
Gros plans insistants, ralentis déplacés ou prises de vue en contre-plongée : la manière de filmer les athlètes féminines est désormais remise en question. L’Union européenne de radio-télévision, en collaboration avec European Athletics, a publié un guide destiné aux réalisateurs, cadreurs et photographes. Son objectif : recentrer la couverture médiatique sur les performances sportives et non sur le corps des compétitrices.
Ces recommandations demandent notamment d’éviter les plans prolongés sur certaines parties du corps, les images prises par-dessous ou derrière les athlètes ainsi que les ralentis sans intérêt pour la compréhension de l’épreuve. Les plans larges, montrant la technique, le mouvement et l’ensemble de la performance, doivent être privilégiés. Les images détournées de leur contexte peuvent en effet être diffusées sur des sites pornographiques ou utilisées pour harceler les sportives en ligne.
Au Japon, la lutte contre le voyeurisme a également pris une dimension technologique. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, plusieurs athlètes japonaises ont porté des tenues conçues par l’équipementier Mizuno. Leur tissu absorbe une partie des rayons infrarouges afin d’empêcher certains appareils de faire apparaître les sous-vêtements ou les formes du corps.
L’information est donc vraie, mais elle rassemble deux initiatives distinctes : un textile japonais expérimenté en 2024 et de nouvelles recommandations européennes sur les prises de vue, publiées en 2026. Dans les deux cas, le principe demeure le même : montrer des championnes pour leurs exploits, et non transformer leur corps en spectacle. (Reuters, Le Monde)
