Échange entre un camerounais et Macron au salon de l’agriculture- Activiste et larbinisme diffus

Le président Macron s’est vu interpellé par un activiste camerounais au salon de l’agriculture de Paris. Le prétexte d’une dénonciation des crimes d’État contre les populations anglophones du Nord servit d’accroche à un dialogue, pour le moins tragicomique.

Par Aguibou Diallo

Disons que monsieur Jupiter dont les dérives ultra libérales aux visées anti sociales, billes en tête, qui fonce en dépit et malgré les résistances du front social dans son attentat contre le système de retraite par répartition, a trouvé dans cet échange de quoi enivrer son voluptueux penchant monarchique. Le roi se vit grand, haut et surélevé devant le serf soumis jusqu’à l’aplatissement, adulant jusqu’à l’adoration son bourreau jupiterien.
« J’ai donné des instructions fermes au président Biya », s’est-il précipitamment extasié, de conter à son gueux d’interlocuteur et d’activiste camerounais, s’il en est un. Poussant le ridicule jusqu’à la lisière du sordide, Macron fera la leçon de démocratie à son requérant à propos de l’ambivalence de ses postures. Et à raison. En effet, nous ne pouvons demander à la bienfaitrice France de remonter les bretelles à nos potiches de dirigeants quand en même temps, on leur fait un procès en sorcellerie d’adouber ces mêmes potiches. Notre répulsion se fait à la carte et selon la distance vis à vis du monarque jupitérien: la bile au loin et obséquieux et servil de près. Telle est la nature ambiguë de la révolte en mode tempête de bassine dont se distinguent les néo-activistes. Demander à l’oppresseur de retrouver une conscience morale soudaine face à la froideur architecturale du système mortifère qu’il entretient pour garantir sa survie. Ce camerounais vient encore démontrer, si besoin, que les nègres ne savent pas quoi faire de la liberté. Puisqu’en definitive entre la liberté et la soumission, les africains, y compris chez les soi-disants combattants de la liberté, les choix se confondent synthétiquement. Cheikh Hamidou Kane, ici, aurait raison d’extirper la lucidité devant deux termes d’un même choix.
Comment ne pas penser au massacre du PPC, parti du peuple camerounais, par l’armée française en 1959, quand ceux ci, de guère las des abus du système colonialiste français, prirent les armes pour s’en défaire ?
Dès lors, n’est il pas risible d’entendre de la bouche d’un des descendants de ce peuple martyr du colonialisme français dire au président de la France que « la France est un pays de droit ».

Tiens, du Droit parlons en un peu. Qu’advient-il de Sarkozy qui a empoché les fonds lybiens, pour financer sa campagne présidentielle et, une fois élu, ourdit le plus grand crime contre le guide de la révolution lybienne? Sans coup férir.
Il est tristement dommage et dommageable que la libération de la parole se fasse profitable aux idiots qui ignorent pour qui la démocratie est plus qu’un vecteur d’abroutissement qui les enfonce plus loin dans les abysses de l’abîme, qu’il ne saurait leur être vertu et élévation intellectuelle, organique s’entend.
Quant à Macron, il vient à nouveau démontrer son attachement aux codes de l’ancien régime sous la férule d’une démocratie en paille. Le dialogue ne lui réussit pas, car il est est à fleuret moucheté devant la contraction. Le style directif lui correspond à merveille et il regrette que la France multiculturelle, plurielle et d’opinions protéiformes lui soit insoumise et rebelle. Il peut donner des instructions aux potiches de dirigeants d’Afrique, couvrir dans le même temps des délinquants comme Benalla, encourager la mise à pied d’un syncaliste de la police, Alexandre Langlois, parce qu’il dénonce les dérives autoritaires de sa gouvernance. Par la pression que le gouvernement exerce sur les hauts fonctionnaires de la police, le bidouillage des chiffres de la délinquance et leur corollaire: le taux de suicide élevé dans les rangs des forces de sécurité françaises ; Macron peut-il vraiment faire la leçon aux dirigeants africains ?
Mais hélas, Cheikh Anta Diop, à son corps défendant, serait au regret de constater la surdité obsessionnelle de ses descendants. N’avait il pas constaté l’inanité des peuples longtemps asservis, niés et méprisés à se saisir de leur Liberté et donc à tout ignorer de la dignité ? Il disait que ceux-là sont comme les esclaves de maison à qui on aurait accordé la liberté, après une longue période de captivité, une fois libérés et arrivés au bas de l’escalier, s’en retournent auprès de leur maître, parce qu’ils ne savent quoi faire de la liberté. Voilà à quoi renvoie cette vidéo de cet activiste camerounais au salon de l’agriculture de Paris. Une insulte à la mémoire du PPC et de Félix Moumié tous morts par la seule volonté de la France.

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