Carcassonne : des policiers municipaux filmés tenant des propos racistes, sexistes et complotistes
Une caméra-piéton restée allumée à l’insu d’un brigadier-chef a enregistré une patrouille de la police municipale de Carcassonne, le 6 novembre 2025. Durant plusieurs heures, des agents ont multiplié les insultes racistes, les remarques sexistes et les déclarations complotistes. Une enquête judiciaire est désormais ouverte.
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Les paroles sont d’une extrême violence. Dans une vidéo révélée par Midi Libre, des policiers municipaux de Carcassonne emploient à plusieurs reprises des termes injurieux visant les personnes noires et maghrébines.

Le journal affirme avoir consulté près de six heures d’enregistrements et en a diffusé un montage d’environ cinq minutes. On y entend principalement un brigadier-chef déclarer qu’il n’en peut plus des « bicots » et des « nègres ». Le mot « bougnoul » serait prononcé au moins sept fois dans le seul extrait rendu public.
Lorsqu’une automobiliste téléphone après avoir possiblement percuté quelqu’un ou un animal, les agents plaisantent sur l’éventualité qu’il puisse s’agir d’un migrant. L’un d’eux imite ensuite un accent africain. À un autre moment, un policier affirme commencer à « devenir raciste », tandis qu’un collègue qualifie ouvertement son chef de raciste.
Les échanges enregistrés ne se limitent pas au racisme. Ils comportent également des propos misogynes, des attaques contre « l’extrême gauche », une remise en cause des tortures commises pendant la guerre d’Algérie, un appel à la dictature ainsi que des allusions à la fausse rumeur complotiste concernant le genre de Brigitte Macron.
La caméra-piéton du brigadier-chef, qu’il croyait avoir éteinte, a filmé la patrouille au moins entre 18 h 15 et 21 h 30. Les images montrent l’intérieur du véhicule de police, plusieurs rues de Carcassonne ainsi qu’un passage près du 3ᵉ régiment de parachutistes d’infanterie de marine.
Face à ces révélations, le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête. La municipalité a qualifié les propos d’« inacceptables » et annoncé l’engagement de procédures et de sanctions. Le principal agent mis en cause, qui participait bénévolement au service d’ordre du Rassemblement national, a également été exclu du parti et de ses fonctions bénévoles. Le Monde, RTL
Cette affaire pose désormais une question centrale : comment des agents chargés de protéger toute la population peuvent-ils exercer leur mission lorsque leurs propres conversations révèlent un tel mépris envers une partie des citoyens ?







