
Bassirou Diomaye Faye. Ils lui demandent d’entendre le cri du cœur de citoyens sénégalais à part entière et d’aider à apporter des réponses concrètes à ces besoins essentiels devenus urgents.
En 2026, des populations de Kolibantang et des localités environnantes vivent toujours sans eau potable, sans électricité, sans routes praticables et sans poste de santé pour recevoir les premiers soins. Face à cette situation, plus de 675 Sénégalais établis en France et dans plusieurs pays d’Europe se sont regroupés au sein d’un mouvement provisoirement baptisé « L’Espoir de la commune de Kolibantang ». Leur objectif : interpeller les autorités et obtenir enfin des réponses concrètes à des besoins devenus urgents.
Rokia Pédro
Ils vivent et travaillent loin de la Casamance, dans le sud du Sénégal, mais n’ont jamais oublié la terre dont ils sont originaires. Mamadou Diébaté et El Hadji Biaye, tous deux installés en Île-de-France, sont à l’origine de cette mobilisation.
Kolibantang : en 2026, jusqu’à quand vivra-t-on sans eau, sans électricité, sans routes et sans poste de santé ?
Kolibantang est une commune située dans la région de Sédhiou, dans le département de Goudomp, non loin de Tanaff. Le nom choisi pour le mouvement porte une attente profonde, mais aussi un véritable cri du cœur. Car dans cette commune et les localités environnantes, il manque encore des services essentiels à la vie et à la dignité des populations.
Dans cette partie de la Casamance, l’accès à de nombreux villages, comme Maka, Kéracounda, Katabina ou Bagadadji, ainsi qu’à la localité voisine de Diannah Malary, reste très difficile. Les routes sont parfois inexistantes, dégradées ou tout simplement impraticables. Dans ces conditions, les déplacements les plus ordinaires deviennent une véritable épreuve.

Aller travailler, vendre ses produits, accompagner un enfant à l’école ou conduire un malade vers une structure sanitaire impose souvent de parcourir de longues distances dans des conditions extrêmement pénibles.
Derrière ce manque d’infrastructures se cachent des réalités humaines. Des femmes doivent aller chercher de l’eau loin de leur domicile. Des familles vivent encore sans électricité. Des malades doivent attendre avant de pouvoir recevoir des soins. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont particulièrement exposés aux conséquences de cet enclavement.
Face à cette situation, Mamadou Diébaté et El Hadji Biaye ont décidé de ne plus rester les bras croisés. Autour d’eux, la mobilisation a grandi. À ce jour, le groupe rassemble plus de 675 personnes. Ses membres échangent régulièrement des idées et réfléchissent ensemble aux solutions susceptibles d’améliorer les conditions de vie dans leur commune et les localités environnantes.
Cette mobilisation témoigne de l’attachement de la diaspora à sa terre d’origine. Elle traduit également sa volonté de participer au développement local. Mais les membres du mouvement connaissent les limites de ce qu’ils peuvent accomplir seuls. Ils peuvent se mobiliser, proposer des idées, alerter, rechercher des partenaires et réunir les bonnes volontés.
Cependant, construire des routes, électrifier des villages, raccorder des localités à l’eau potable et édifier des postes de santé relève avant tout de la responsabilité de l’État.
C’est pourquoi L’Espoir de la commune de Kolibantang tend la main aux pouvoirs publics. Le mouvement appelle les ministres, les directeurs des services concernés, les élus ainsi que tous les responsables compétents dans les domaines de l’eau, de l’électricité, de la santé et des infrastructures routières à se saisir de cet appel afin de faire enfin bouger les choses.
La démarche ne se veut ni conflictuelle ni politique. Elle est avant tout un appel à l’écoute, au dialogue et à l’action. Les membres du mouvement souhaitent travailler avec les autorités et accompagner les projets susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Ils espèrent également que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sera particulièrement sensible à leur situation. Car les habitants de Kolibantang, de Maka, de Kéracounda, de Katabina, de Bagadadji et des autres localités concernées sont des citoyens sénégalais à part entière. Ils doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits et de la même attention que tous les autres citoyens du pays.
Ces populations ne réclament ni privilège ni faveur. Elles demandent simplement à pouvoir boire une eau saine, éclairer leurs maisons, circuler sur des routes praticables et accéder rapidement à des soins lorsqu’elles sont malades. Elles demandent que leurs enfants puissent grandir dans de meilleures conditions et que leur lieu de naissance ou d’habitation ne les prive pas des services essentiels auxquels chaque Sénégalais devrait avoir droit.
Le nom du mouvement résume à lui seul toute cette attente : l’espoir. L’espoir de voir l’eau potable arriver dans les foyers. L’espoir de voir l’électricité éclairer les villages et permettre aux enfants d’étudier dans de meilleures conditions. L’espoir de disposer de routes fonctionnelles pour désenclaver les localités. Et surtout, l’espoir de voir construire un poste de santé capable d’accueillir les malades et de prendre en charge les premières urgences.
À travers cette initiative, El Hadji Biaye, Mamadou Diébaté et les centaines de personnes mobilisées rappellent que vivre loin de son pays ne signifie pas oublier ceux qui y sont restés. La distance est même devenue une force pour se rassembler, alerter les autorités et porter la voix de leurs familles.
Aujourd’hui, L’Espoir de la commune de Kolibantang lance un appel solennel aux autorités sénégalaises. Plus de 675 personnes se sont déjà réunies autour de cette cause. Elles attendent désormais que leur mobilisation soit entendue et qu’elle débouche sur des décisions concrètes. Car l’espoir ne peut pas rester seulement un nom. Il doit maintenant se transformer en actes.




