Du 29 septembre au 2 octobre 2026, le siège de l’UNESCO à Paris accueillera la « MOST Social Transformations Week ». Pendant quatre jours, cette rencontre internationale entend rapprocher la recherche scientifique, l’expérience des populations et la décision politique, à un moment où les sociétés sont confrontées à des mutations profondes et souvent brutales.

Rokia Pédro
Inégalités persistantes, dérèglement climatique, révolution numérique, migrations, vieillissement des populations ou encore fragilisation du lien social : les transformations du monde s’accélèrent. Mais les politiques publiques suivent-elles réellement le rythme de ces bouleversements ? C’est tout l’enjeu de la Semaine des transformations sociales organisée, du 29 septembre au 2 octobre 2026, au siège de l’UNESCO, place de Fontenoy à Paris.
L’événement s’inscrit dans le cadre du programme intergouvernemental MOST, consacré à la gestion des transformations sociales. Son ambition est aussi essentielle que difficile : faire sortir les travaux des chercheurs des bibliothèques et des universités pour les mettre entre les mains de ceux qui gouvernent. Autrement dit, transformer la connaissance en décisions concrètes et les constats en actions publiques.
La rencontre devrait réunir des chercheurs, des responsables politiques, des institutions internationales, des représentants de la société civile et différents acteurs de terrain. L’objectif est de croiser les regards sur des réalités qui ne peuvent plus être étudiées séparément. La pauvreté influence l’accès à l’éducation ; le changement climatique provoque des déplacements de populations ; les inégalités numériques renforcent les exclusions déjà existantes. Derrière les statistiques, ce sont toujours des vies humaines qui basculent.
Pour les pays africains, cette réflexion revêt une importance particulière. Le continent connaît une croissance démographique rapide, une urbanisation parfois mal maîtrisée, un chômage important chez les jeunes et une vulnérabilité accrue face aux conséquences du changement climatique. Pourtant, les politiques élaborées à l’échelle internationale continuent trop souvent d’être pensées loin des populations auxquelles elles sont destinées.
La Semaine MOST devra donc aller au-delà des déclarations de principe. Car le véritable défi n’est plus seulement de comprendre les transformations sociales, mais d’empêcher qu’elles ne creusent davantage les inégalités. Cela suppose d’écouter les territoires, de prendre en compte les savoirs locaux et d’associer les citoyens aux décisions qui engagent leur avenir.
L’UNESCO présente sa Maison de Paris comme un lieu de coopération internationale, de dialogue et de partage des connaissances. Du 29 septembre au 2 octobre, cette vocation sera mise à l’épreuve des urgences sociales. Il faudra surtout que les réflexions menées dans les salles de conférence trouvent, demain, un prolongement dans la vie réelle.





