Dans un entretien publié par The New York Times, le président américain Donald Trump a affirmé que la supervision des États‑Unis sur le Venezuela pourrait durer bien plus longtemps que quelques mois, déclarant que « seul le temps dira » combien de temps Washington continuera à dicter les décisions du pays après la capture de son président.
Interrogé sur une durée possible — trois mois, six mois ou un an — il a répondu : « Je dirais beaucoup plus longtemps » et évoqué la perspective de reconstruire le pays « de manière très profitable ».(Apa.az)

Cette déclaration survient après une opération militaire spectaculaire menée par les forces armées américaines début janvier, au cours de laquelle le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés à Caracas et emmenés aux États‑Unis pour être inculpés, notamment pour narcotrafic et possession illégale d’armes.(Apa.az)
Pour Trump, cette implication prolongée des États‑Unis se justifie par la nécessité de « nursing le pays » — c’est‑à‑dire de le remettre « en santé » avant toute élection — et par la lutte contre le narcotrafic, qu’il qualifie de menace directe pour les États‑Unis.(ynetglobal) Il a également expliqué que un groupe de hauts responsables américains superviserait l’implication de Washington dans la politique vénézuélienne.(ynetglobal)
Le gouvernement vénézuélien, de son côté, dénonce une « attaque terrible » qui aurait fait au moins 100 morts et de nombreux blessés, civils et militaires, lors de l’assaut américain. Le dirigeant déchu et son épouse auraient été blessés, mais se trouvent désormais aux États‑Unis où Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal de New York.(CNEWS)
Mais cette approche a provoqué une vive réaction internationale. De nombreux experts, responsables politiques et organes de défense des droits humains estiment que cette intervention constitue une violation flagrante de la souveraineté nationale du Venezuela et du droit international, qui interdit l’usage unilatéral de la force contre un État souverain sans mandat clair d’une instance multilatérale.(Human Rights Watch)
Même si les autorités américaines prétendent que ces actions visent à aider le peuple vénézuélien et à promouvoir une transition démocratique, la réalité est que le président Trump agit comme s’il était au‑dessus des règles qui régissent les relations internationales, se forgeant une autorité quasi‑incontrôlée sur un pays étranger. Cette dynamique ne peut qu’affaiblir l’ordre mondial fondé sur le respect des États souverains et ouvrir la voie à d’autres interventions unilatérales sous des prétextes variés.
De plus, la stratégie américaine inclut la gestion des exportations de pétrole vénézuélien, l’un des principaux atouts économiques du pays, et une série de mesures destinées à contrôler ou exploiter ces ressources « indéfiniment », selon plusieurs déclarations de responsables.(The Guardian)
Dans le contexte actuel, le silence ou la complaisance face à cette situation reviendrait à accepter qu’une puissance puisse imposer sa loi au détriment du droit international, une perspective qui devrait alerter toutes les nations attachées à la souveraineté et à l’équité dans les affaires internationales.
