Le Pr Bitjong Ndombol, analyse ,les données du Covid-19

Le Pr Bitjong Ndombol, analyse ,les données du Covid-19

Bitjong Ndombol est un professeur de mathématiques? Il enseigne dans des université à travers le monde, participe à des thèses dont une qu’il a soutenue en 2008 (Les propriétés homologiques des algèbres elliptiques de petite dimension). Il est actuellement le doyen de la faculté de Mathématiques à de l’université de Yaoundé 1. Il analyse ici, les données statistiques du Covid-19, l’évolution de la pandémie en Afrique, notamment le cas du Cameroun.

Je vais essayer d’être le moins «matheux» possible. Tout le raisonnement que je vais t’exposer repose sur les résultats statistiques réalisés dans les pays ayant déjà subi le Covid-19.

Personnellement, dans cette lutte contre le Covid-19, je crois que les Pouvoirs Publics se trompent totalement.
Mais le gouvernement, composé principalement de «Littéraires», fait difficilement confiance aux «Scientifiques».

Voici les données statistiques de base : avec 65 millions d’habitants en France et 23 millions au Cameroun.
1) Les études épidémiologiques ont montré que 98% de la population atteinte ne développera aucune maladie, reste 2% (soit au maximum 1.300.000 pour la France et 460.000 pour le Cameroun).
2) Les mêmes études ont aussi montré que dans cette tranche, 10% développeront une forme sévère (soit 130.000 pour la France, et 46.000 pour le Cameroun).
3) Les mêmes études ont montré que la tranche (0-60 ans) n’est menacée que pour les personnes développant les antécédents sévères (diabète, tension artérielle, très gros fumeurs).
4) Les mêmes études montrent que 90% des personnes développant la maladie au point d’en mourir sont du 3em âge. Nous reviendrons plus loin sur cette donnée.
5) Notre faible espérance de vie (58 ans) fait que nous avons à peine 1% de personnes (les plus de 75 ans) qui «intéressent» le Covid-19  (230.000), tandis que, en France, avec leur belle espérance de vie (79 ans), près de 30% de la population est concerné (18.000.000).

Dans un essai intitulé «À QUAND LA FIN DE L’ÉPIDÉMIE À CORONAVIRUS AU CAMEROUN ?», le Dr Roger ETOA, Médecin de Santé Publique, nous dit que «le taux de reproduction de l’épidémie (R0), nombre de personnes qu’une personne peut infecter par jour pendant une épidémie, est par exemple de 15 pour la rougeole, 5 pour les oreillons, 3 pour EBOLA et 3 pour le VIH, etc… ».
La société occidentale est très isolationniste, au contraire de nos sociétés, très communautaires, où la proximité est la règle . Et le mode de contamination (moins de 50 cm) avec lequel nous voyons se répandre cette épidémie ailleurs nous fait penser à un taux de contamination minimum de 05 à 6 personnes par jour chez nous. Avec l’extrême promiscuité dans nos écoles, marchés, lieux de cultes, associations, taxis, motos et autres transports en commun, ce chiffre devrait même être beaucoup plus élevé.

Mais prenons l’hypothèse la plus basse, à savoir 01 contamination par jour et par personne contaminée.
Le ovid-19 s’introduit au Cameroun le 21 février 2020. Les mesures gouvernementales de blocage de l’épidémie sont prises le 20 mars 2020, soit 26 jours après.
Statistiquement, le nombre de personnes minimales contaminées, ce jour-là, était déjà de 1x2x2x2x…x2 (25 fois, ou encore 2 puissance 25). Ce qui donne 33 554 432, chiffre supérieur à la population camerounaise.
Ce chiffre veut tout simplement dire que, à la date du 20 mars 2020, dans les principales villes du Cameroun (Douala, Yaoundé, Bafoussam, Maroua, Bamenda et autres, qui représentent 70% de la population), la contamination était déjà à plus de 90%. Même en baissant les campagnes pour la moitié, soit 45%, on a : 0,7×0,9 + 0,3×0,45 = 0,765, soit 77%
Donc, au moment où le gouvernement prend ses 13 premières mesures, (parce qu’il vient de voir qu’on le fait ailleurs), c’est, en fait, plus de 77% de la population camerounaise qui est déjà contaminé. Et comme, malgré ce taux élevé, il n’a pas beaucoup de malades (à peine 800), on peut conclure que la population était en passe d’être immunisée.
«Vos calculs sont faux, me dira-ton, sinon on verrait plein de cadavres dans nos morgues. Pourquoi?»
Eh bien, pour une raison simple : pour une fois, notre « MISERE» est venue à notre secours.
Développons la 5em donnée statistique plus haut.
Nous avons à peine 1% de personnes (les plus de 75 ans) qui « intéressent » le covid-19 (230.000 env.), contre 18.000.000 en France. Et nous devons «cette chance» à notre système de santé presque inexistant.
En croisant les 2em et 4èm données statistiques, nous voyons que nous avons un maximum de 4.600 personnes à protéger, contre 360.000 en France.
Comme tu me l’as demandé, je t’épargne du reste des «longs calculs barbares».

Ces calculs aboutissement aux résultats suivants :
a) Nous avons peu de personnes (à peine 4.600) qui pourraient développer une forme sévère de la maladie, dont près de 90% de «Vieux».
b) Mais nos «Vieux» (à peine 1%), véritables Rescapés d’une rude sélection naturelle impitoyable, ne sont arrivés à cet âge que principalement grâce à leurs «défenses naturelles», qui continuent à les protéger. Ce détail (apparemment insignifiant) est en train de faire toute la différence en ce moment, entre le taux de mortalité de nos «Vieux» et ceux de l’Occident. Aussi nos «Vieux» n’ont pas besoin de protection particulière.
c) Il nous reste 460 personnes pour la tranche (0-60 ans). En Occident, avec leur bon standing de vie, les gens développent plus des maladies telles que le diabète ou la tension artérielle. En temps normal, avec leur bon système de santé, ils gèrent cet état, sans problème. Mais le virus, inconnu, est venu taper dans ce tas.
C’est d’ailleurs dans cette catégorie que la menace plane sur nous. Mais là encore, la sélection naturelle a déjà fait «une bonne partie du sale boulot», et donc, même nos diabétiques résisteront beaucoup mieux. Donc, nous n’aurons pas plus du quart, 115, qui y passeraient. En fait les calculs poussés montrent que nous ne devrions pas dépasser 50.
A partir de mon développement, évaluons un instant l’impact des mesures gouvernementales :
a) L’arrêt des cours dans les écoles : les statistiques ont montré que la tranche (0-40) ans n’est pas du tout concernée par la maladie, mais la répand plutôt.
Si tu reprends nos calculs concernant la propagation de l’épidémie (en 26 jours, 33 554 432 au Cameroun), en France, où l’épidémie se répand beaucoup moins rapidement, même en divisant par 2, on a 16 777 216, soit 25% de la population, contre 77% au Cameroun. Donc la France renvoie les enfants à domicile, pour que la progression vers 50% soit lente, et que ceux-ci évitent de trop vite contaminer les vieux. Alors que nous, nous sommes déjà à 77%, donc en passe d’acquérir, comme le disent les spécialistes, une immunité collective, et que nos vieux ne risquent rien. Alors pourquoi les enfants sont à la maison ?
b) Le port des masques : La mesure du P.M. instaurant le port obligatoire de masques à partir du 13 avril est médicalement contre-productive, parce qu’elle empêche les 20% restants de vite acquérir une immunité, et donc prolonge artificiellement l’épidémie.

Cette démonstration est valable pour tous nos pays pauvres d’Afrique Noire. Si tu en doutes encore, voici une illustration de ma démonstration.
Pâques était le 12 avril 2020. Le covid-19 est apparu au Cameroun, le 22 février 2020. Soit 50 jours exactement.
• à 50 jours, la France (avec son très bon confinement), comptait déjà plus de 6.000 morts.
• à 50 jours, le Cameroun (avec tout le désordre et sans confinement) compte à peine 12 morts.
Si tu en doutes toujours, dis-moi alors d’où vient cette différence criarde, alors que, de par notre organisation sociale, nous répandons beaucoup plus le covid-19 qu’en Occident?

En définitive, nous pouvons dire que le covid-19 est une maladie pour pays riches : Plus un pays est pauvre, plus il en est épargné. Devons-nous pour autant nous en réjouir ? Pas du tout ! parce que cette démonstration aboutit à une conclusion encore plus sombre pour nous.

En effet, à cause de notre système de santé défaillant, avant l’arrivée du covid-19, la sélection naturelle a déjà exécuté le «sale boulot», en décimant tous les organismes faibles.
Et ce sont les Rescapés de cette hécatombe que le coronavirus rencontre.
Et ces rescapés, avec des défenses naturelles bien en place, et qui se fichent du coronavirus.

Telle est la triste réalité de l’Afrique Noire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!