PARTI PRIS — Le diffuseur public néerlandais AVROTROS refuse de participer à l’Eurovision 2027, pour la deuxième année consécutive. Il dénonce le maintien d’Israël dans le concours malgré la guerre à Gaza, mais aussi l’absence de règles claires permettant d’écarter les pays engagés dans un conflit. La décision définitive des Pays-Bas appartient désormais à la NPO, qui pourrait confier la participation à un autre diffuseur.

R.Pédro
Ce nouveau boycott n’est pas un simple incident. Il révèle la lente dénaturation d’un concours créé en 1956 pour rapprocher les nations, célébrer leur diversité et faire progresser la coopération télévisuelle. L’Eurovision devait permettre aux peuples de se rencontrer par la musique. Il devient un champ de bataille diplomatique où les chansons passent après les drapeaux, les alliances et les intérêts des États.
La contradiction est devenue trop grande. La Russie a été exclue après l’invasion de l’Ukraine. Israël reste admis malgré la catastrophe humanitaire à Gaza et les accusations d’instrumentalisation politique dénoncées par plusieurs diffuseurs. En 2026, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Islande avaient déjà boycotté le concours.
Chaque année, l’Eurovision perd ainsi un peu plus de sa valeur et de sa raison d’être. Les votes géopolitiques, les campagnes d’influence et les polémiques ont relégué la musique au second plan. On prétend encore être « unis par la musique », mais l’unité ne peut pas reposer sur des règles variables selon les pays.
En refusant de servir de caution à cette incohérence, AVROTROS pose la seule question qui compte : que reste-t-il de l’Eurovision lorsque la musique ne suffit plus à garantir l’équité ?




