La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis, sur ordre de Donald Trump, marque une dérive très grave dans les relations internationales. Sous quelque prétexte que ce soit — lutte contre le narcotrafic, défense de la démocratie ou sécurité régionale — rien ne justifie qu’un président américain décide unilatéralement d’intervenir militairement sur le territoire d’un pays souverain et d’en extraire de force son chef d’État.
Par Rokia Pédro
Le Venezuela est un État indépendant, reconnu comme tel par la communauté internationale. En agissant sans mandat international, sans cadre juridique clair et en dehors de toute instance multilatérale, Donald Trump, à l’aise, a sciemment bafoué les principes fondamentaux du droit international. Cette opération relève moins de la justice que de la loi du plus fort, imposée sans concertation ni respect des règles communes.

Ce qui inquiète davantage, c’est la posture assumée de Donald Trump, convaincu d’être au-dessus de tout, s’arrogeant le droit de décider seul du sort d’un peuple et de son avenir politique. Le président autoproclamé du monde ? En prétendant « prendre en charge » le Venezuela (comme un papa), il renoue avec une logique impérialiste que l’on croyait révolue, où la souveraineté des États devient variable d’ajustement selon les intérêts des grandes puissances.
Qu’on apprécie ou non Nicolás Maduro, la question n’est pas là. Aucun dirigeant, aussi contesté soit-il, ne peut être capturé par une puissance étrangère sans que cela ne crée un précédent dangereux. Aujourd’hui le Venezuela, demain quel autre pays ? En affaiblissant le droit international, Donald Trump fragilise l’équilibre mondial et ouvre la voie à une ère où la force primerait définitivement sur le droit.
Ce qui s’est produit au Venezuela n’est pas un acte de justice, mais un acte de domination. Et face à cela, le silence ou la complaisance équivaudraient à une approbation tacite.
