politique ou politico-judiciaire Adji Sarr / Sonko ? Au vu du contexte actuel ; ce bras de fer engagé par le chef du Pastef avec les autorités politiques, combiné aux assauts résistants de ses militants et de leurs soutiens qui ne se cachent pas d’organiser une résistance quoi qu’il leur en coûte, le mortal kombat est quasi inévitable. Dans l’entourage d’Ousmane Sonko, il se susurre que ce dernier est prêt à laisser sa vie dans ce combat contre Macky Sall qu’il a clairement identifié comme l’unique adversaire qui tente de le liquider. “cette fois-ci pour liquider un adversaire politique Macky Sall devra se salir les mains”.

Et du côté du pouvoir, le mot d’ordre semble être fermeté, si bien que Abdou Mbow 1er vice-président de l´Assemblée Nationale et en même temps porte-parole de l’APR (parti au pouvoir), l´a rappelé au cours de son passage à l’émission “Grand Jury” à la radio RFM de Dakar ; “tant que le président Macky Sall sera à la tête de ce pays, personne ne va déstabiliser ce pays. Le président de la République à travers son gouvernement prendra toutes les mesures pour que force reste à la loi.” Faut-il comprendre que d’autre arrestations de militants, de responsables politiques, d’anonymes vont se poursuivre malgré la tension qui règne ?
Le pire est à craindre.

 

By Rokia Pédro

Sans prétention aucune, j'ai toujours adoré faire part de mes coups de gueule, coup de cœur, de mes analyses, de mes mécontentements, de mes peurs ou craintes et de mes opinions aux autres. En tant que journaliste, blogueuse et activiste, comment ne plus m'impliquer dans ce qu'il se passe dans mon pays ? Alors, pour paraphraser Marguerite Duras: "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". A un moment donné, se taire c'est tout simplement être complice. Or, ma plume s'avère mon arme, avec elle j'espère donc, jouer ma partition dans cette vaste opération entreprise par tous les patriotes de mon si cher Sénégal, pour l'extirper de mains de ces politicards qui ne font que servir leurs propres intérêts. Sur Last Leaks, la parole est donnée aux experts dans leurs domaines respectifs: politique, économie, géopolitique, santé, sport... Bonne lecture.

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