Le sommet de Pau (en France) convoqué par le Président Emmanuel Macron a finalement eu lieu. Après quelques tergiversations, les chefs d’État du G5 Sahel ont réalisé que le temps est venu pour eux de se montrer plus responsables. Comme souhaité par la France, ils ont clarifié leur position vis-à-vis de l’intervention française au Mali en déclarant vouloir « plus de Barkhane » et de présence américaine dans la région. Une décision qu’ils ont prise en âme et conscience et qui risque de fâcher certains « panafricains .

Patrick Mbecko

Une décision qu’ils ont prise en âme et conscience et qui risque de fâcher certains « panafricains ». Mais encore faut-il comprendre que la gestion d’un pays et la réalité du pouvoir n’ont que faire des émotions, quand bien même celles-ci seraient légitimes.

Comme j’ai eu à le souligner il y a quelques semaines, la réalité du terrain et l’incapacité des pays de la région à faire face à la menace djihadiste obligent ces derniers à accepter la présence française et celle d’autres acteurs étrangers dans la région. Mais cette présence ne doit pas soustraire les pays africains de leur responsabilité. Les résolutions prises à Pau sont intéressantes, notamment en matière stratégique et militaire. Mais je crains que rien ne puisse changer si l’on se contente de ne traiter le problème que sous l’angle militaire. Il faut une approche globale pour pouvoir régler la problématique. Dans cette optique, la responsabilité des États africains est fortement engagée…

Si les « panafricains » veulent manifester, c’est contre les chefs d’État de la région qu’ils doivent le faire. Parce qu’honnêtement, la jeunesse subsaharienne est la seule au monde à ne concentrer ses frustrations que sur les pays étrangers en lieu et place de s’attaquer aux vers qui rongent le fruit de l’intérieur et à cause desquels les forces exogènes réussissent à asseoir leur domination sur certains pays du continent. Il faut changer de stratégie et de paradigme: privilégier la réflexion à l’émotion, la rigueur et le sérieux au combat-spectacle, concentrer les efforts sur les chefs d’État africains au lieu de s’attarder sur Emmanuel Macron qui est contesté dans son propre pays.
Qu’on se le dise : le «frenchbashing» ne sortira aucun pays africain de sa calamiteuse situation. Le dire ne signifie pas soutenir ou militer en faveur de la France. C’est un appel à la raison et au bon sens. Parce que voyez-vous, pour des gens qui se disent indépendants et jaloux de leur souveraineté, concentrer les efforts sur l’Hexagone, c’est admettre à la face du monde, sans le réaliser, son impuissance à changer le cours de l’Histoire; c’est accepter que la France possède notre existence, ce qui est loin d’être le cas.
Bref. Que de perdre son temps à vouloir chasser le diable, pourquoi ne pas essayer de se rapprocher de Dieu. Autrement dit, changer de stratégie et de paradigme.

By Rokia Pédro

Sans prétention aucune, j'ai toujours adoré faire part de mes coups de gueule, coup de cœur, de mes analyses, de mes mécontentements, de mes peurs ou craintes et de mes opinions aux autres. En tant que journaliste, blogueuse et activiste, comment ne plus m'impliquer dans ce qu'il se passe dans mon pays ? Alors, pour paraphraser Marguerite Duras: "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". A un moment donné, se taire c'est tout simplement être complice. Or, ma plume s'avère mon arme, avec elle j'espère donc, jouer ma partition dans cette vaste opération entreprise par tous les patriotes de mon si cher Sénégal, pour l'extirper de mains de ces politicards qui ne font que servir leurs propres intérêts. Sur Last Leaks, la parole est donnée aux experts dans leurs domaines respectifs: politique, économie, géopolitique, santé, sport... Bonne lecture.

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