Vaccin contre le Covid-19 – Entre  méfiance et suspicion

La longue controverse des vaccins tests 

Il a suffi que le président Sénégalais Macky Sall, déclare sur sa page Twitter prendre part à l’appel lancé par ses homologues pour un vaccin gratuit et accessible à tous pour que soit remis au goût du jour la polémique des vaccins tests en Afrique… Les démons de la suspicion sortis par la porte, revenus par la fenêtre… 

Roxana Seshat 

Plus de 150 personnalités internationales ont lancé un appel pour un accès pour tous du futur vaccin contre la Covid-19, en prélude à la réunion virtuelle des ministres de la santé dans le cadre de la 73e assemblée mondiale de la santé prévue demain 18 mai. 

Cela intervient aussi au moment où, le géant pharmaceutique français Sanofi, a annoncé qu’il distribuerait un éventuel vaccin en priorité aux Etats-Unis parce ces derniers ont beaucoup soutenu la recherche avant de se rétracter pour tenir un langage beaucoup plus diplomatique. Car, le président Serge Weinberg a  recadrer ses collègues et rassurer que le vaccin sera un bien commun. 
Au même moment aussi, l’essai clinique européen nommé Discovery qui était destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19 n’a pas était concluant, ne donnant pas les résultats escomptés. 

Faut-il le rappeler, cet essai clinique est coordonné par l’Inserm, le même Inserm qui a lancé au mois de mars dernier, un programme appelé Aphro-Cov piloté par REACTing et bénéficiant d’une subvention de la part de l’AFD d’un montant de 1,5 million d’euros, pour un dispositif qui concerne le Sénégal, le Mali voisin et trois autres pays africains que sont le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon. Evidemment, officiellement, il s’agit d’un programme qui comporte un dispositif d’alerte précoce, des services cliniques et qui va se baser sur une sensibilisation et une communication renforcée auprès de la population.  
Sauf que l’Inserm se base aujourd’hui sur plusieurs études qui suggèrent que les vaccins BCG et celui contre la polio pourraient avoir des effets positifs sur des infections, notamment sur celle liée au Covid-19. Et, en début du mois d’avril dernier, la discussion sur le plateau de la LCI de Jean-Paul Mira, chef de la réanimation à l’hôpital Cochin, à Paris avec Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm; – «Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c’est fait d’ailleurs sur certaines études avec le sida, où chez les prostituées : on essaie des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées»-, avait suscité un tollé sur la toile et fait réagir beaucoup de monde en Afrique et dans sa diaspora. Par la suite, cela avait donné lieu à une grande mobilisation et des appels à la vigilance et à un refus systématique de tout vaccin de la part des gouvernements concernés. Depuis lors, c’était l’accalmie.  

Seulement là, la sortie du président Sall a remis au goût du jour l’histoire des vaccins tests en Afrique. Sur la toile, la controverse a repris de plus belle. Tout porte à croire que les démons de la suspicion sortis par la porte reviennent par la fenêtre.

Enfin, l’appel de ces personnalités publiques internationales pour un vaccin accessible à tous est une initiative louable, mais concrètement, on sait que ce n’est pas forcément le souci des géants de l’industrie pharmaceutique.   Questions; quand le vaccin sera trouvé, chez qui le tester? Ensuite qui aura la primeur? Combien de temps va t-il falloir pour qu’il soit accessible à tous, surtout en Afrique?

 

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