Lutte contre le covid-19 – La balle désormais dans le camp des religieux  

Le pouvoir religieux face au coronavirus

A la dérobade ou une reculade ; Macky Sall aurait assez jaugé le climat social et subi une grosse pression des religieux pour finalement lâcher un peu du lest en allégeant les mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre la propagation du covid-19. Soit. Toujours est-il que désormais, la responsabilité individuelle de chaque sénégalais est engagée mais particulièrement celle des leaders religieux. Désormais, plus que jamais, ils ont un rôle déterminant à jouer dans la gestion de cette crise sanitaire. 

Par Rokia Pédro 

La disgrâce a été évitée de justesse par le pouvoir qui allait engager un bras de fer risqué contre les familles religieuses qui exigeaient la réouverture des lieux de culte, déterminées à prier dans les mosquées vendredi prochain avec ou sans l’autorisation du gouvernement. Ouf ! Elles ont eu gain de cause. L’allégement des mesures par Macky peut être perçu comme un aveu d’échec d’une stratégie qui jusqu’ici, n’a non seulement pas payé, mais en plus a privé à des milliers de sénégalais de pratiquer leur religion dans une certaine mesure. 

Cependant, on peut aussi en faire une toute autre lecture ; un transfert de responsabilité vers les religieux. C’est peut-être un peu caricatural sur les bords mais ça en a tout l’air. Tout va désormais se jouer dans le comportement des sénégalais individuellement pour un résultat collectif. Et, c’est là où guides religieux, imams, responsables de dahiras… devront peser de tout leur poids pour se faire entendre et écouter par leurs différentes assemblées pour un changement de comportement dans ce contexte actuel de pandémie du covid-19. Qui se comporte de manière irresponsable n’observant pas ls gestes barrière et la distanciation sociale expose son prochain donc la communauté. Chacun est pour ainsi dire interpellé au sujet du port du masque, de l’adoption des gestes barrière et de la distanciation sociale, des déplacements essentiels ou non. Bref le libre arbitre en jeu…, bien sûr après une parfaite sensibilisation sur la gravité de l’heure.   

On se doute qu’ils mesurent à quel point leur implication dans la sensibilisation à la lutte contre la progression du virus est importante. Ils doivent surement avoir conscience que désormais la balle est dans leur camp pour freiner la pandémie. Car, tous les efforts, aussi bien du corps médical que de la population, consentis ces dernières semaines seraient ruinés si dans les jours à venir, -ce que craint beaucoup de sénégalais-, l’augmentation des cas de contamination au covid-19 continue.   

Au plan sanitaire, la situation est plus que jamais complexe avec une courbe évolutive de la pandémie qui indique depuis le 2 mars, (date de l’enregistrement du 1er cas de covid) à maintenant, plus de 1886 cas de contamination notés dont 19 malheureux décès. Encore que, l’on ignore combien il y de porteurs asymptomatiques pouvant transmettre le virus et par conséquent multiplier le nombre de cas communautaires ; les plus inquiétants. Les hôpitaux risqueraient d’être pris d’assaut alors que nul n’ignore que le plateau médical est juste insuffisant.  

Apprendre à vivre avec le virus ; c’est dans cette phase que désormais s’engage le Sénégal. Ce que cela suppose et implique, c’est tout l’enjeu des prêches, discours, fatwa, à venir dans conseils dans les lieux de culte réouverts.  

Bien-sûr, il ne faut oublier la prière, “un péché est beaucoup ; mille prières sont peu” (proverbe Persan). 

 

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