Parti-pris – audience Serigne Mountakha Mbacké avec Sonko

La rencontre d´Ousmane Sonko avec le calife de Touba, fait jaser. Pourtant elle se résume à un entretien truffé de conseils de bon gouvernement, pour l´aspirant au pouvoir que le chef du Pastef est. Un sermon du calife qui a été d´une sagesse pratique inédite et qui a donné à chaque mot utilisé, tout son sens. A l’eau la menace Pastéfienne d’une « deuxième vague »?

Rokia Pédro

Le calife des Mourides reçoit Ousmane Sonko

Ce qu’il faut retenir de la visite de Sonko à Touba ; c’est que le chef du Pastef doit faire attention à la « manière d´aspirer au pouvoir ». C’est sans ambages, condamner la violence durant ces jours d´émeutes sur tout le territoire sénégalais au mois de mars passé ; violences urbaines durant lesquelles de jeunes sénégalais ont péri et où, pour la première fois en public, Ousmane Sonko a reconnu sa responsabilité, même si c’était à demi-mots.

Le saint homme a été d´une sagesse pratique inédite. Il est clair qu’il a regretté la mort de 14 jeunes sénégalais durant ces violences urbaines jusqu’à rappeler ce que prévoit l´Islam en cas d´homicide, -« la vie humaine est sacrée. La sentence de quiconque tue une personne c’est d’aller en enfer. A fortiori, s’il s’agit d’un musulman”-, condamné la violence et mis en garde quiconque cherche à instaurer la fitna.

En clair, il serait plus judicieux pour quelqu´un qui aspire à diriger le Sénégal, de ne pas prendre son parti des conflits, et autres violences de la vie sociale et politique.

Dans sa courtoisie légendaire, Serigne Mountakha s’est adressé à Sonko avec des paroles qui devraient trôner dans tous les salons de politiciens. Il s´agissait en réalité, d´un cours magistral sur la voie idéale ou adéquate à emprunter pour conquérir le suffrage des Sénégalais, afin de plus tard, gouverner sereinement, selon les recommandations de la république et selon celles de la religion de l´islam, pour la sauvegarde de la paix, de la justice. Le processus mis en œuvre pour l’accession au pouvoir est plus qu’important ; il est par la suite déterminant surtout dans les rapports avec les citoyens ou les gouvernés.

Voilà, des paroles de paix et d’humanisme qui doivent trouver échos en chacun de nous.

Et, comme le disait Hannah Arrendt; « Le règne de la pure violence s’instaure quand le pouvoir commence à se perdre »… et « La violence peut détruire le pouvoir, elle est parfaitement incapable de le créer ».

Enfin, à ceux qui menacent le pays d´une probable deuxième vague, plus dévastatrice etc, le projet est peut-être à l´eau. En tout cas pour l´heure, le climat ne s´y prête pas du tout.

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